‹ Histoire du monde (volume 4)Chapitre 60 sur 82 · V. La question russe · texte numérisé non relu

V. La question russe

Le grand événement, de ce côté, est l'accession de la Russie au nombre des Etats européens.

On a vu combien il s'en fallait que la Moscovie des deux premiers Romanov eût ce caractère. Pour les Français du xvne siècle, par exemple, ces souverains apparaissent comme les successeurs des khans tartares. Leur christianisme est très spécial. Et le caractère slave de la majorité de leurs sujets, qui les rapproche de certains peuples européens, échappe à une époque profondément étrangère à ces questions linguistiques. Le caractère de la société moscovite ne se modifie en rien sous le fils aîné d'Alexis (1676-1682), non plus que sous la régeDce de Sophie, qui jusqu'en 1689 écarte du pouvoir effectif le second fils : Pierre. Les seuls faits qui (pour celui qui connaît la suite des événements) sont des prodromes d'une orientation nouvelle sont : l'entrée de la Russie, aux côtés des Polonais, dans la croisade contre le Turc, — et le traité de Nertchinsk, qui clôt provisoirement l'expansion russe en Asie.

Le revirement a été bien nettement l'effet de ia volonté personnelle d'un homme : Pierre le Grand. Les tribulations de sa jeunesse l'avaient préparé, par réaction contre le milieu moscovite, à tourner les yeux vers les étrangers. Il ne s'était emparé du pouvoir qu'en brisant la vieille milice territoriale qui avait suffi à ses ancêtres. Il commença par prendre une initiative inouïe de la part d'un tzar : celle de voyager en Europe. Il évita seulement la France, amie de la Turquie avec laquelle l'état de guerre se prolongea jusqu'en 1701. Et il revint décidé à faire sauter le mur

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