‹ Histoire du monde (volume 5)Chapitre 39 sur 135 · Qui régna ensuite sous le titre de Ghiyas-ud-din Tughlak · texte numérisé non relu

Qui régna ensuite sous le titre de Ghiyas-ud-din Tughlak

trésors de leurs coffres et les livra aux soldats de l'armée royale, pensant ainsi prévenir les séditions. Mais cette prodigalité fut vaine; les soldats, déjà gagnés à la cause de Ghâzî Malik acceptèrent l'or de Khusrau et refusèrent de servir sous sa bannière. L'usurpateur fit un dernier effort pour se sauver, les pauvres vestiges de l'armée de Delhi se défendirent contre l'ennemi, mais Khusrau s'enfuit du champ de bataille; il fut pris et décapité1. Ses adeptes furent poursuivis, rattrapés et punis comme ils le méritaient. Ghâzî Malik reçut les félicitations des nobles rassemblés qui lui offrirent les clefs du du palais. Le vieux chef recula devant le faix de la royauté et demanda s'il n'existait plus aucun des survivants d'Alauddin. Ses nobles répondirent négativement et se lamentèrent sur le triste état de l'empire dû certainement à un manque d'autorité. D'une seule voix, tous le supplièrent d'accepter la souveraineté, et décidèrent de le placer sur le trône. Zia Barani, chroniqueur orthodoxe, écrit avec exaltation : « L'Islam fut régénéré et une nouvelle vie commença. La voix des infidèles cessa d'être entendue. L'esprit des hommes fut satisfait et leur cœur contenté. Louange à Allah2. » L'élection d'un plébéien à la puissance royale fut une preuve indiscutable de l'esprit démocratique de l'Islam et renouvela ce principe mahométan du droit du plus capable qui domine toute l'administration musulmane aux Indes pendant le xme et le xive siècle.

1. Ibn Batoûta a relaté sa mort d'une manière différente, qui semble fondée sur des récits oraux. Il dit que Khusrau se cacha dans des jardins appartenant à, Malik Shadi, mais quand la faim l'en fit sortir il fut pris et amené devant le Ghâzî Malik qui le condamna à être décapité (Ibn Batoûta, édition de Paris, III, p. 207).

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