‹ Histoire du monde (volume 5)Chapitre 109 sur 135 · Masalik, Elliot, III, p · texte numérisé non relu

Masalik, Elliot, III, p

3. Masalik, Elliot, III, p. 584. Moreland, India al Ihe Dealh of Akbar, p. 284. Cet auteur dit que l'accumulation de vastes trésors cachés était l'un des traits essentiels de la civilisation hindoue.

Les hommes cachaient leurs richesses, comme ils le font encore, et n'acceptaient que des pièces monnayées pour leurs transactions journalières. Ibn Batouta a donné une relation intéressante de la loi sur les dettes, telle qu'elle fonctionnait au xive siècle, et Marco Polo, qui visita l'Inde avant lui, confirme ses dires; les créanciers s'adressaient à la cour royale pour rentrer en possesssion de leur argent. Quand un Emir important s'était endetté, le créancier lui barrait le chemin du palais, et criait pour implorer l'aide du Sultan; afin de sortir de cette situation embarrassante, le débiteur payait ou... promettait de payer. Quelquefois cependant le Sultan intervenait et obligeait à la restitution1. La pratique du Saii était très répandue; mais aucune femme ne pouvait devenir Sati, c'est-à-dire se détruire, sans la permission du roi2. Monter sur un âne était considéré avec autant de mépris qu'aujourd'hui; on se servait même de cette monture pour ridiculiser ceux dont la conduite méritait un petit châtiment2. Les hommes croyaient à la magie, aux miracles et à la sorcellerie, comme les peuples de l'Europe médiévale, et le Sultan lui-même assistait aux séances

1. Ibn Batoûta, III, p. 411; Yule, Marco Polo, II, pp. 279-80.

2. Ibn Batoûta, III, pp. 137-139. Les hommes se noyaient dans le Gange en acte de piété. Cela s'appelait jal-samadhi. Dimishqi, qui écrivit après Ibn Batoûta, mentionne aussi cette pratique comme acte de mérite religieux. Chez les Jains, le vœu de sallekhana avait un motif similaire. Ces exaltés délaissaient peu à. peu toute nourriture et se laissaient mourir lentement. Cosmographie de Chems-uddin Abou Abdallah Mohammed, éd. Dimischqi, p. 174. Lewis Rice, Mysore and Coorg from the inscriptions, p. 185.

L'écrivain arabe Abou Zaid parle aussi de la pratique de la destruction de soi-même. Il écrit que « lorsque quelqu'un, homme ou femme, devient vieux, et que ses sens s'affaiblissent, il prie un membre de sa famille de le jeter dans le feu, ou de le noyer dans l'eau ». Elliot, I, p. 10.

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d'ascètes hindous, qu'Ibn Batouta nomme Jogis. La charité se pratiquait sur une grande échelle; les particuliers dotaient de vastes khanqahs (maisons de charité) où les pauvres étaient nourris gratuitement Quoique la pureté de caractère du Sultan ait eu une excellente inflence sur la société musulmane, il ne semble pas que la sainteté des liens du mariage eût toujours été reconnue. Ibn Batouta se maria plus de quatre fois1, de la manière la plus irresponsable, et abandonna ses femmes l'une après l'autre. L'éducation des femmes n'était pas tout à fait négligée; le voyageur maure fut étonné, en visitant Hanaur d'y trouver 23 écoles de garçons et 13 pour les filles2. Quoique les femmes fussent traitées avec un grand respect, la naissance d'une fille était considérée comme un événement de mauvaise augure, ainsi que le prouvent les lamentations de l'émir Khusrau sur la naissance de sa fille. La réclusion leur était recommandée, et Khusrau conseille à sa fille de ne pas quitter le fil du rouet, et de rester toujours la face tournée contre le mur de la maison et le dos à la porte, afin que personne ne puisse la regarder3. On peut regretter le manque de confiance du poète

1. Ibn Batouta, III, 337-38. Se maria quatre fois dans les iles Maldives. Il avait déjà épousé Hûr Nasab, fille de Jalal-ud-din Ahsan Shah. Il l'abandonna, car il écrit quelque part : « Je ne sais pas ce qu'il est advenu d'elle et de la fille qu'elle me donna », III, pp. 337-

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