‹ Histoire du monde (volume 5)Chapitre 110 sur 135 · Ibn Batouta, IV, p · texte numérisé non relu

Ibn Batouta, IV, p

3. Dans son poème, Lailâ Majanû, le poète exprime son désappointement en ces termes : « Je souhaite que vous ne fussiez pas née, mais si vous l'êtes, il eût été préférable que vous fussiez un garçon. Mais mon père est né d'une femme, et moi aussi je suis né d'une femme. Personne ne peut modifier les décrets du sort ». Le conseil que le poète donna à sa fille, se trouve aussi dans son Lailâ Majanû, Shibli, Shair-ul-Ajam, pt. III p. 123.

dans la dignité féminine, mais c'est une charmante surprise d'entendre ce courtisan et poète lauréat confier la chasteté féminine à la garde d'un rouet ! Les us et coutumes du peuple du Deccan étaient assez dissemblables de ceux du Nord. Plusieurs inscriptions témoignent que le jugement par épreuve y était habituel. Le sacrifice de soi-même et la pratique du Saii dominaient. Cette pratique fut une institution établie, reconnue sous toutes les dynasties; on trouve encore dans plusieurs endroits des contrées du Sud, des obélisques de pierre commémorant cet horrible usage. Les hommes faisaient vœu de se détruire eux-mêmes; tel est le cas de nombreux chefs qui jurèrent de donner leur tête à Dieu si leur armée triomphait dans la bataille1. L'histoire relate plusieurs exemples de femmes et d'hommes qui sacrifièrent leur vie en exécution de quelque vœu2. Les Brahmanes étaient l'objet du plus grand respect, et le Guru était tenu en haute estime. Les dettes des brahmanes étaient touchées, puis remises. Les études étaient très approfondies, la mémoire des savants, patiemment exercée, accomplissait des tours de force; en 1223 on cite le cas d'un certain Viçvanath, qui pouvait écrire des lettres des deux mains et exécuter une centaine d'exploits mnémoniques, au grand étonnement des lettrés3. En parlant du peuple de Malabar de son époque, Ibn Batouta dit que,parmiles princes hindous de cette région, les lois de succession ne permettaient pas aux enfants d'hériter des domaines de leur père. Les descendants mâles eux-mêmes

1. Lewis Rice, Mysore and Coorg from Ihe inscriptions, p. 187.

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