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LES ÉTATS DE L'EST H

de l'adversaire. Avec la- Turquie, l'entente, on l'a vu, reste parfois orageuse, et d'ailleurs la valeur de l'allié a décliné. L'ami traditionnel était la Suède. Il s'est montré solide encore pendant la guerre de Hollande, et, malgré la Révocation, le roi de Suède a joué encore le rôle de médiateur au traité de Ryswick (1697). Mais, quand l'équipée de Charles XII l'a conduit en Saxe, au plus fort de la guerre de la Succession d'Espagne, il s'est refusé à intervenir pour la France (1707).

D'ailleurs, l'équipée en question finit mal. Au xvie siècle, en levant un jeune homme sur cinq ou même sur trois, les rois de Suède ne réunissaient que des armées de 25.000 ou 30.000 hommes. Au xvne siècle^ l'étendue et la population de la monarchie ont augmenté, mais l'effort militaire demandé par Charles XII dépasse de beaucoup ses ressources. Quand il tombe (1718), la Suède est dépouillée de presque toutes ses possessions extérieures, sauf Stralsund et la Finlande. Son rôle mondial est décidément clos. Tous ses voisins se sont enrichis de ses dépouilles.

Le premier est le Danemark. La Norvège et l'Islande lui sont encore réunies. Par sa position, il peut prendre une part minime au commerce océanique. Mais, si ses relations avec la France sont traditionnellement bonnes, il ne saurait, pour celle-ci, remplacer la Suède.

Le roi de France est donc amené à se rabattre sur la Pologne. Au xvne siècle, la diplomatie française a tout juste pu empêcher une union trop intime de celle-ci avec les Habsbourg. En 1697, elle n'a pu détourner les électeurs polonais de donner la couronne à la Maison de Saxe, qui va la garder pendant deux générations. Puis, Châties XII a parcouru librement le pays, lui a donné un moment pour roi

Stanislas Leczinski. A sa chute, le Saxon a été restauré. Tout cela est de nature à inquiéter sur la valeur de l'alliance que va amorcer le mariage de Louis XV avec la fille de Stanislas Leczinski (1725).

Une autre solution pouvait être envisagée : l'alliance avec la Russie, que venait de faire son entrée parmi les puissances européennes. Pierre le Grand vient à Paris en 1717, fait des ouvertures en ce sens. Mais la Russie paraît encore trop lointaine aux diplomates français.

De même que la rivalité traditionnelle de la France et de l'Autriche domine la politique continentale, de même la rivalité de la France avec les « puissances maritimes » domine la politique extra-européenne. Parmi celles-ci, la Hollande a été, sous Louis XIV, le principal adversaire de la France. Au dernier moment, son intransigeance dans les négociations de 1709 et de 1710 lui a fait perdre le fruit qu'elle aurait dû retirer de l'énergie avec laquelle elle avait soutenu cette lutte inégale. Elle est pour le moment à la remorque de l'Angleterre. Mais elle garde une situation importante aux Indes Orientales. Même dans les ports français, elle a fait corriger les tarifs de Colbert. Elle reste l'intermédiaire obligée de la France avec le Nord.

Malgré les efforts de Colbert, la France n'a pu combattre la prépondérance commerciale de la Hollande dans ces contrées. Durant la guerre de la Succession nos corsaires y ont pourchassé ses vaisseaux : Duguay- Trouin a été jusqu'au Spitzberg ! Mais ce n'est là, au fond, qu'un aveu d'infériorité. A la paix, les Hollandais gardent leur prépondérance économique dans la mer du Nord et la Baltique : l'ouverture de cette dernière mer aux Russes ne leur nuira pas. Ce n'est que lentement, au xvnr8 siècle, qu'ils céderont de ce côté à la concurrence anglaise.

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