‹ Histoire du monde (volume 5)Chapitre 29 sur 135 · Delhi fut fondée vers 993-94 ap. J.-C · texte numérisé non relu

Delhi fut fondée vers 993-94 ap. J.-C

rain1, village situé à 14 milles de Thanesar, en 1191 ap. J.-C. Seul le Raja Rathor de Kanauj ne se mêla pas à cette guerre; rithvîrâja l'avait insulté en lui enlevant de force sa fille2. Le chef Rathor ayant considéré cet acte comme un affront intolérable, surveilla avec une secrète satisfaction le résultat de la bataille entre Mohammed et le guerrier Ghohân de Delhi. Le Sultan suivit la fameuse tactique de l'époque, quant à la droite, à la gauche et au centre, et prit place lui-même au milieu de l'armée. Les Rajpoutes, dans une charge furieuse, dispersèrent les deux ailes de l'armée. Séparé du reste de ses troupes et entouré de tous côtés par ses furieux ennemis, le Sultan se trouva dans une position extrêmement périlleuse. Toutefois il n'en perdit pas sa présence d'esprit, d'un violent coup d'épée il fendit la bouche et enleva les dents de Govind Rai3, frère du Raja. Le vaillant Rajpoute rendit coup pour coup; son

1. Chez la plupart des historiens, on trouve Narain, ce qui est incorrect. Le nom du village est Tarain; cette erreur est probablement due à l'écriture persane. Briggs écrit Narain, qui se nomme maintenant Tirauri (I, p. 172).

Lane-Poole, incorrectement, écrit Narain (Mediaeval India, p. 51).

2. Tod affirme positivement que quand Prithvîrâja monta sur le trône, Jayachandra ne refusa pas seulement de reconnaître sa suprématie, mais fit valoir lui-même ses prétentions à la couronne. Il fut appuyé par Anilwad, prince de Patan, et par les Parihârs de Mandor. Le même auteur écrit que Kanauj et Patan eurent recours au dangereux expédient d'avoir à leur solde des bandes de Tartares. Ce qui empêcha le souverain de Ghazna de profiter de leurs querelles intestines.

Ceci ne veut pas dire que Jayachandra encouragea le Ghouride à envahir l'Hindoustan. Il est fort probable que Jayachandra ait aspiré à la souveraineté suprême de tout l'Hindoustan et ait disputé à Prithvîrâja ses prétentions (Tod, Annals and Anliquities of Râjaslhân, édité par Crooke, I, p. 299).

3. Firishta écrit Chand Ray et les Tabaqal-i-Akbari ont Khand Rai; mais les copies les plus anciennes des Tabaqal ont Govind. Le poète hindou, Chand, l'appelle Rai Govind, ce qui est exact.

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antagoniste blessé au bras revint en arrière et se mit à saigner considérablement. Il était épuisé et prêt à tomber de son cheval, quand un guerrier khilji, rempli d'énergie, surgit soudain prit le Sultan dans ses bras et l'emporta hors du champ de bataille1. Le malheur du Sultan livra l'armée à la panique et la fit se disperser dans toutes les directions. Les Musulmans, poursuivis par l'ennemi sur plus de 40 milles atteignirent enfin un endroit sûr où le Sultan les rejoignit peu après. Les troupes dispersées se rassemblèrent autour de leur chef et retrouvèrent leur vigueur. Le Sultan se hâta de traverser l' Indus et regagna son pays. Pour la première fois les « croyants » avaient été mis en déroute par une bande d'infidèles. Les Rajpoutes tinrent ferme le siège de Sarhind; la garnison se défendit pendant treize mois, mais à la fin, épuisée, elle consentit à un traité. Dès son arrivée à Ghor, le Sultan punit tous ses émirs, et ses officiers qui avaient abandonné le champ de bataille, ils furent disgraciés publiquement et traînés autour de la ville en signe d'humiliation et d'indignité.

Défaite de Priihvîrâja. — Mohammed le Ghouride, loin de se résigner à l'humiliation que lui avait in-

1. Les différentes histoires narrent cette bataille de manière contradictoire. Nous ne les discuterons pas, le récit ci-dessus donnant un rapport exact de ce qui se passa sur le champ de bataille, d'accord avec les historiens hindous.

Minhâj-us-Sirâj écrit dans ses Tabaqat (I, p. 460) : « Le Sultan tourna autour de la tête de son adversaire et recula, mais la souffrance de sa blessure l'empêcha de se tenir en selle plus longtemps. La défaite de l'armée de l'Islam fut telle qu'elle fut irrémédiablement dissoute, et, pour un peu, le Sultan eût été désarçonné. Ce que voyant, un guerrier au cœur de lion, un Khalj, un tout Jeune homme, reconnut le Sultan, sauta derrière lui et excitant le cheval de la voix, l'entraîna è, l'écart du champ de bataille. >

CONQUÊTE DE l'HINDOUSTAN ET ORIGINE DES ESCLAVES 143

fligée Rai Pithaurâ, résolut de se venger des princes hindous1. En 1192 ap. J.-G. il se dirigea vers l'Hindoustan et quitta Ghazna à la tête d'une forte arimée consistant en Turcs, Afghans, et autres au nombre de 120.000. C'est durant cette équipée qu'un vieux sage de Ghor, qui suivait le Sultan, le décida à libérer les officiers qu'il avait disgraciés après sa défaite de Tarain. L'armée du Sultan campa près de Tarain; il la divisa en quatre sections et les rangea en ordre de bataille. Prithvîrâja, prévoyant un sanglant combat, s'alarma et appela tous les princes Rajpoutes à se ranger sous sa bannière pour combattre les Turcs. On répondit avec enthousiasme à son appel; en peu de temps, il réunit une armée formidable, comprenant une nombreuse infanterie, 300.000 cavaliers et près de 3.000 éléphants. Au nombre considérable de 150, les princes rajpoutes adoptèrent les couleurs de Prithvîrâja et jurèrent solennellement fidélité à leur chef, quelle que dût être l'issue du combat. Dans son Rasau, Chand raconte que Samarsi de Ghittor, beau-frère de Prithvîrâja, se joignit aussi à la confédération. C'est improbable, puisqu'on parle de lui de 1272 à 1301 ap. J-C. et que la bataille eut lieu en 1192. Le Prof. Kielhorn a, d'ailleurs, signalé cette erreur depuis longtemps.

1. Le Major Paverty cite The History ofJammum, qui dit que Jayachandra de Kanauj, que Prithvîrâja avait mortellement offensé, était en relation avec le Ghouride. Mais il est regrettable que ce renseignement ne puisse être vérifié. Tod dit aussi : « Les princes de Kanauj et Putun invitèrent Shihab-ud-din à les assister dans leurs dessins d'humilier le Chohân ».

Voir la note 1 de Raverty dans les Tabaqat-i-Nasiri I pp. 466- 67. Ce récit a été emprunté à Chand Bardas qui dit dans son Rasau que Jayachandra poussa le Ghouride à attaquer le Chohân. Mais ceci n'est appuyé par aucun des récits des historiens musulmans. Si cela se fut vraiment passé ainsi, les musulmans n'auraient pas manqué d'en faire mention. Voir au chapitre premier.

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Au début de la bataille, la cavalerie hindoue tint les musulmans en échec. Voyant cela, le Sultan laissa le centre de l'armée en arrière-garde et disposa le reste en 5 divisions; 4 d'entre elles comprenant chacune 10.000 hommes de la cavalerie légère, devaient attaquer l'ennemi de tous côtés, et se retirer ensuite, simulant la fuite hors du champ de bataille. De l'aube au coucher du soleil, la bataille fit rage; les généraux ghourides mettant en pratique cette tactique subtile. Quand il vit l'ennemi fatigué, le Sultan fit une charge désespérée à la tête de 12.000 cavaliers et « porta la mort et la destruction à travers le camp1 hindou ». La vaillance rajpoute restait inefficace devant les archers montés; le champ de bataille devint un champ de carnage. Les généraux hindous ne surent pas tirer parti de leur expérience et comprendre l'utilité d'une cavalerie mobile. L'issue de la bataille était prévue. En dépit de leur nombre, les Hindous furent battus; Prithvîrâja s'enfuit, mais il fut rattrapé près de Sirsuti2 et finalement « dépêché aux enfers3 ». La défaite de Prithvîrâja porta

1. Firishta décrit la manœuvre qu'adopta Mohammed pour épuiser et disperser l'armée hindoue. Cette tactique réussit comme il l'espérait (Briggs, I, pp. 176-177).

Raverty, Tabqal-i-Nasiri, I, p. 468. L'auteur du Tabqal n'est pas très précis sur ce point. Badâoni et l'auteur du Tabqat-i- Akbari (Biblioth. Ind., p. 39) disent simplement que l'armée fut divisée en quatre sections.

Le récit de Firishta est certainement plus exact et plus complet que ce que disent ces écrivains.

2. C'était une ville sur les bords de l'ancienne Saraswati. Au temps d'Akbar, Sirsuti était l'un des mahals de Sarkar Sambhal. Ibn Batûtâ en parle comme d'une grande cité en 1334 ap J.-C. (édition de Paris, III, p. 143).

3. Chand affirme à tort dans son Basau que Prithvîrâja fut emmené à Ghazni où il fut emprisonné et plus tard aveuglé. Tod dit que Prithvîrâja fut fait prisonnier et tué en 1192 ap. J.-C.

Tod écrit : « Six invasions de Shibab-ud-din eurent lieu avant

au pouvoir rajpoute un coup dont il ne devait pas se relever. Jayachandra se réjouit peut-être de la chute de son dangereux rival, mais il ne se doutait guère que deux ans plus tard il allait être la proie du même sort tragique. Cette défaite fut un signal de démoralisation complète pour la société hindoue. Il ne resta pas un seul prince rajpoute capable de rassembler une armée pour combattre l'envahisseur. La tâche des musulmans devint aisée; ils soumirent sans peine Sirsuti, Samana, Kuhram et Hansi; ils se livrèrent ensuite au pillage d'Ajmer et quelques milliers de ses habitants furent passés au fil de l'épée.

A Ajmer, le Sultan « détruisit les piliers et les fondations des temples d'idoles et bâtit à leur place des mosquées et des collèges; les préceptes de l'Islam et les usages de la loi furent propagés et établis ». Sur la promesse du paiement régulier d'une tribut, Ajmer fut confiée à un fils de Prithvîrâja1. Le Sultan rentra

qu'il réussit. Il avait été souvent battu et deux fois fait prisonnier par le souverain hindou de Delhi qui lui rendit la liberté avec l'arrogance noble et aveugle du caractère rajpoute. » Ceci est certainement inexact.

Transactions of the Royal Asiatic Society of G. B., I, pp. 147-48. L'auteur du Taj-ul-Maasir dit que Prithvîrâja s'enfuit du champ de bataille, mais fut pris près de Sirsûti et décapité (Taj-ul-Maasir, Elliot, II, pp. 296-97). Voir V. N. Rao : Ancient Hindu Dynasties en hindi), t. I, pp. 259-60.

1. Ajmer fut donnée à Golâ, ou Kola, fils naturel de Prithvîrâja. Firishta dit (Briggs, I, p. 178) : « Ensuite, sur la promesse d7 paiment régulier d'un gros tribut, il donna 1 contrée d'Ajmer à Golâ, un fils naturel de Prithvîrâja ».

Le Taj-ul-Maasir (Elliot, II, p. 214) parle du Kola (fils naturel), du Rai d'Ajmer. Il dit que le Rai fut fait prisonnier mais relâché peu après; il fut de nouveau compromis dans quelque intrigue et mis à mort (p. 215). Le même auteur dit encore (p. 219) qu'Hirâj (le nom correct est Hari Raj), frère du Rai d'Ajmer, s'était rebelle et avait dirigé son attention sur le siège du fort de Ranthambhor, et que le fils de Prithvîrâja, fort bien vu de la cour suprême, cou

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à Ghazna, en laissant la charge de ses nouvelles possessions à son fidèle lieutenant Qutb-ud-din Aibeck, lequel peu de temps après conquit Mirât (Meerut) Kol1 et Delhi, dont il fit le siège du gouvernement.

Conquête du Kanauj. — Delhi et Ajmer avaient été conquises et le pouvoir des Chohân anéanti, mais les Musulmans étaient loin d'être les maîtres de l'Hindoustan. Au delà de Delhi, au centre même du Doab, se trouvait la principauté du clan Rathor, dont le chef Jayachandra, à la célébrité historique et légendaire, eut la réputation d'un des princes les plus puissants de l'époque. Son domaine s'étendait, à l'est, jusqu'à Bénarès; et Kanauj, sa capitale occupait une position stratégique et politique de haute

rait le plus grave danger. Ceci a rapport à ce même fils du Rai, et confirme le renseignement de Firishta. Les Tabaqat-i-Nasiri (I, p. 458) écrivent Rai Kola. De son côté, Raverty dans sa note(n°6, I, p. 458) écrit Kola. Parlant de Prithrîrâja, il dit Rai Kola Pithaurâ était arrivé à portée de la main (p. 458-59). Ceci est incorrect.

1. Kol est situé près d'Aligarh. C'est une vieille forteresse qui existe encore (Elliot, II, 219-22). Ibn Batoûta, se trompant dans la lecture de l'inscription du Jâm-i-Masjid, a donné l'an 584 de l'hégire comme date de la conquête de Delhi (1188), mais c'est inexact. L'auteur des Tabaqat-i-Nasiri dit qu'Aibek mourut 20 ans après la conquête et la date de sa mort est donnée comme étant 607 de l'hégire (1210 ap J.-C). Edward Thomas dit que suivant le Taj-ul- Maasir, la date de la conquêtede Delhi est l'an 587 de l'hégire (1191- 92), cependant on ne la trouve pas dans le texte. Il est clair, d'après les Tabaqat-i-Nasiri, que Delhi fut conquise par Qutb-ud-din après la défaite de Pithaurâ, en 588 de l'hégire (1192-93). La date exacte doit être environ 589 de l'hégire. Firishta dit qu'en l'an 588 de l'hégire, Mohammed nomma Aibek généralissime de l'armée destinée à protéger ses conquêtes en Hindoustan. 11 prit le fort de Mirât et mit le siège devant Delhi, qui fut réduite, après une bataille vaillamment disputée. D'après le récit de Firishta, on peut placer cet événement vers la fin de l'an 588 de l'hégire.

Ibn Batoûta, édition de Paris, II, p. 161; Major Raverty, Tabaqat-i- Nasiri, I, p. 528; Edward Thomas, The Chronicles of Palhan Kings, p. 33; Carr Stephen, Archeology of Delhi, p. 36; Firishta, texte de Lucknow, p. 61.

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importance. Peut-être Jayachandra espéra-t-il devenir maître suprême de l'Hindoustan après la mort de Prithvîrâja; mais il fut cruellement déçu dans ses espérances. Pour que la souveraineté mahométane fut réellement établie, il fallait supprimer le pouvoir des Rathor. En 1194, le Sultan partit de Ghazna pour vaincre le raja de Kanauj. A la tête d'une armée considérable comprenant plus de 300 éléphants, le terrible Rathor entra lui-même en campagne. Il ne semble avoir organisé aucune ligne à opposer aux forces musulmanes; la défaite de Prithvîrâja avait probablement refroidi l'enthousiasme des Rajpoutes qui, autrement, se fussent rangés sous ses ordres. Les auteurs hindous ne donnent qu'un récit assez bref de cette campagne. Le Tadj-ul-Masir dit que le Sultan quitta Ghazna à la tête de 50.000 « hommes montés, revêtus d'armures et de cottes de mailles », et marcha contre le Rai de Bénarès, qui était fier de ses grandes forces et de ses éléphants de guerre. Il fut vaincu et tué et un butin énorme fut recueilli, y compris 300 éléphants. Ceci est confirmé par les Tabaqai-i-Nasiri qui disent qu'en l'an 590 de l'hégire (1193 av. J-C.) le Sultan partit de Ghazna pour Kanauj et Bénarès, et à proximité de la ville de Chandwar1, il défit Jayachandra et obtint de lui plus de 300 éléphants. Mais voici le bref exposé des faits : l'armée rajpoute campait dans la plaine entre Chandwar et Etawah, et

1. Quelques manuscrits écrivent Chandwar et d'autres Chandâwar. J e Major Raverty dit (ra6a<?af, I,p.470) que le seul endroit portant un nom similaire, à cette époque, et dans la direction indiquée, est celui qu'on nomme Chandpûr, et Chandanpur, dans le district de Farrukhabad, sur la route de Bareilly à Fafahgarh, 27° 27' de latitude, et 7b ° 42' de longitude. L'endroit était situé quelque part entre Kanauj et Etawah.

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dans la bataille qui eut lieu, l'avant-garde musulmane infligea aux Hindous une écrasante défaite, maLgié l'orgueil du chel pour ses troupes et ses éléphants de guerre. Jayaehandra fut blessé mortellement par une ilèche et tomba sur le sol. A ia points d'une épée, sa tête fut apportée au commandant et son corps « fut jeté dans la poussière du mépris ». L'armée royale marcha alors sur le fort d'Asnî1 où le Rai avait déposé ses trésors. Le Sultan prit la place... et n'oublia pas les trésors ■ — Bénarès fut l'objet de la prochaine attaque; l'armée de 1 Islam y «détruisit près de mille temples, et éleva des mosquées sur leurs fondations; la loi fut promulguée et des fondations religieuses établies. » Les aôptres zélés de l'Islam étaient fort coutumiers d'un tel vandalisme; la victoire leur enlevait toute espèce de scrupules, sanctifiait le meurtre, légalisait la spoliation, divinisait la destruction. Les chefs hindous vinrent rendre hommage et on frappa des pièces au nom du Sultan. Les Musulmans ne rencontrèrent aucune vraie résistance et s'emparèrent aisément du pays tout entier. Après cette déconfiture, les Gaharwârs émigrèrent au Rajpoutana où ils fondèrent la principauté de Jodhpur. Chargé des larcins de guerre et s'en remettant à Qutb-ud-din du gou-

1. Asnî ne peut être identifiée. Asnî est mentionnée par Outbi (Elliot, II, p. 47) comme un endroit possédant un fort entouré d'une jungle impénétrable, peuplée de serpents que nul enchanteur ne pouvait charmer, et si sombre qu'on n'y discernait même pas les rayons de la pleine lune. L'auteur de VEiawah Dislrict Gazetieer dit (p. 127) qu'Asnî est située plus à l'est que Kanauj; il est difficile de fixer avec exactitude l'emplacement du fort d'Asnî. Le Jamiut-tawarikh-i-Rashidi (Elliot, Historians, I, pp. 37-38) dit cependant qu'Asnî est située au sud-ouest de Kanauj, à une distance de 18 parasanges.

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vernement du pays, le Ghouride marcha sur Ko! et rentra à Ghazna.

La carrière de Qutb-ud-din en Hindoustan ne fut qu'une suite de triomphes. Le Rai d'Aimer, vassal de Ghazna, avait été chassé par Hari Hâj, nommé Hirâj dans le Taj-ul-Maasir, qui avait usurpé le trône. Le Rai sollicita l'aide de Qutb-uJ-din qui marcha contre lui à la tête d'une forte armée. L'usurpateur fut vaincu et tué et la contrée rendue au Rai, sur lequel cependant un gouverneur musulman exerçait son contrôle. D'Ajmer, Aibek dirigea ses forces contre Bhima Deva, raja de Nehrwala, qui, jadis, avait infligé une défaite à son maître. Il le vainquit à son tour et exigea de lui pleine réparation. Gwalior, Biyana, et d'autres villes encore, furent rapidement soumises par Qutb-ud-din, et forcées de reconnaître la suzeraineté de Ghazni.

Conquête du Béhar. — Mohammed ibn Bakhtiyar Khilji, général « sagace, intrépide et vaillant », dont la réputation militaire lui valut un vêtement d'honneur de la part de Qutb-ud-din, fit de la conquête du Bihar un simple jeu d'enfant. 11 en explora à diverses reprises les territoires; et vers 1197 probablement, à la tête d'un petit détachement de 200 cavaliers, attaqua définitivement la province. Par une astucieuse manœuvre, Mohammed conquit la forteresse et un immense butin. Le Bihar, grâce à la protection de la dynastie très bouddhiste des

1. Les Khiljis étaient des Turcs dont un certain nombre s'étaient installés à Garmsir, d'où ils vinrent en Hindoustan et entrèrent au service du Sultan Muizz-ud-din. On a fait de nombreuses suppositions sur l'origine des Khiljis, mais pratiquement, il suffira de savoir qu'ils étaient des Turcs-Afghans, venus chercher du travail en Hindoustan (voir chap. VIII).

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Pâla, était resté la seule province hindoue où le Bouddhisme fût encore en pleine vigueur. Ses adeptes avaient d'ailleurs perdu de vue le grand idéal du fondateur et se complaisaient dans le culte des images et une série de rites innombrables, en conflit avec le véritable esprit de foi. L'historien musulman qui fonde son récit sur l'information de deux témoins oculaires, ne fait aucune distinction entre les différentes classes d'infidèles et dit simplement que les habitants, Brahmanes tous rigoureusement tondus, furent mis à mort. C'étaient des moines bouddhistes vivant dans un monastère ou vihâra qui fut démoli par les envahisseurs, lesquels s'emparèrent des précieux livres de la bibliothèque et les dispersèrent1. Ce fut l'idolâtrie du Bouddhisme médiéval qui excita le zèle musulman, et ce qu'on voit encore des débris des vihâras et des stupas témoigne du vandalisme des Mahométans. L'invasion du Bihar fut fatale à la foi du Bouddha ; mais d'après une inscription de Vidyâdhara, datée Samvat 1276 (1219 ap. J.-Ç.), il semble que sa disparition du Nord de l'Inde, n'ait pas été totale2. Ayant pris possession du Bihar, et emportant avec lui un butin considérable, Mohammed se mit au service de Qutb-ud-din. Celui-ci, très satisfait des exploits de son général, lui fit remettre, en marque de confiance, une robe d'honneur, prise dans sa propre garde-robe.

1. L'auteur des Tabaqat-i-Nasiri raconte qu'il ne reste aucun Hindou vivant pour expliquer le contenu de ces livres. Mais à la phrase suivante il dit que quand ces livres furent lus, on découvrit que la forteresse était un collège que les Bouddhistes appelaient vihâra. Raverty, Tabaqat, I, p. 552.

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