Ibn Batoûta, éd. de Paris, III, p
2. Ibn Batoûta dit que Daulatabad fut une fois affermé à un Hindou pour 17 crores par Muhammad Tughluq. T. IV, p. 49. C'est une exagération certaine.
3. Elliot a inexactement traduit le passage du texte original. Le texte signifie clairement que 50 kanis devaient être payés au lieu de 10 tankâs, ce qui indique une considérable réduction. Elliot dit que l'impôt de chacunétait fixé à 10 tankâs et 50 kanis, cequi n'est conforme ni au texte qu'il a consulté ni au texte de Calcutta. Smith {Oxford Hislory of India, p. 251) accepte la traduction d'Elliot, et dit incorrectement que la taxe fut fixée à 10 tankâs et 50 jiial. Le texte de Calcutta indique qu'on devait recevoir 10 tankâs de 50 kanis chacun. Ceci ferait une réduction de 114 kanis pas tankâs ce qui n'est certainement pas une concession plausible. Le hamza sur le mot tankâ, dans le texte de Calcutta semble être mal placé. Elliot, II, p. 366. Shams-i- Siraj Afif, Tarikh-i- Firuz Shahi, p. 384.
556 l'histoire de l'inde au moyen-age
et les usages en vigueur dans l'Inde du xive siècle. La classe lettrée avait perdu son prestige, et Mohamded Tughluq, qui était inflexible dans l'administration de la justice, punit sévèrement les Cheikhs et les Maulvis de leur inconduite. Quoique l'affranchissement fût encouragé par l'Etat, il était fort à la mode d'avoir de jeunes esclaves1, et on raconte que le célèbre poète Badr-i-Chach offrit un jour 900 dinars pour l'acquisition d'une jeune fille accomplie et belle. Le voyageur vante l'hospitalité hindoue, et remarque que les règles de caste étaient strictement observées. Les Hindous étaient considérés comme inférieurs aux musulmans; si l'un d'eux se présentait au darbar pour offrir ses cadeaux au Sultan, les Hajibs se mettaient aussitôt à crier : Hadak Allah ! («puisse Dieu vous conduire dans le droit chemin!»). Les fautes morales étaient passibles de peines sévères, la famille royale elle-même n'en était pas exclue : la mère du prince Masud fut lapidée, suivant les préceptes de la loi, pour s'être rendue coupable d'adultère. Il était interdit de boire du vin, mais l'auteur des Masalik-al-absar écrit que les Hindous n'y tenaient guère et se contentaient de feuilles de bétel2; le même auteur dit encore que le peuple aimait à cacher sa fortune, et lorsqu'un homme était interrogé sur l'étendue de ses biens, il répondait : « Je ne sais pas, mais je suis le second, ou le troisième de ma famille qui ai travaillé è, augmenter le trésor qu'un ancêtre déposa dans une certaine grotte, ou dans certains trous, et j e ne sais pas quel en est le montant3».