‹ Histoire du monde (volume 4)Chapitre 66 sur 82 · L'AFRIQUE DU NORD · texte numérisé non relu

L'AFRIQUE DU NORD

Personne ne songeait plus à demander au Sultan compte des pirateries barbaresques. Ces pirateries, d'ailleurs, étaient en voie de décroissance. Les relations commerciales avec les Etats européens étaient notablement plus réglées. Les Français tenaient la première place, au moins à Tunis, et à côté d'eux les Génois, jusqu'au moment où ils perdirent la Corse (1768).

Quant au Maroc, nous avons dit qu'il avait toujours repoussé l'ingérence turque. Après la mort du terrible Moulay-Ismaïl (1727), l'existence des chérifs alaouides devint sensiblement plus orageuse. Pourtant les Européens ne songèrent pas à en profiter. Les Anglais avaient renoncé à Tanger dès 1681, et, quand la guerre de la Succession d'Espagne leur eut donné Gibraltar (1713), ils se bornèrent à trafiquer avec la côte opposée. Les Espagnols finirent par abandonner même Oran. Quant aux Français, les relations nouées au temps de Louis XIV avaient mal fini. La prétention de Moulay-Ismaïl d'annexer à son harem Mlle de Conti n'avait pu être prise au sérieux, et il en était résulté un certain refroidissement. En 1767 seulement, Choiseul conclut un traité de commerce avantageux.

Le Maroc avait toujours des relations commerciales avec le Soudan : elles permettaient aux sultans de Meknès de recruter leur garde noire. Mais politiquement le Soudan vivait à part. Tombouctou était devenue « la ville mystérieuse ». Au xvnr3 siècle, une peuplade musulmane bien douée, les Peuls, partant de la région du Sénégal, s'étendit dans le bassin du Niger. Des aventuriers à allure de prophètes se taillèrent çà et là des principautés.

Tout ce monde musulman africain échappait au Sultan de Constantinople.

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