Voir dans le texte, p. 210, le tableau des prix
Le grain devait être recueilli dans les greniers royaux, et dans les villages Khalsa du Doab, l'impôt se paya en nature et non en espèces. Grâce à l'abondance des approvisionnements en grain, Delhi fut à l'abri de disettes. Il fut interdit aux marchands de conserver une seule mesure de céréales et les tentatives de ventes à des prix surélevés furent sévèrement punies. Des amendes furent infligées aux receleurs de blé. Les marchands de toutes les provinces de l'empire durent se faire enregistrer dans un Daftar et se mettre sous la protection du Shahna-i-mandi. Toutes les caravanes furent placées sous la juridiction de l'intendant du marché et devaient avoir son agrément, s'il leur fallait contrevenir aux ordres de l'Etat. Dans le Doab, les taxes furent établies de manière que dans la province même, et sur un rayon de 100 kos, les paysans ne pussent pas seulement garder pour eux 10 manns de grain ils en arrivèrent à vendra la récolte sur place. Les officiers du Doab fournirent des garanties comme quoi personne ne cachait du grain chez soi. Les cultivateurs furent priés de vendre leurs produits là ou ils avaient poussé, et les officiers de l'Etat recueillirent les impôts d'articles tels que les tissus; le sucre, raffiné et autre, le beurre fondu et l'huile. Des espions et des agents secrets se chargèrent de rapporter au Sultan les tarifs du marché. Tous les négociants, qu'ils fussent Hindous et Musulmans, durent se faire enregistrer et s'engager formellement à apporter leurs marchandises au serai adl, espace libre à l'intérieur des portes de Badâon, où tout devait être exposé pour la vente. Les riches et respectables commerçants moultanis reçurent des avances du trésor royal pour leur permettre d'acheter en grandes quantités. Ce règlement
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général empêcha les marchands de faire, au marché, des emplettes à bon compte pour les revendre à la campagne à un tarif plus élevé.
Deux officiers surveillèrent le marché : le Diwanii-riyasai et le Shahna-i-mandi. Ces officiers apportèrent dans l'exercice de leurs fonctions la plus stricte honnêteté et régularité. Yaqub, le Shahna du marché faisait usage de son autorité dès que quelqu'un tentait d'enfreindre la loi de tarifs. Le marché aux bestiaux ne fut pas exempt de contrôle et le prix des bêtes baissa considérablement. Les chevaux de première classe s'obtinrent au prix de 100 à 120 iankâs, ceux de seconde classe de 80 à 90, et ceux de troisième classe de 65 à 70 iankâs, tandis que les petits poneys se vendaient de 10 à 25 iankâs. On eut une vache laitière pour 3 ou 4 iankâs et une chèvre pour 8, 10 ou 12 gitals. Le prix des esclaves et des servantes subit aussi une grosse baisse. La nonobservance des tarifs entraîna des châtiments sévères. Le Sultan chargeait ses esclaves de lui rapporter des denrées du marché telles que du pain, de la viande rôtie, du reori, du haliva, du yakhni, des melons, des concombres, etc., à leur retour tout était pesé et si le poids de la moindre chose n'était pas exact, il ordonnait alors que, pour compenser la différence, on enlevât au vendeur la quantité équivalente de sa propre chair1. Il arrivait souvent que des vendeurs peu scrupuleux fussent jetés hors de leurs boutiques. Il en résulta que toute la gent des bazars se soumit à un commerce honnête et en vint même à donner plus que la quantité fixée. Ces régularisations de tarifs remportèrent plein succès; Barani nous en donne