‹ Histoire du monde (volume 4)Chapitre 55 sur 82 · KANG-HI · texte numérisé non relu

KANG-HI

Les Eleuthes n'avaient pas encore renoncé à leur indépendance quand il mourut, mais la puissance, jadis formidable, de leurs khans, ne devait plus se relever.

Tartare, Kang-Hi gouverna les Dix-Huit Provinces en Chinois, mais sans se laisser complètement domestiquer par les lettrés. On a vu sa bienveillance pour les Jésuites. Le christianisme en eût largement profité, si les dominicains, qui jugeaient excessives les concessions de l'autre ordre, n'eussent soulevé la « querelle des rites » : le Saint-Siège leur donna raison, et la répercussion de ces querelles impressionna fâcheusement la cour de Pékin.

Kang-Hi n'était pas fanatique de guerre. La Corée restait soumise. Il ne s'inquiéta pas de l'Annam. Quant aux Chinois qui essaimaient dans les Iles du Pacifique, il était trop continental pour s'en occuper.

Sous lui, l'Empire du Milieu comptait 177 millions d'habitants. Il y avait là de quoi intimider l'Européen. « Une armée de trente mille hommes, disait un Français, avec nos engins de guerre, viendrait facilement à bout de toutes ces provinces, mais comment les conserverait-on ! »

Kang-Hi mourut en 1722, et le règne suivant fut débile. Mais en 1736 monta de nouveau sur le trône un grand Empereur : Chien-Luong.

Le Japon somnolait sous le sage despotisme des Tokougawa. Le sport, l'amour, la poésie et l'art, suffisaient à son bonheur. Une lignée ininterrompue de grands peintres, en particulier, y a vécu aux xvne et xvme siècles. — dont les œuvres font aujourd'hui l'orgueil des collections européennes.

L'Orient d'Aureng-Zeyb et de Kang-Hi restait donc une masse imposante. A la fin du xvne siècle, les commerçants anglais du Bengale s'étaient permis

quelques-uns de ces actes de violence auxquels les guerres entre Européens n'habituaient que trop les gens d'outre-mer. Aureng-Zeyb menaça de détruire leurs comptoirs, et exigea une grosse indemnité. Dans l'empire chinois, au début du xvme siècle, des trafiquants français qui, comme de juste, se doublaient de corsaires, pillèrent des jonques chinoises. Les mandarins de Kang-Hi menacèrent de représailles, et il fallut donner réparation.

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