Keith, Classieal Sanskrit Literalure, p
2. Keith, The Sanskrit Brama, p. 242-244-51. D. C. Sen, The Vaisrava Literalure of mediaeval Bengal, pp. 29-32.
3. Voir une esquisse des œuvres dramatiques dans Keith, San$kril Drama, p. 244-251.
Rûpa révèlent une puissance poétique d'un ordre supérieur, et, suivant les paroles de Dinesh Chandra Sen, « prouvent que la religion et la foi ne sont pas choses amères aux âmes trépassées, et que l'ascétisme ne doit pas être toujours associé à des formes squelettiques, torturées par l'abnégation et l'austérité ». Jîva Goswâmî fut aussi un écrivain prolifique; son œuvre ne compte pas moins de 25 ouvrages sanscrits, se distinguant tous par une science et une puissance d'assimilation peu communes.
Quant à la littérature légale, on peut dire que quelques-uns des meilleurs commentaires furent écrits durant cette période. Vijnâneçvara composa le Mitâkshara, son fameux commentaire sur Yâjnavalkya, en 1160 ap. J.-C, suivant Macdonnell. Au commencement du xne siècle1, vécut Jîmûta Vâhanai l'auteur du Dâyabhâga, qui forme la base de la loi moderne sur l'héritage au Bengale. Du xme au xve siècle, la littérature smriti « s'épanouit à Mithila, de façon si luxuriante que les écrivains en vinrent à former une école à part ». Un grand nombre d'écrivains parurent, dont les plus célèbres sont : Padma Dutta Bhatta, Vidyâpati, Upâdhyâya, et Vachaspati Mjsra, qui illustrèrent la seconde moitié du xve siècle. L'astronomie ne fut point négligée; le dernier grand astronome hindou, Bhâskarâchârya, naquit en 1114 ap. J.-C. Il est regrettable, cependant, que les littérateurs sanscrits, dont la plupart furent des hommes d'une intelligence remarquable, aient si complètement dédaigné l'histoire; le seul ouvrage qui pût prétendre à être qualifié de traité historique est la Bâjataranginî
1. L'article de Mano Mohan Chakravarti sur la littérature smriti à Mithila (J. A. S. B., 1915, p. 313) est plein d'informations .
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ou « Rivière de Rois », de Kalhana, qui fut composée vers le milieu du xne siècle.
Mithilâ échappa heureusement aux ravages qu'entraînèrent invariablement les invasions musulmanes. Protégée par le tarai au nord, et au sud, à l'est et à l'ouest par le Gange, le Kausiki et le Gandaki, elle jouit d'une période de quiétude, pendant laquelle les savants eurent la faculté de poursuivre en paix leurs travaux littéraires. Au xive siècle les souverains de la dynastie Kârnâta encouragèrent l'étude du sanscrit. Les études de smriti furent remises en honneur et développées. Padma Bhatta fonda une école de grammaire et Bhava Datta Misra publia des ouvrages derhétorique et d'erotique; son commentaire de Naishadha,qui est encore très étudié, fut écrit durant cette période. Plusieurs pandits s'occupèrent de la langue maithili dont le développement fut encouragé. La fin du xive siècle et le commencement du xve furent illustrés par Vidyâpati Thâkur qui écrivit en sanscrit, en hindi et en maithili. Cependant le génie bengali n'était pas inactif; les érudits du Bengale écrivirent sur le Kyâya, la Smriti, et le Bhaktidarçana, et l'œuvre de Raghunandan Misra est trop connue pour qu'il soit nécessaire d'en faire mention.
Mais dans les contrées du Sud qui ne furent jamais sous l'influence directe des musulmans, l'activité littéraire se manifesta plus que partout ailleurs. Les dynasties hindoues, et particulièrement la maison de Vijayanagar, encouragèrent l'étude, et il est dit sur une inscription que le roi de Vijayanagar, Marappâ, et son ministre, Mâdhava, composèrent le Çiva-gama- Siotra. Sâyana, le fameux commentateur des Védas, fut ministre de Hari Hara II; et son frères, Mâdhava, illustra la même fonction sous Bukka. Les princes
de la dynastie Sâluva protégèrent les lettres; Krishna Deva Raya fut le très libéral patron de la littérature sanscrite et telugu. De nombreuses inscriptions prouvent combien répandue était la connaissance du sanscrit, et les écrivains et les poètes de la cour furent de grands maîtres dans l'art de rédiger des documents officiels.
A cette époque, les Jains produisirent d'abondantes œuvres littéraires, religieuses et profanes. Outre les écrivains religieux, il y eut d'autres auteurs, tels que Nagra Chandra, plus connu sous le nom d'Abhinava Pampâ, auteur du Pampa Râmâyana, et Hastimalla, auteur de plusieurs pièces sanscrites, tous deux appartenant au Sud; Asâdhara, auteur de divers commentaires sur des ouvrages de morale et de rituel jainas; Prabhâchandra, à qui sont dues des œuvres éthiques et légendaires; et Sakalakîrtti, qui illustrèrent le milieu du xve siècle. D'un spécial intérêt est la littérature jaina en Apabhramça qui nous est parvenue de cette période, et où l'on trouve déjà à profusion ce rythme que l'on considère comme la caractéristique des dialectes actuels. Les Jains de l'école Digambara écrivirent leurs ouvrages dans le langage familier au peuple, ce qui donna une forme littéraire au canara et au tamoul. Jusqu'aux xie siècle, l'activité des Jains Çvetambaras se borna à l'expédition et à la systématisation de leurs œuvres canoniques, mais ensuite elle se révéla remarquable par la production d'ouvrages indépendants, philosophiques et poétiques. Le meilleur des écrivains de cette période est Hemachandra.
Ce développement de la littérature en dialectes populaires mérite une brève notice; il ne doit pas être antérieur au xne siècle. Le premier poète hindi fut
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Chandbardâî, auteur de la célèbre épopée, Priihvi Raj Rasau, poème de 69 livres et 100.000 stances, dans lequel le poète-guerrier chante la vie, les exploits héroïques et les amours du prince Ghohan de Delhi. Le thème historique est abondamment mêlé de légendes et de fictions dont il est difficile de faire la part exacte; il semble probable que des interpolations ont été faites en outre de temps à autre par des écrivains postérieurs. Chand eut un contemporain distingué, Jaganayak1, qui écrivit Y Alhâkhand, long poème, relatant dans un style tumultueux les exploits amoureux et héroïques d'Alhâ et d'Udal, les deux nobles guerriers de Parmardi ou Parmâla de Mahobâ. Parmi les écrivains qui suivirent, ceux dont la célébrité est parvenue jusqu'à nous sont : Çârangdhara, auteur du Hammîr Rasau et du Hammîr Kâvya, qui relatent les événements du règne du fameux Rai Hammir de Ranthambor; Bhûpati; Mullâ Dâûd; et le renommé émir Khusrau dont nous avons déjà parlé. Khusrau fut avant tout un poète persan, mais il prit un profond intérêt à la littérature hindi, dont quelques vers lui sont attribués, il loue, dans son poème Ashiqa, la richesse du langage hindi2. Faisant une comparaison de l'arabe, du persan et de l'hindi, le poète écrit :
« ... Mais j'étais dans l'erreur, car si vous compulsez bien la matière, vous ne trouverez pas le langage hindi inférieur au parsi (persan). Il est inférieur à l'arabe, qui est la principale de toutes les langues. Les langages prévalant à Rai et Rûm (cités persanes qu'Elliot nomme inexactement Rai et Ram), après