‹ Histoire du monde (volume 4)Chapitre 67 sur 82 · II. La question américaine · texte numérisé non relu

II. La question américaine

On a vu comment avait été réglé, au traité cTUtrecht (1713), le sort du Nouveau-Monde. L'Amérique méridionale restait dans le statu quo. Les questions relatives à l'Amérique du Nord avaient, pour la première fois, été prises en sérieuse considération. Mais l'Amérique tropicale et australe devait rester longtemps encore au premier plan dans les préoccupations des hommes d'Etat, des trafiquants, des marins de l'Europe. Au moment du traité de Paris (1763), il j aura toujours des Anglais qui seraient prêts à rendre les « arpents de neige » du Canada pour garder la Guadeloupe et la Martinique.

La grande partie de cette Amérique du Sud restait à l'Espagne. Elle avait dû faire au commerce anglais d'inquiétantes concessions : Yasiento, le monopole de la traite des nègres, — et le vaisseau de permission, seul vaisseau qui fût autorisé à trafiquer avec les ports de la Nouvelle-Espagne, mais que la contrebande ne tarda pas à rendre prolifique. Il en résulta des frictions continues, qui finirent par amener, en 1739, une guerre formelle. Elle se fondit bientôt dans la guerre de la Succession d'Autriche, et se décida sur la Méditerranée. Au traité d'Aix-la-Chapelle (1748), l'Angleterre obtint le renouvellement pour quatre ans de ses deux privilèges.

La contrebande reprit, mais c'est seulement en 1761 que l'Espagne entra dans la guerre de Sept ans : le pacte de famille, signé entre les ministres de Charles III et Choiseul, la mit alors de nouveau aux côtés de la France. La disproportion de ses forces navales et de celles de l'Angleterre, qui alignait alors 372 vaisseaux, avait crû dans l'intervalle, et

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