lbid., p
5. Bhandarkar, Vaisnavism, p. 66. Bhandarkar l'appelle le quatrième élément. La différence entre le culte de Râmânuja et celui de Nimbârka, est que le premier se limitait à Nârâyana et ses compagnes Lakshmî, Bhû et Lîlâ, tandis que le dernier donnait une importance exclusive à Krishna et à sa compagne Râdhâ assistée de milliers d'amies.
de Sringeri. Très jeune encore, il renonça au monde et adopta la vie d'un moine errant. A l'époque où il commença son œuvre, l'atmosphère du pays était surchargée des rivalités des doctrines adverses. Pendant des années, le jeune moine étudia et discuta les questions religieuses, et lorsque ce dur labeur de préparation fut achevé, il commença sa tournée évangélisatrice et triompha de plusieurs de ses adversaires. Il parcourut les provinces du nord, et, à Hardwar, en revenant de ses méditations sur l'Himalaya, il proclama la suprême divinité de Vishnou, et publia son commentaire sur les Vedânta Sûtras. Le but final de l'homme est la perception directe de Hari, qui conduit au moksha, ou éternelle félicité. D'après Madhva, la science doit aussi conduire au bhakti, et le dernier degré de l'évolution spirituelle d'un homme consiste dans le souvenir direct et ferme d'un Saguna Içvara qui est identique au bhakti. Madhva divisait les âmes en trois classes : 1° celles destinées à jouir de la béatitude céleste; 2° celles destinées éternellement à la renaissance et à la mort, et 3° celles condamnées à l'enfer pour toujours. Seules la science et la dévotion pouvaient sauver une âme de la transmigration.
Au xive siècle, Râmânand1 essaya de supprimer
1. Bhandarkar dit que, d'après VAgastya-Samhitâ, il serait né en l'an 4400 de l'âge Kali, correspondant à l'an 1356 du Vikrama Samvat, c'est-à-dire à 1299 ou 1300 ap. J.-C. D'après une tradition, il serait né à Prayâg, d'une famille brahmane, en 1299 ap. J.-C. Etant un enfant précoce, il fut envoyé à Bénarès, âgé de 12 ans seulement, pour y faire des études philosophiques. Carpenter, Theism in Mediaeual India, p. 428, note 1. Bhandarkar accepte cette date de 1299-1300 ap. J.-C, Vaisnavism, p. 68. Macauliffe place sa naissance à Malikot, au Mysore, et suppose qu'il vécut à la fin du xive siècle et au commencement du xve. Farquhar, d'abord d'opinion analogue (J. R. A. S., 1900, p. 187), l'abandonne plus tard. Voir
602 l'histoire de l'inde AU MOYEN-AGE
les distinctions de caste. Ayant suivi le cours ordinaire de l'éducation, il devint un disciple de Râghavendra, de l'école Viçlshtâdvaita; il voyagea, visitant les lieux saints, combattant la doctrine de la mâyâ (illusion) et établissant le culte de Râma et Sîtâ. Il fut le premier à se servir du langage dialectal pour la propagation de sa doctrine. Reniant la caste, il accepta comme disciples des hommes de toutes conditions, dont il recruta le plus grand nombre dans la vallée du Gange. Ils adoraient Vishnou sous la forme de Râmachandra, avec son épouse Sîtâ, et leur œuvre favorite est le Bhaklamâla de Nâbhâjî De tous les disciples de Râmânand, Kâbir fut le plus célèbre.
Le culte de Krishna fut un autre dérivé du vishnouïsme. Son meilleur interprète, Vallabhâchârya» était le fils de Lakshmana Bhatta, Brahmane tailang qui vivait dans le pays Telugu. Il naquit en 1479i dès sa plus tendre enfance il montra des signes de génie, et ses contemporains le considérèrent comme un prodige de science. Son éducation terminée, il commença ses voyages et parvint h, la cour de Krishna Devra, Raya, roi de Vijayanagar, où il triompha des Çivaïtes dans une discussion publique1- Il visita Mathurâ, Vrindâban et bien d'autres lieux encore, et s'installa finalement à Bénarès où il composa 17 ouvrages, parmi lesquels sa Bhâgavat Tîkâ Subodhinî. Le dixième livre de cet ouvrage contient une solide exposition des doctrines de la secte.
son article The Hislorical Position of Râmânand, J. A. li. S., 1922' p. 373. Monier Williams dit qu'il vécut au début du xive siècle- Hinduism, p. 142, II. place la vie de Râmânand entre 1400 et 1470 ap. J.-C.