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Briggs, I, pp

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tan, et ses généraux Qutb-ud-din et Iltutmish s'acquittèrent avec succès de la tâche de soumettre les provinces. Les monuments principaux érigés sous les règnes de ces princes sont : la mosquée d'Ajmer, la mosquée et le minaret de Qutb à Delhi, le porche de la grande mosquée de Badâon, et le tombeau du Sultan Iltutmish à Delhi. La plupart de ces bâtiments furent élevés avec les matériaux des temples démolis; des artisans hindous y furent employés et l'influence de l'architecture hindoue s'y reconnaît. On dit que pour la construction de la mosquée de Qutb, pas moins de 27 temples hindous furent sacrifiés; son enfilade de onze arches ogivales en est la caractéristique frappante, célébrée par Fergusson. Le minaret de Qutb1, achevé par Iltutmish, est nommé d'après le fameux saint Qutb-ud-din de Ush, près de Baghdad, mieux connu sous le nom de Qutb Shah. Le minaret, qui mesure près de 242 pieds de haut, fut bâti en grande partie par des architectes indigènes qui modifièrent leur style pour s'adapter aux goûts puritains de l'Islam.

Sous le règne d'Alauddin, pendant les dix premières années du xive siècle, la puissance musulmane prit des proportions énormes. Ce souverain adopta une politique audacieuse, et conquit les territoires du Nord et du Sud. Malgré le souci de guerres perpétuelles, il ordonna la construction de plusieurs forts, citernes et palais. D'après Sir Syed Ahmad, il aurait fait bâtir la forteresse de Siri, en 1303, près du village du même nom, situé à deux milles au nord-est de Qila Rai Pithaura. Les murs de ce fort étaient en pierre et

1. Pour une description complète du minaret de Qutb, voir Memoirs of the Archaelogical Survey of India, de Mr Page..

toute la construction en était extrêmement solide1. C'est aussi sous son règne que fut édifié le palais de Hazar Silun (ou des mille pilliers) et Barani écrit que les têtes de milliers de Mongols furent enterrées dans les fondements et les murs de cet édifice splendide où le sultan exhibait les richesses que Kafur lui avait rapportées du Deccan. La voûte qu'Alauddin Khilji fit bâtir en 1310 prouve un visible progrès de l'architecture hindo-musulmane. Les souverains afghans de Delhi ne furent pas de grands constructeurs; et Havell fait remarquer à juste titre que cette phrase, si souvent citée, disant que les Pathans bâtissaient comme des Titans et achevaient comme des orfèvres, n'est qu'un sophisme historique2. Le xive siècle fut une période de tension dans l'histoire du sultanat de Delhi. Les Mongols frappaient aux portes de la capitale, les rajas hindous ruminaient la perte de leur indépendance et fomentaient d'incessantes révoltes, cependant que la noblesse musulmane ne faisait qu'augmenter par sa turbulence les difficultés du gouvernement. Les guerres intérieures et extérieures étaient la préoccupation absorbante de l'époque, et concentraient toute l'attention de l'Etat. Le caractère massif et l'extrême simplicité de l'architecture durant la période Tughluq réfléchissent la situation politique du moment. Le gouvernement ne prétendait à aucune propagande architecturale, trop occupé qu'il était à se garder des invasions étrangères. Le plus frappant exemple de ce style est le tombeau de Tughluq Shah dont la massive

1. Voir la description du fort par Timour, dans le Zafarnama de Sharaf-ud-din, Elliot, III, p. 504.

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