‹ Histoire du monde (volume 5)Chapitre 123 sur 135 · Elliot, VI, p · texte numérisé non relu

Elliot, VI, p

3. Elliot parle de la traduction en persan d'un ouvrage sanscrit sur l'astrologie, qu'il vit à Lakhnau dans la bibliothèque de Nawab Jalal-ud-dowlah. Cette traduction fut faite sous le règne de Firuz Tughluq. Il mentionne un autre ouvrage, sur l'art du vétérinaire, qu'il vit dans la bibliothèque royale de Lucknow, et qui fut traduit

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sur la culture arabe a déjà été mentionnée. La médecine, la philosophie et l'astronomie hindoues fournirent des trésors de science aux savants arabes qui, sous le règne d'Al-Mamoûn, âge d'or de la littérature arabe, cultivèrent la connaissance du sanscrit, comme le prouvent les traités de médecine de Mikah et d'Ibn Dahan, et le traité de Mohammed ibn Moûsâ sur l'algèbre. Al-Biruni, qui vint aux Indes à la suite de Mahmoud le Ghaznévide, se familiarisa avec le sanscrit et en traduisit quelques œuvres en arabe. Au xive siècle, Firuz Tughluq prit le fort de Nagarkot et s'empara de toute une bibliothèque sanscrite, contenant des ouvrages de grande valeur. Il fit traduire en persan, par Maulana Izz-ud-din Khalid Khani un ouvrage sur la philosophie, la divination et les augures, et l'intitula Dalail-i- Firuz Shahi. Nous avons déjà parlé de l'ouvrage de médecine qui fut traduit du sanscrit en persan, sous le règne de Sikandar Lodi.

Il ne peut être question de donner ici un compterendu complet de la littérature médiévale, laïque et religieuse des Hindous, dont le génie créateur ne fut point éteint par l'invasion musulmane. Quoique évidemment le gouvernement refusât sa protection aux lettrés hindous, ils n'en continuaient pas moins à prospérer dans les centres éloignés de l'influence de l'Islam, et il y eut une abondante floraison de littérature religieuse et philosophique. Au xie siècle,

en persan sur l'ordre de Ghiyas-ud-din Mohammed Shah Khilji, l'an 783 de l'hégire (1381 ap. J.-C). Le titre de l'ouvrage est Garrulul-Mulk; il est reconnu comme étant une traduction d'un ouvrage sanscrit appelé Salotar. Le nom du roi est incertain, car en 1381 il n'y avait pas de souverain Khilji sur le trône de Delhi ou ailleurs. Elliot croit que cette œuvre fut écrite bien avant le règne d'Akbar. Elliot, VI, 573-74. Appendix, pp. 573-74.

Râmânuja écrivit ses commentaires sur les Brahma Sûlras, dans lesquels il expose sa doctrine de Bhakli, qui n'était, selon lui, qu'un mode de jnana. Vers 1300 ap. J.-C, Pârthasârathi Misra conçut un certain nombre d'ouvrages sur la Karma Mîmâmsâ, dont le plus étudié était la Çâstra Dîpika1. Plusieurs travaux furent composés durant cette période pour expliquer les systèmes philosophiques Yoga, Vaiçeshika et Nyâya. Les bouddhistes de Vikramasila faisaient de la logique une étude approfondie, ainsi que les Jains qui produisirent plusieurs ouvrages. Parmi ces derniers, le logicien le plus remarquable fut Deva Suri qui vécut au xne siècle2. Les chefs du mouvement Bhakti contribuèrent largement à la littérature philosophique, et leurs œuvres étaient fort étudiées par leurs adeptes. La poésie lyrique se développa également; le Gîta Govinda de Jayadeva, écrit probablement au xne siècle ap. J.-C, en est un excellent exemple. Avec une beauté, une douceur, une cadence dans les mots, et une richesse d'émotion digne d'éloges, ce poème décrit l'amour de Krishna et de Râdhâ, leur éloignement et leur union finale, et les jeux de Krishna avec les jeunes pastoures de Vraj. Jayadeva a traité ce thème avec un art merveilleux, et parvint à une grande perfection en alliant la grâce de la diction au maniement aisé des cadences les plus compliquées3. L'éloge du professeur

1. Farquhar, An Outline of Ihe Religions literature of India, p.

2. Farquhar, ibid., p. 225. Le grammairien sanscrit Hémachandra fut un Jain, et les deux recensions septentrionales du Panchalantra portent les traces de l'influence des Jains. Suivant Macdonnell, l'apogée du Jainisme est de 950 à 1300 ap. J.-C. (Imp. Gaz., II, p. 261).

3. Macdonnell, On Sanskrit littérature, Imp. Gaz., II, p. 243.

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Keith est non moins chaud. Il dit : « Jayadeva est un maître de style et de diction et surtout il est non seulement d'une remarquable dextérité métrique, mais il sait mêler la vertu à l'émotion d'une manière qui rend vain tout effort pour traduire son œuvre1. » La conquête musulmane eut sur le drame un effet malheureux, et le professeur Keith dit avec raison : « Le drame, évidemment, chercha refuge dans ces parties de l'Inde que la puissance musulmane fut plus longue à atteindre, mais là aussi les potentats mahométans gagnèrent de l'autorité, et le drame a rarement valu la peine d'être produit ou composé, jusqu'à ce que la renaissance hindoue affirmât l'esprit national et donnât un encouragement à la rénovation d'une ancienne gloire nationale2. » Parmi les nombreux drames composés durant cette période, les plus dignes d'être cités sont : le Harikeli Nâtaka et le Lalitâvigraharâja Nataka, écrits au xne siècle; le Prasanna Râghava, du logicien Jayadeva : 1200 ap. J.-C); le Hâmmir-mada-mardana, de Jaya Singh Sari (1219-29); le Pradyumnâbhyudaya, du prince Kerala, Ravivarman (né en 1266); le Pratâp Budra Kalyan, de Vidyânâth (1300); le Pârvatî Parinaya, de Vâmana Bhatta Bâna (1400); le Gangâdâs Pratâp Vilâs, de Gangâdhara, qui célèbre les luttes, d'un prince de Ghampanir contre Mohammed II de Gujarat (1443-52 ap. J.-C.^; et le Vidagdha Râdhava et le Lalitâ Mâdhava, composés vers 1532 par Rûpa Goswâmî, ministre de Husain Shah3. Les drames de

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