Sarkar, History of Aurang-Zeb, III, pp
tration musulmane; nous ne reviendrons pas sur ces torts qui sautent aux yeux du lecteur le plus superficiel de toute Histoire de l'Inde. Néanmoins c'est sous les règnes d'Akbar et de Jahangir que naquirent quelques-uns des plus grands Hindous — grands poètes, philosophes, hommes d'Ftat et guerriers. L'époque qui précéda l'avènement des Mongols est illustrée par les grands maîtres du culte Bhakti : Ramananda, Chaitanya et Nanak, qui ont donné au monde leur message de bonne volonté et d'espoir. De nombreux poètes, au talent supérieur, ont enrichi la littérature de leurs nobles productions. Il est frappant de constater que la force et la virilité de la race hindoue ont survécu au choc d'innombrables invasions étrangères; la présence d'hommes illustres tels que Ramananda, Chaitanya, Tulsi Das, et Todar Mal prouve que la violence des conquêtes musulmanes a laissé à l'esprit hindou toute sa fécondité. Les ouvrages philosophiques et littéraires des réformateurs vishnouites et d'autres écrivains qui florirent au Mithila, au Bengale, et dans le Deccan, constituent un héritage que la race hindoue conservera toujours avec orgueil et reconnaissance.
Conditions sociales. — Les musulmans étaient les enfants gâtés de l'Etat1; d'eux dépendait sa force et sa grandeur ; il fallait donc accorder des concessions à leurs suppliques religieuses et tenir compte de leurs intérêts avant tout. Cependant les distinctions sociales étaient fort bien établies entre eux, et plusieurs iois ne nommèrent jamais aux fonctions élevées que des hommes de haute naissance. On raconte que Balban
1. Au sujet de l'organisation sociale sous le régime musulman, voir Encyclopaedia of Islam, p. 484-86.
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qui était extrêmement pointilleux en matière d'étiquette, refusa, un jour, un présent considérable d'un certain Fakhru qui avait amassé une grande fortune par l'usure et l'usage des monopoles1. L'amour de la boisson et du jeu étaient des vices communs aux xne et xme siècles. Balban publia un édit interdisant la consommation de l'alcool; l'exemple du prince-martyr de Lahore, qui buvait avec modération et ne supportait aucune conversation frivole en sa présence, eut un effet salutaire sur la mentalité de la société qui s'assembla autour de lui. Alauddin adopta aussi des mesures sévères pour combattre l'alcoolisme et interdit le jeu et toutes sortes de relations sociales parmi les nobles; mais sitôt après sa mort ses ordres furent oubliés. Un petit groupe de nobles Alai s'étonna de la dépravation de la cour; Barani écrit2 que le prix d'une jeune garçon, d'un bel eunuque ou d'une jeune fille accomplie, variait entre 500, 1.000 et 2.000 tankâs. Cependant la situation s'améliora considérablement sous les règnes de Tughluq Shah et de son illustre fils Mohammed Tughluq, qui étaient tous deux exempts des vices de l'époque. Même sous Firuz Tughluq, quoique la vigueur militaire déclinât et que la médiocrité prît généralement la place du génie dans tous les départements de l'administration, la pompe et la magnificence de l'Etat furent pleinement maintenues ; Af if écrit que chaque vendredi, après le service public, des musiciens, des athlètes et des conteurs se réunissaient dans le palais au nombre de deux ou trois mille, et divertissaient