‹ Histoire du monde (volume 5)Chapitre 19 sur 135 · Dutbi, Elliol, II, p · texte numérisé non relu

Dutbi, Elliol, II, p

2. Tarikh-i-Yamtnt traduit en anglais par le Révérend James Reynolds, p. 37.

Inde

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que nous traversons en ce moment. Si, par conséquent, vous nous refusez la paix en espoir de pillages, de tributs, d'éléphants et de prisonniers, alors il ne nous reste plus que la dernière alternative d'une détermination désespérée. Nous détruirons tout ce qui nous appartient, nous arracherons les yeux de nos éléphants nous brûlerons nos femmes et nos enfants et nous nous tuerons les uns contre les autres armés de lances et d'épées, afin qu'il ne vous reste qu'un champ de pierres et de boue, des cadavres et quelques os éparpillés1. »

Alors le père et le fils traitèrent avec Jayapala. Ils lui imposèrent le payement d'un tribut d'un million de dirhams, l'abandon de cinquante éléphants et de quelques cités et forteresses. Jayapala devait envoyer en otages à l'émir deux de ses plus fidèles officiers, comme garantie de sa parole. Mais dès qu'il se sentit hors de danger il changea d'avis, et fit jeter en prison les officiers de Subuktéguine qui l'avaient accompagné.

La deuxième invasion. — Suivant les termes de Firishta, dès que l'émir apprit cette perfidie, comme un « torrent impétueux » il se précipita avec son armée sur les chemins de l'Hindoustan afin de punir Jaya-

1. Outbi, Tarikh-i-Yamînl, Elliot, II, p. 21. Parmi les royaumes qui envoyèrent du renfort Firishta cite Delhi. Mais ceci n'est pas exact. Il n'est pas parlé de Delhi à propos des premières incursions musulmanes. Le royaume n'était pas assez important pour attirer l'attention de Mahmoud le Ghaznévide. Outbi mentionne la prise de Mathurâ et la conquête de Kanauj, mais il ne dit rien de Delhi.

Al-Birouni, qui vécut plusieurs années aux Indes parle de Kanauj, Mathurâ, Thânesar et autres endroits au delà de Kanauj, mais jamais de Delhi. De ce fait, on peut conclure que Delhi n'était encore qu'une ville obscure. Sachau, India, de Al-Birouni (Trubner, Oriental Séries), Vol. I, p. 198-99.

l'avènement des ghaznévides 83

pala de « sa trahison et de son infidélité ». L'émir ne rentra à Ghazna qu'après avoir ravagé les pays limitrophes et capturé la ville de Lamghan. Quand Jayapala réalisa les dégâts et constata que « ses chefs étaient devenus la nourriture des vautours et des hyènes et que sa puissance militaire faiblissait, il résolut de se battre une fois de plus contre les musulmans ». Ce dut être en l'année 991 ap. J.-C. qu'il rallia l'aide pécuniaire et militaire des princes d'Ajmer, de Kalingar et de Kanauj, organisa une armée qui, suivant Outbi, comprenait plus de cent mille hommes et s'avança à la rencontre de l'ennemi, sur le même champ de bataille.

L'issue du combat fut une conclusion. Subuktéguine stimula ses partisans, ardents et fanatiques, afin qu'ils combattissent de leur mieux pour l'honneur de leur foi. Il divisa son armée en escadrons de cinq cents hommes ; chacun devait attaquer l'ennemi matraque en mains et se relayer les uns les autres dès que l'un d'eux succombait à la fatigue. Cette attaque concentrée ne laissa aucun répit aux Hindous qui furent bientôt épuisés et défaits complètement dans une bataille décisive conduite avec vivacité. L'historien musulman raconte avec grandiloquence que les Hindous « dressèrent l'oreille comme des chevaux effrayés, le raja offrit au vainqueur les plus belles choses de ses provinces les plus éloignées, à la condition que les cheveux de leur crâne fussent épargnés1 ». Subuktéguine perçut un lourd tribut et fit un immense butin dont firent partie deux cents éléphants de guerre. Sa souveraineté fut reconnue. Un de ses officiers fut nommé gouverneur de Peshawar avec une garnison de dix

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