‹ Histoire du monde (volume 4)Chapitre 78 sur 82 · LES RUSSES ET L'ASIE · texte numérisé non relu

LES RUSSES ET L'ASIE

Au sud, nous avons vu que la tsarine Anne avait déjà sacrifié les acquisitions de Pierre le Grand à l'ouest de la Caspienne. Une seule exception : par un contre-coup de l'anarchie prolongée qui suivit en Perse la mort de Nadir-Chab, les Géorgiens portèrent leurs hommages à la tsarine Catherine (vers 1780). La noblesse géorgienne, qui avait si longtemps paradé à la cour d'Ispahan, fournit d'emblée à la Russie un de ses meilleurs généraux, Bagration, qui portait le nom de la vieille dynastie nationale du pays, et qui fut tué à Borodino en 1812. Malgré les justes sujets de plaintes que les khans ouzbeks de la Transoxiane ne cessaient de donner au commerce russe, on n'osa leur demander aucune réparation. Avec l'empire chinois, que l'empire russe touchait vers l'Altaï, on évita avec soin tout conflit. Les Eleuthes, dans leur résistance aux empereurs mandchous ne trouvèrent aucun appui en Russie, et, sous la grande Catherine elle-même (1770), quand des tribus kirghizes (les Torguts) émigrèrent en masse au Turkestan chinois, nulle tentative ne fut faite pour les réclamer.

En réalité, l'empire russe ne devait devenir une puissance asiatique qu'avec le tsar Nicolas Ier (1825). Et, à cette époque, les khans du Turkestan aralien, dont les connaissances historiques avaient évidemment périclité depuis Aboulghazi, ne se rendaient nullement compte qu'il y avait dans le monde d'autres empires puissants que l'Empire chinois.

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