Rashid-ud-din acheva son œuvre en 1310 ap. J.-C
554 l'histoire de l'inde au moyen-age
par ces qualités, que de partout les gens affluent dans leur pays; aussi la contrée est-elle florissante, et leur condition prospère. Cette société aristocratique fut troublée par la conquête musulmane, et quoique ses maîtres intellectuels et spirituels vécussent dans un fier isolement, les masses se ressentirent du changement. La sujétion politique causa la dégradation sociale. Us étaient considérés comme les mortels ennemis du gouvernement qui s'était installé parmi eux, et à part quelques exceptions, exclus des fonctions administratives. Ils n'étaient tolérés qu'à condition de payer la djeziya. Sous le règne d'Alauddin, particulièrement pour des raisons politiques, les Hindous du Doab subirent un traitement impitoyable, et les khuts, balahars, chowdhris et muqaddams furent réduits à la plus affreuse misère. L'opinion de Qazi Mughis-ud-din sur la position des Hindous dans un Etat musulman, qui a été exposée dans un précédent chapitre, était celle du canoniste médiéval moyen, et était appliquée par les gouvernants musulmans dans les circonstances normales : « Les Hindous ne pouvaient lever la tête, et dans leurs maisons il n'y avait pas trace de iankâs ou de jitals d'or ou d'argent; les chowdhris et les khuts n'avaient pas les moyens de monter à cheval, de trouver des armes, de se ^procurer de beaux vêtements ou de s'adonner au bétel. » Tel était leur dénuement que leurs, femmes, ainsi que l'écrit Barani, étaient contraintes à servir dans les maisons des musulmans1. Le gouvernement encourageait les conversions, et en décrivant le règne de Qutb-ud-din Mubarak Shah, Ibn Batoûta2 dit que lorsqu'un Hindou désirait embrasser l'Is-