‹ Histoire du monde (volume 5)Chapitre 122 sur 135 · Ranking, Al-Badâoni, I, pp · texte numérisé non relu

Ranking, Al-Badâoni, I, pp

Daulatabad en 727-28 de l'hégire1. Une autre célébrité poétique fut Badr-ud-din, plus connu sous le nom deBadr-i-Chach, d'après sa ville natale deChach ou Tachkent. Il était attaché à la cour de Mohammed Tughluq et composa des odes en son honneur. Sa poésie est difficile, encombrée de jeux de mots et de traits d'esprit, et chargée d'images. Parmi les historiens les plus remarquables sont : Minhaj-us-Siraj, Zia-ud-din Barani, Shams-i-Siraj Afif, Ain-ul-Mulk M.ultani et Ghulam Yahya ibn Ahmad, l'auteur du Tarikh-i-Miibarak Sgahi. Minhaj-us-Siraj, auteur des Tabaqat-i-Nasiri, n'est pas, comme Abdul-Haqq Dehlwi le laisse entendre, un maître de l'art d'écrire pur et élégant, mais son style se distingue de cehii des autres écrivains de l'époque par son caractère bref, hardi, vigoureux, Zia Barani est un écrivain prolixe, à la prose emphatique; d'après ses propres assertions, il aurait composé son Tarikh-i-Firuz Shahi à grand'peine, essayant d'en faire une encyclopédie de toutes sortes de sciences utiles. Quoique ayant joui delà protection deMohammed Tughluq et de Firuz Tughluq, il mourut pauvre et abandonné. Au commencement du règne de Firuz, Shams-i- Siraj, qui continua le Tarikh-i-Firuz Shahi de Barani, est plus méthodique, et traite son sujet avec plus de soin que son ^prédécesseur. Mais il n'est pas exempt des défauts de tous les écrivains orientaux de l'époque et son œuvre est pleine de louanges

I. La date de Badâoni (I, pp. 271-72) est l'an 727-28 de l'hégire date à laquelle le Sultan Mohammed dévasta Delhi et fonda Daulatabad. Ranking, dans une note, place à tort l'événement en 739 A. II., I, p. 270, n. 6. L'auteur du Catalogne des Mss. persans de rindia Office Library dit qu'il mourut probablement en 727 A. H. (1327 ap. J.-C), ce qui est exact, I, p. 707.

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de son maître, de répétitions inutiles, et de débordements d'éloquence.

La cour de Mohammed Tughluq se distingua par les lettrés, les poètes, les logiciens, les philosophes et les physiciens qui s'y trouvaient, et avec lesquels le Sultan aimait à discuter. Parmi eux était Maulana Muayyin-ud-din Umrani, auteur de commentaires sur les Husaini,les Talkhis et les Miftahs. Mohammed l'envoya à Shiraz avec une invitation au Qazi Abdul- Millatwa-ad-din Alichi afin de le prier d'écrire un ouvrage dédié à son royal maître. Mais quand le souverain du pays apprit sa mission, il dissuada le Qazi de partir pour les Indes. Les principaux littérateurs qui illustrèrent le règne de Firuz sont : IVJaulana Khwajagi, Ahmad Tanesari, et Qazi Abdul" Muqtadir Shanihi qui possédait une science étendue. Il écrivit des poèmes en arabe et en persan, et ses vers arabes dépassent même la valeur de ses productions persanes. LesAkhbar-ul-Akhyar sont un témoignage du génie d'Ahmad Thanesari. Ain-ul-Mulk Multani, auquel Alauddin, Mohammed Tughluq et Firuz Tughluq confièrent des charges importantes dans l'Etat, fut aussi une des lumières du monde littéraire; Shams-i-Siraj Afif écrit de lui : « Ain-ul- Mulk fut un homme accompli et intelligent, et de la plus grande capacité. Il écrivit quelques livres excellents sous les règnes de Mohammed Tughluq, et Firuz Tughluq. L'un d'eux est le Ain-ul-mulki, œuvre populaire et appréciée. » Son Munshat-i-Mahru appelé aussi Insha-i Mahru, qui est parvenu jusqu'à nous, est une collection de lettres et de dépêches, modèles de correspondance officielle. Ce recueil nous donne de précieuses informations sur les conditions politiques, sociales et religieuses de l'Inde à

cette époque. Yahya, l'auteur du Tarikh-i-Mubarak Shahi, est un écrivainà la prose simple et élégante, dont la pensée n est jamais obscurcie par les envolées de l'imagination. Son histoire est pleine de valeur quant à l'époque pendant laquelle l'auteur vivait, et, sous plusieurs rapports, corrige et complète Minhaj , Barani et Afif.

Une partie des nombreux ouvrages littéraires produits sous les dynasties provinciales à déjà été mentionnée dans les chapitres précédents1. Jaunpur fut un centre d'études bien connu. Ibrahim, par sa générosité, attirait à sa cour les hommes de lettres. Qazi Shihab-ud-din Daulatabadi, écrivain célèbre, donna le Hawash-Kafiah, YIrshad et le Bad-ul Bayan. Maulana Cheikh Ilahdad de Jaunpur écrivit des expositions du Hedaya. La littérature philosophique ne fit pas défaut, et les discours de Mughis Hasnavi sur des sujets métaphysiques et pratiques ne sont pas inconnus des étudiants de la littérature orientale. D'autres célèbres écrivains de l'époque sont Zahir Delhwi, auquel Sikandar Lodi conféra le titre de Zahir, Maulana Hasan Nashqi, Maulana Ali Ahmad Nishani et Nurul-Haqq2.

Le sanscrit n'était pas complètement ignoré des érudits musulmans. On croit trop facilement que les ouvrages sanscrits ont commencé à être traduits en persan à l'époque d'Akbar3. L'influence du sanscrit

1. Cf. N. N. Law, Summarg of Ihe Progress of Muhammodan Learning under ihe Provincial Dgnasties. Promotion of Learning in India during Muhammadan Rule, p. 80-113.

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