‹ Histoire du monde (volume 5)Chapitre 26 sur 135 · Reynolds, Kitâb-i-Yamlnl, pp · texte numérisé non relu

Reynolds, Kitâb-i-Yamlnl, pp

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les contrées païennes; pour les Hindous il fut un véritable Hun, un tyran inhumain qui détruisit leurs reliques sacrées et blessa mortellement leur susceptibilité religieuse. Mais pour le chercheur impartial qui ne perd pas de vue les circonstances particulières de l'époque, il fut un meneur d'hommes, un souverain juste et droit, suivant son propre idéal, un soldat intrépide et bien doué, un dispensateur de la justice, un protecteur des lettres; il mérite ainsi d'être classé parmi les grands rois du monde. Il conquit, mais ne consolida rien. Le puissant édifice qu'il avait élevé ne fut pas œuvre durable, il s'écroula entre les mains de ses faibles successeurs. Lane-Poole le dit fort justement, il ne changea aucune institution dans les pays conquis et n'essaya même pas d'établir sur des bases solides un nouveau système de gouvernement. Son empire était une monstrueuse agglomération de peuples que seule la clairvoyance du sultan pouvait tenir en respect. Les ennemis qu'il avaient soumis n'attendaient que l'occasion d'affirmer leur indépendance. Les trésors rapportés à Ghazna engendrèrent le goût du luxe qui démoralisa tous ces vaillants combattants. La cour de Ghazna ne fut plus qu'une assemblée d'êtres sans force et sans vigueur, incapable détenir un sceptre dont les plus forts s'emparaient.

Al-Birouni aux Indes. — Al-Birouni naquit dans le territoire de Khiva en 973 ap. J-C. Il fut fait prisonnier et amené à Ghazna, lors de la conquête de Khiva par Mahmoud. Il arriva aux Indes à la suite de Mahmoud et écrivit une relation détaillée sur les conditions sociales et politiques de l'Inde, laquelle jeta une vive lumière sur i' histoire de cette

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époque. Al-Birouni fut un savant versatile; il prit le plus grand intérêt à la culture hindoue, il fut profondément impressionné par la subtilité intellectuelle et les spéculations métaphysiques des Brahmanes; il eut toujours le courage de ses opinions et sa sincérité est transparente. Il discute le désastreux effet des invasions de Mahmoud aux Indes : « Mahmoud ruina complètement la prospérité de l'Inde et accomplit ces exploits merveilleux qui rendirent les Hindous semblables à des atomes de poussière disséminés dans toutes les directions et comme un vieux conte dans la bouche du peuple. Il n'est pas étonnant que ceux qui subsistent à l'état dispersé nourrissent une aversion invétérée contre les musulmans. C'est la raison pour laquelle les sciences hindoues se sont retirées de la partie du pays que nous avons conquise et se sont réfugiées où nous ne pouvons encore les atteindre, jusqu'au Cachemire, à Bénarès et en d'autres endroits. » Le principal rereproche qu'il adresse aux Hindous est leur complet isolement d'avec les autres peuples de la terre, leur ignorance du monde extérieur, leur manque de sympathie et de communications avec les autres mortels, qu'ils nomment mlechchhas (barbares).

Le pays entier était divisé en nombre d'Etats, souvent en guerre les uns contre les autres; les principaux étaient le Cachemire, le Sind, le Malwa et le Kanauj. Il y avait des castes et des distinctions entre chaque caste. Les parents arrangeaient de bonne heure le mariages de leurs enfants; seul le mari donnait un cadeau à sa femme, c'était son sirîdhana; et s'il venait è mourir, elle était condamnée au veuvage perpétuel. Le commun du peuple

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adorait une multitude de dieux, mais les Hindous lettrés croyaient en un Dieu « unique, éternel, sans commencement ni fin, agissant selon sa libre volonté, tout-puissant, suprêmement sage, vivant et donnant la vie, ferme et constant, gouvernant le monde ». Quant à l'administration de la justice, il écrit que les plaintes orales ou écrites étaient classées suivant les cas, et les jugements rendus d'après les dépositions des témoins. Les us et coutumes des Hindous étaient basés sur les principes de la vertu et de la bonté. La loi criminelle était fort indulgente, en quelque sorte dans l'esprit du christianisme. Tous cependant n'étaient pas égaux devant elle. Les brahmanes étaient exemptés de la peine de mort; si l'un d'eux commettait un crime, il l'expiait dans le jeûne, la prière et l'exercice de la charité. Le vol était puni suivant le valeur de la chose volée, quelquefois par la mutilation des membres. Le roi avait droit à un sixième du rapport des champs ; les ouvriers, les artisans et les classes commerçantes payaient tous une taxe sur leurs revenus ; les brahmanes seuls étaient exempts d'impôts. Le culte des images prévalait partout, et le pays comptait d'innombrables temples. Il était formellement interdit à toute veuve de se remarier et l'abominable coutume du sali prévalait partout.

Telle était l'Inde au xe siècle, peinte par Al-Birouni. L'hindouisme s'était éteint et la science, la piété et la philantropie avaient laissé la place à la superstition, l'ignorance et la rapacité. L'unité politique était détruite par les ambitions personnelles des princes, et la société désagrégée par des jalousies de castes. Chacun abandonnait la cause

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commune pour ne regarder que son propre intérêt. Aussi l'envahisseur étranger eut-il beau jeu. 11 eut peu de peine à conquérir un royaume disloqué et changea ainsi le cours de la vieille civilisation hindoue.

Inde

Masoud et sa cour. — En 1031 ap. J.-C, Masoud, avec l'aide de l'armée, détrôna son frère aîné Mohammed qui s'était fait proclamer roi. Brave, belliqueux, plein d'ambition et de courage Masoud avait un jour gravement offensé son père en lui exposant sa foi en la théorie que la souveraineté appartient au plus fort. Il fut si généreux que ses contemporains parlèrent de lui comme d'un khalife, et si fort que Minhâj-us-Sirâj raconte qu'il pouvait d'une main lever de terre sa massue et qu'aucun bouclier de fer ne pouvait défier ses flèches. La magnificence de la cour de Ghazna fut sans rivale à cette époque. Baihâki raconte dans ses mémoires comment le sultan sut répandre autour de lui l'opulence et la splendeur. Quand il fit réparer le jardin Firouzi, un des plus beaux sites de Ghazna, il passa en revue la milice royale, assis sous un pavillon de verdure, et entouré de ses nobles et de ses courtisans, qui le servaient avec la plus grande obséquiosité. Après la parade, le sultan et ses compagnons s'assirent à un somptueux banquet, accompagné de musique, et de boissons innombrables. Au milieu d'une petite

tente, ily avait cinquante gobelets et flacons de vins, et les convives burent jusqu'à satiété ; alors l'émir dit : « Sachons garder une juste mesure, et remplissons les coupes de manière égale afin qu'il n'y ait pas d'injustice. » Un à un les courtisans enivrés s'en allèrent rouler à l'écart, mais l'Émir continua à se divertir jusqu'à ce qu'il eût achevé sa 27e coupe de vin. C'est là qu'en était la dépravation de la cour de Ghazna ! Il envoya alors chercher son tapis et avec la sobriété de l'abstinent récita ses prières et s'en retourna dans son palais. De telles orgies n'étaient pas choses extraordinaires pour une cour musulmane ; le grand Mahmoud lui-même ne dédaigna point ces plaisirs; Masoud pourtant dépassa la mesure et devint le chef d'une fameuse bande de débauchés.

Exécution oVHaznâk. — Khwâjâ Àhmad Maimand1, libéré de prison par Masoud, en devint le bras droit. Le Sultan le supplia d'accepter la charge de ministre, le Khwâja, à la fin, accepta, fut admis solennellement à la cour, et nommé le second après le roi. Ses ordres devaient être exécutés comme ceux du roi. Hâdjib Bilektéguine, capitaine des gardes, fut chargé de le conduire à la garde-robe royale afin qu'il pût revêtir le costume officiel. Le ministre, rendu à sa dignité, apparut revêtu d'un vêtement coupé dans un merveilleux tissu écarlate de Baghdad, brodé de petites fleurs; il portait un long turban de la mousseline la plus fine, bordée de dentelle,, et une large chaîne et une ceinture de 1.000 miskâls incrustées de turquoises.

1. Le Khwâja avait été pendant 18 ans ministre de Masoud mais il a<vait été condamné à la suite d'intrigues de la part des Emirs {Dastoûr-oul-Wouzarâ, Elliot, IV, p. 151).

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Suivant l'usage ancien, il offrit au Sultan des perles fines, de la valeur de 10.000 dinars; celui-ci, en signe de faveur, lui donna une bague ornée d'une turquoise sur laquelle son nom était inscrit. Le Khwâja reçut loyalement le don et jura fidélité au trône. Les grands et le peuple félicitèrent le ministre; de tous côtés il reçut des présents magnifiques, des objets précieux en or ou en argent, des pièces de fines étoffes, des esclaves turcs, des chevaux et des chameaux affluèrent; mais en reconnaissance, il envoya le tout à son maître. En échange de sa générosité, le Khwâja reçut 10.000 dinars, 500.000 dirhams, 10 esclaves turcs de grand prix, 5 chevaux des écuries royales et 10 chameaux Abdous. Ayant gagné la confiance du Sultan, le Khwâja se mit énergiquement à la tâche que ses prédécesseurs avaient tristement illustrée par leur négligence et leur inexactitude,,. Jusque-là, les affaires de l'Etat n'avaient été l'affaire de personne, mais le nouveau ministre les mit à la portée des officiers civils et militaires et leur représenta la nécessité de précision, de régularité, et de promptitude surtout. Les pétitions furent écoutées et les jugements rendus de manière équitable; l'administration devint vive et active.

Cependant que le Khwâja était honoré et fêté, Hasnâk, son prédécesseur, enchaîné et soumis au plus cruel traitement, pleurait son influence et sa puissance perdues. 11 fut accusé d'hérésie karmathe, il nia l'accusation, mais les juges, appuyés par tous les orthodoxes, le déclarèrent coupable et prononcèrent contre lui l'arrêt de mort. Il y avait, parmi les plus désireux de sa mort, un certain Kwâjâ Bu' Suhal, à qui l'accusé reprocha amèrement sa cruauté.

L'ex-rainistre en appela à la pitié de Maimandî et le supplia de prendre soin de sa famille, celui-ci promit, les larmes aux yeux; mais le verdict était irrévocable. Le khalife de Baghdad avait insisté près de Masoud pour la condamnation d'Hasnâk, le Karmathe, le renégat qui avait juré fidélité à la maison d'Egypte. Au jour fixé, Hasnâk, victime de l'adversité, fut conduit à l'échafaud, n'ayant sur lui que ses pantalons et son turban, les mains liées, le corps « blanc comme de l'argent et le visage semblable à cent mille tableaux ». A ce moment-là, les assistants, remplis d'horreur, s'indignèrent contre ceux qui l'avaient condamné, mais les gardes présents dissipèrent l'émeute. Personne, cependant, ne voulut le lapider, comme l'ordonnait le khalife; il fut accroché au gibet et pendu sans merci. Après l'exécution, Bu' Suhal donna un grand banquet; la tête d'Hasnâk y fut présentée sur un plat, à la consternation de tous les convives. Et la société de Ghazna se délectait dans de telles horreurs ! A part la réprobation de quelques hommes justes, la rumeur publique ne s'éleva jamais contre tant de cruauté. La têted'Hasnâk, pendant sept ans, se balança au gibet. Baihakî écrit que ses pieds tombèrent et que son cadavre fut desséché complètement, de sorte qu'il n'en resta absolument rien qui pût être enterré suivant l'usage. Quand sa mère apprit cette mort tragique, elle sanglota et gémit dans son désespoir : « Hélas ! quel fut le sort de mon fils U. Le roi Mahmoud lui donna ce monde et Masoud lui donna l'autre... » Mais qui donc était sûr de sa vie ou de l'issue d'un jugement sous le règne des Ghazné vides corrompus1?

1. Khondémîr écrit dans son Dasloûr-oul-Wouzarâ, qu'en tant que

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Les affaires politiques de l'Inde. — Masoudnefut cependant pas un roi fainéant. Sa force physique aussi bien que sa dignité de roi le firent craindre de ses contemporains. Il avait hérité de son père un esprit belliqueux, le don du commandement et la faculté de savoir, au besoin, se tirer d'un pas difficile. L'administration de l'Inde ayant été laissée au soin d'Ariyàrak, il résolut de s'en occuper lui-même.

Ariyârak, gouverneur ghaznévide du Hind, homme ambitieux par nature, et se sentant maître dans ses domaines, avait fait preuve de ses mauvais desseins déjà du temps de Mahmoud; mais la crainte de ce puissant conquérant l'empêcha de réaliser ses projets. Il continua à agir en parfait autocrate, méprisant les ordres de son souverain, et se montrant rétif et arrogant. Masoud, quoique adonné à la boisson et à la dissipation, possédait au moins une grande qualité : il savait affirmer son autorité dans les circonstances où elle aurait pu être bafouée. Au moment où les Turcs cherchaient un débouché à leur expansion, la séparation de la province hindoue < — inconciliable avec la domination musulmane - — d'avec l'empire de Ghazna n'eut pas été chose impossible. Khwâja Ahmad Hasan réussit à persuader Ariyâtak de se rendre à Ghazna et lui promit son appui auprès du Sultan. Le gouverneur

ministre, Hasnâk parla souvent de Masoud en termes irrespectueux au Sultan Mahmoud. Quand Masoud devint roi, il se vengea de l'offense (Elliot, IV, p. 153).

L'élégie qu'un poète de Nichapour écrivit sur Hasnâk mérite d'être citée :

« Ils lui coupèrent la tête à lui qui fut la tête de toutes

[les têtes,

L'ornement de son pays, la gloire de l'époque,

Qu'il fut Karmathe, Juif ou Infidèle,

Il est dur de passer du trône à l'échafaud. »

se laissa prendre au piège, et mû par « les douces, paroles et l'apparence vénérable » du Khwâja, il l'accompagna à la capitale, complètement ignorant du sort qui l'attendait. Comme tous les condotierri musulmans du moyen-âge, Ariyârak s'adonnait à la boisson, toujours prêt à accepter une invitation à quelque bacchanale. Mais au milieu de la fête, à sa plus grande surprise, Baktéguine, capitaine des gardes, l'arrêta, lui mit les fers aux pieds, et le 19e jour de Rabi-al-Awwal, l'an 422 de l'hégire (mars 1031), il fut jeté en prison. Probablement peu de temps après, il fut empoisonné et les immenses richesses qu'il avait accumulées furent confisquées, Ahmad Niyâltéguine fut nommé à sa place gouverneur de la province hindoue. Le nouveau gouverneur était un officier éprouvé, il avait été trésorier du Sultan Mahmoud, et avait acquis une grande expérience des affaires publiques; Le Khwâja lui conféra la robe d'honneur et l'avertit qu'il eût à observer fidèlement les clauses du pacte convenu avec le Sultan. Puis il donna à Niyâltéguine le conseil suivant ■ — si utile sous un gouvernement despotique : « Ne dites jamais rien à personne de ce qui a trait aux affaires politiques et financières, si bien que personne ne puisse parler contre vous; mais accomplissez tous les devoirs d'un commandant afin que ce camarade ne puisse mettre la main sur vous et vous abattre. » On lui demanda de ne pas empiéter sur les droits de Qazi Shirâz, un collègue querelleur, administrateur civil et attaché au département des Communications dont l'office était d'envoyer des rapports au Sultan sur tout ce qui se passait aux Indes. Quelques-uns des chefs Dailamî et des esclaves rebelles furent envoyés aux Indes avec lui, afin

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d'être éloignés delà cour; Niyâltéguine devait les surveiller étroitement et empêcher entre eux toutes relations sociales et toutes réunions. Ainsi conseillé et averti, Niyâltéguine prit possession de son nouveau poste;maisleKhwâja, habile diplomate, lui demanda de laisser son fils en otage à Ghazna, sous le prétexte de lui faire donner une éducation conforme à son rang, et de le préserver de la compagnie des aides de camp. Quelques jours plus tard, quand le gouverneur accompagnait le Sultan dans le désert de Shâhâbar, ce dernier, pompeusement, s'adressa à lui en ces termes : « Ahmad, réjouis-toi et sois heureux; aie soin de comprendre le prix de cette faveur; garde mon image toujours devant tes yeux et remplis loyalement ton office, afin que tu mérites de plus grands honneurs. » Mais Masoud ne se doutait guère que peu de temps après, ses ordres seraient violés et que, suivant les paroles de Baihakî, le vice-roi « se détournerait du droit chemin pour prendre un sentier détourné ».

Ahmad Niyâliéguine.< — En arrivant dans l'Inde, Ahmad Niyâltéguine ne trouva pas aisé de s'entendre avec son collègue, Qazi Shirâz, homme emporté, querelleur et surtout autoritaire. Le Sultan l'avait averti et avait nettement délimité la tâche du Qazi et celle du royal généralissime, afin que celui-ci ne laissât pas annihiler son autorité. Une première querelle éclata à propos d'une expédition pour laquelle le nouveau gouverneur n'avait pas consulté le Qazi, dont d'ailleurs ce n'était pas du tout l'affaire. Le gouvernement de Ghazna en fut informé et le Qazi sévèrement prié de ne pas s'occuper des questions militaires. Ravi de la déconfiture de son

collègue et rival, Niyâltéguine organisa bientôt une expédition contre Bénarès, la ville sainte des Hindous, sur le Gange. Les musulmans furent grandement stimulés par l'idée qu'aucune de leurs armées n'avait encore mis Bénarès à sec. L'expédition fut un succès; les bazars, les drapiers, les parfumeurs et les bijoutiers furent pillés et l'armée victorieuse rapporta un énorme butin d'or, d'argent, de parfums et de joyaux. Mais le Qazi, ne pouvant se résigner à la gloire de son rival, envoya à Ghazna des espions et des agents secrets pour informer le Sultan de ce que Niyâltéguine, trompant le peuple en se faisant passer pour le fils du Sultan Mahmoud, avait détourné des sommes fantastiques et reçu un renfort de soixante-dix esclaves du Turkestan, une bande de mécontents; il insinua encore malicieusement que Niyâltéguine aspirait à l'indépendance. Le monarque tint su son cœur1 le message lui annonçant la victoire du gouverneur : conquête de Bénarès, exaction d'un tribut, rapt d'un énorme butin et d'un certain nombre d'éléphants. Le Sultan s'en réjouissait! Mais en même temps, d'innombrables lettres arrivaient de l'Inde, les ennemis de Niyâltéguine essayaient par tous les moyens d'ébranler la confiance de Masoud et de réclamer son intervention urgente. Soi-disant, toute l'armée de Lahore et les Turcomans avaient abandonné Niyâltéguine et une foule de mécontents de toutes classes s'étaient rangés sous sa bannière. Tâche peu facile pour le Sultan que de démêler la vérité parmi tant de rapports contradictoires. Il convoqua donc, dans les jardins de Sudhazârâ, un conseil de tous ses officiersprincipaux et leur demanda

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