‹ Histoire du monde (volume 5)Chapitre 14 sur 135 · Al-Baladori, Elliot I, p · texte numérisé non relu

Al-Baladori, Elliot I, p

2. bhâhnâma, Elliot I, p. 170. Plusieurs auteurs croient que Mohammed prit d'assaut le village de Râwar. Le Shâhnâma donne un récit détaillé de la prise du fort et de l'immolation de femmes de sang royal (Elliot I, pp. 122, 172).

mort ou le déshonneur, réduits à la dernière extrémité, ces hommes et ces femmes révélèrent leurs brillantes qualités. Rânî Bâi, suivant la coutume de son pays, résolut de combattre les ennemis de son mari. Elle passa en revue les survivants de sa garnison; 15.000 hommes tout au plus. Elle commanda alors la manœuvre des machines de guerre, et les Arabes qui campaient sous les murs du fort reçurent une pluie de flèches, de javelots et de pierres lancées par les balistes et les mangoneaux. Les Arabes menèrent le siège avec vigueur et intrépidité; ils étaient trop forts pour les enfants perdus de l'armée de Râwar. Quand Rênî Bâi vit s'effondrer tout espoir, elle rassembla les femmes dans la forteresse et leur dit : « Nous ne pouvons pas être redevables de notre liberté à ces maudits mangeurs de vache; notre dieu le défend; notre honneur serait perdu. C'est notre dernier délai. Allons rassembler du bois, du coton et de l'huile, car le moment est venu de nous brûler pour aller rejoindre nos maris. Si quelqu'une d'entre vous veut se sauver, qu'ede le fasse. » Elles entrèrent dans une maison, s'y firent brûler, et vengèrent l'honneur de leur race par cet horrible holocauste.

Mohammed, ayant pris la forteresse, massacra les 6.000 hommes qui s'y trouvaient et s'empara de toutes les richesses qui avaient été la propriété de Dâhir. Il continua sa marche victorieuse, prit Brahmanabad1, dont les habitants se soumirent sans résistance. Il édicta immédiatement une loi :

1. Brahmanabad est une ville en ruines dans le Simjhoro Taluka de Thar et Parkar, district du Sindh (Bombay), située du 25° 52' N. et 68° 52' E. à 11 milles à peu près au sud-est de Shahdadpur dans le Hadirabad, et à 21 miles de Hâla {Impérial Gazeiteer, IX, p. 8).

Inde

66 HISTOIRE DE L'iNDE AU MOYEN-AGE

ceux qui se convertissaient à l'Islamisme étaient exemptés de l'esclavage, du tribut et de la djeziyâ, cependant que ceux qui se refusaient à abandonner la foi de leur père devaient payer la capitation, et conservaient leurs propriétés et leurs terres; Cette taxe par tête fut levée suivant trois degrés. Le premier degré devait payer l'équivalent en argent de 48 dirhams, le second 24 dirhams, et le degré le plus bas, 12 dirhams. Le peuple de Brahmanabad supplia Mohammed-ibn-Qasim de lui accorder la liberté de culte; celui-ci ayant soumis la supplique à Hadjadj, il en reçut la réponse suivante :« Puisqu'ils se sont soumis et ont payé l'impôt, que peuton leur demander de plus? Nous les avons pris sous notre protection, il nous est donc impossible de les priver de leur propriété ou de leur vie. 11 leur est accordé la permission d'adorer leurs dieux. Personne ne doit être gêné dans la pratique de sa propre religion. Ils peuvent vivre à leur guise dans leurs maisons1. » Mohammed-ibn-Qasim s'occupa de l'organisation du pays. Il divisa la population en quatre ciasses et chaque homme dont la propriété avait été confisquée reçut en échange un don en argent du poids de 12 dirhams. Les Brahmanes furent traités avec tous les égards dus à leurs rang, on leur confia les charges de l'administration. Aux percepteurs d'impôts, Mohammed dit : « Traitez honnêtement entre le peuple et le Sultan, et si un partage s'impose, faites-le avec équité et fixez l'impôt suivant les possibilités de payement. Soyez unis entre vous, afin que le pays ne soit pas réduit à la misère. » La liberté de religion fut accordée et les Brahmanes

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