Bombay Gazetleer, I, Pt. II, p
C'est la date acceptée par le Dr. Bhandarkar. Smith donne 608 ap. J.-C. Comme la date de cet avènement.
Il se lança dans une série de conquêtes et engagea des guerres contre les gouverneurs du Gujarat, du Rajpoutana, du Malwa et du Konkan. Les Pallavas de Vengi et Kâchîpurâ ne se laissèrent pas subjuguer par le pouvoir de Pulakesin II; ils luttèrent farouchement mais furent vaincus, et leur territoire fut annexé à l'empire des Ghâlukyas. Quelques années plus tard, le frère de Pulakesin, Vishnuvardhana, fut nommé vice-roi de la région conquise, retint l'allégeance, et fonda un royaume séparé, connu en histoire sous le nom de royaume des Châlukyas orientaux, qui fut finalement incorporé à l'empire Chola vers la fin du xie siècle. Harsha de Kanauj, qui ne pouvait supporter l'existence d'une autorité rivale, se mit lui-même en guerre contre lui, mais subit une défaite en 620 ap. J.-C.1. Les puissances du Sud, les Gholas et les Pândyas, effrayées par les promesses militaires de Pulakesin, conclurent avec lui d'amicales alliances et échappèrent ainsi à ses attaques. Hiouen-Tsang, qui visita le Deccan en 639, fut impressionné parla puissance et la grandeur de Pulakesin qu'il décrit en ces termes :
« Il est de la race des Kshatriyas. Son nom est Pulakesin. Ses idées sont larges et profondes et sa sympathie et sa bienfaisance s'étendent libéralement... Il entretient un corps de vaillants combattants au nombre de plusieurs centaines. Dès qu'il y a une bataille, ces guerriers marchent en avant au
1. Cet exploit fut considéré par ses successeurs comme des plus importants et c'est le seul qui soit mentionné dans leurs donations sur plaques de cuivre, lorsqu'ils parlent de Pulakesin IL Celui-ci devint le seigneur des trois contrées nommées Majârâshtrakas comprenant 99.000 villages. Les rois de Kalinga et de Koçala tremblèrent à son approche et se soumirent à lui.
48 HISTOIRE DE L'iNDE AU MOYEN-AGE
son du tambour. En outre, ils stimulent plusieurs féroces éléphants... Aucun ennemi ne peut leur résister dans les combats. Le roi, fier de la possession de ces hommes et de ces éléphants, traite avec mépris les royaumes voisins1. »
Telle fut la puissance de Pulakesin, mais elle n'était pas destinée à durer longtemps. Les guerres perpétuelles qu'il engagea contre les puissances rivales compromirent gravement les ressources financières et militaires de l'empire, et quand les Pallavas, sous les ordres de Narasimhavarman, surprirent Pulakesin, ils lui infligèrent une écrasante défaite. L'autorité des Châlukyas subit une éclipse, et les Pallavas devinrent la puissance dominante dans l'Inde méridionale. Mais cette disgrâce prit des proportions énormes dans l'esprit des Châlukyas, et le fils de Pulakesin, Vikamâtidya I, déclara la guerre aux Pallavas et vengea la mort de son père en se saisissant de Kânchî, leur capitale2,. La lutte continua avec des succès divers, jusqu'à ce que, enfin, au milieu du vme siècle, Dantiduga, un chef du parti Râshtrakûta, surgît de la masse, soumît les Châlukyas et anéantît leur puissance3.
Les Râshtrakûias. — Après la chute de la branche principale des Châlukyas, la souveraineté du Deccan passa aux mains des Râshtrakûtas. Ces rois enga-