FRANCE ET ANGLETERRE J2I
C'est une question de politique intérieure qui, à partir de 1688, a dressé l'Angleterre contre la France. Ce qu'elle a défendu d'abord, dans la guerre de la Succession, c'est son roi protestant. En 1714, elle se résigne à reconnaître un électeur de Hanovre, qui reste Allemand, pour écarter définitivement les Stuarts. Son gouvernement parlementaire est une garantie suffisante contre le caractère étranger de la couronne. Mais les Stuarts gardent des sympathies en Irlande et en Ecosse. C'est une arme que la France tient en réserve, et son existence n'est pas faite pour faciliter les bonnes relations des deux pays.
Mais, avant tout, va se développer la concurrence commerciale. On a vu les concessions graves que l'Angleterre, à la paix d'Utrecht (1713), avait arrachées dans le Nouveau-Monde. Même là, et à plus forte raison ailleurs, la France garde malgré tout une avance qui va s'accentuer rapidement pendant la première moitié du xvme siècle. Il en résultera contre elle, en Angleterre, des sentiments tout-à-fait analogues à ceux qu'a suscités la concurrence allemande à notre époque.
De la façon dont vont s'enchevêtrer, à la cour de Versailles, la rivalité continentale et la rivalité maritime, dépendra dans une large mesure l'avenir de la planète.