‹ Histoire du monde (volume 5)Chapitre 42 sur 135 · Barani, Tarikh-i-Firuz Shahi, Bibliolh. Ind., p · texte numérisé non relu

Barani, Tarikh-i-Firuz Shahi, Bibliolh. Ind., p

venir l'éclosion d'une armée de faux-monnayeurs. Elphinstone dit que l'insuccès de la circulation des jetons fut due à l'insolvabilité du roi et à l'instabilité de son gouvernement, mais cette accusation n'est corroborée par aucun fait, car le Sultan retira immédiatement toutes les pièces nouvellement lancées, et son crédit n'en fut point ébranlé. Mr. Gardner Brown a attribué ce trouble des cours au manque d'argent, universel au xive siècle. En Angleterre, vers 135, sous le règne d'Edouard III, les pièces étaient fort rares, et il eut à prendre des dispositions pour empêcher l'exportation des matières d'or ou d'argent sans une permission spéciale. D'autres pays furent en proie aux mêmes difficultés. Peu après son avènement, Mohammed Tughluq inaugura un dinar d'or de 200 grains et un adali, ou pièce d'argent de 140 grains pour remplacer les tankâs d'or et d'argent qui avaient été employés jusque-là et pesaient chacun 175 grains. L'introduction du dinar d'or et la réapparition de Vadali prouve l'abondance de l'or et la rareté relative de l'argent dans le pays. Les butins rapportés du Deccan par Kâfûr consistaient, pour la plus grande partie, en joyaux et en or, et c'est ce qui fit baisser la valeur de l'or. Après la mort du Sultan Mohammed, l'argent était encore très rare. Il n'a été découvert seulement que trois pièces d'argent de Firuz, et Thomas ne mentionne que deux pièces de Mohammed ibn Firuz, une de Mohammed ibn Farid et aucune d'Alam Shah et de ses successeurs de la dynastie de Lodi. Ce n'est qu'au xvie siècle que furent frappé un grand nombre de pièces d'argent, à l'hôtel des monnaies de Sher Shah Suri et de ses

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successeurs1. A propos de l'insuccès de cette innovation, Edward Thomas fait très justement observer qu' « il n'y eut point de combinaison spéciale permettant de distinguer les produits delà frappe royale et le travail manuel d'artisans peu expérimentés. A l'encontre des précautions prises pour prévenir l'imitation des marques de papier chinois il n'y eut, positivement, aucun contrôle sur l'authenticité des jetons de cuivre, et aucune limite à la puissance de production de la foule.

Caractère libéral de l'administration. - — Mohammed Tughluq adopta une politique qui heurtait tous les préjugés chers à l'école orthodoxe. Aux quatre taxes légales2 prescrites par le Coran, il en ajouta d'autres, et respecta plus qu'aucun de ses prédécesseurs, les susceptibilités des Hindous. Il ne fut pas le bigot stupide qu'était son cousin Firuz; son instruction avait élargi ses horizons, et ses entretiens avec des philosophes et des rationalistes avaient développé en lui l'esprit de tolérance pour lequel on fait i'éloge d'Akbar. Il donna à quelques sages de hautes positions dans l'Etat3, et comme plus tard, le grand Akbar, il essaya de supprimer l'horrible usage du sati. Les Etats rajpoutes indépendants ne furent point inquiétés, car le Sultan savait qu'il eût été impossible de garder définitivement des places

1. Mr. Ishwari Prasad a considérablement modifié les points de vue exposés à ce sujet dans la première édition de cet ouvrage. Son travail sur les Turcs Qaraunâs aux Indes, en fournit toutes les explications.

2. Les quatre taxes légales sont : le Kharâj, la Zakâl, la D, eziijâ et le Khams.

3. Ibn Batoûta parle d'un Ratan hindou qui fut au service du Sultan. Il loue son expérience des finances (Ibn Batoûta, édition de Paris, III, pp. 105-106).

fortes telles que Chittor et Ranthambor. Cette politique ne fut guère appréciée par le parti clérical. A l'exemple d'Alauddin, il se réserva pour luimême quatre cinquièmes du pillage, abandonnant le reste aux soldats. Mais il vexa profondément les juristes en leur enlevant le monopole de l'administration de la justice. Son amour de l'équité était si grand qu'il vérifiait lui-même les moindres détails de l'administration judiciaire3, et acceptait avec soumission les jugements que les cours rendaient contre lui.

Il fut. en personne, la suprême Cour d'appel, et quand son jugement différait de celui des muftis, il rejetait leur opinion et faisait prévaloir la sienne. Pour restreindre l'influence du parti orthodoxe, il investit du pouvoir judiciaire quelques-uns des officiers de l'Etat, quoiqu'ils ne fussent ni Qazis, ni Muftis, ni juristes de profession. Le frère du Sultan. Mubarak Khan, siégea avec le Qazi au Diwankkana pour décider des cas. Il occupait le poste de Mîrdâd. dont l'office consistait à présenter à la cour quelque émir ou quelque grand, contre lequel une plainte avait été déposée et qui était trop puissant pour être jugé par le Qazi. Il punit sévèrement des membres de l'ordre sacerdotal pour avoir trahi, détourné des fonds religieux, ou s'être révoltés ouvertement. Cette justice inflexible fut la raison de sa condamnation par la classe des prêtres qui ne pouvait tolérer un souverain assez impie pour oser mettre la main sur des cheikhs et des sayyids, considérés jusque-là comme des êtres sacrés, par

1. Ibn Batoûta, édition de Paris, III, pp. 285-86; Ranking, Al- Badâonl, I, pp. 317-18. Badâonî donne une relation détaillée de la manière dont le Sultan administrait la justice.

tous les gouverneurs musulmans. Ni rang, ni naissance ne pouvaient épargner au coupable le châtiment que sa faute méritait; c'est pourquoi Ibn Batoûta qui avait visité bien des pays et vu beaucoup d'hommes et de choses, se rappela ses verdicts quand il fut dans son pays, et dit du Sultan : « De tous les hommes, ce roi est le plus humble, et de tous les hommes, c'est lui qui aime le mieux la justice ».

La prodigalité du Sultan dépasse toute imagination. Quiconque venait lui présenter ses respects s'en retournait chargé de présents et depuis que le Sultan donnait de riches récompenses, cette pratique était devenue très commune. Il fut institué un département spécial : celui des présents. Ceux qui avaient la chance de gagner la faveur royale recevaient le khall-i-khurd, qui contenait l'ordre que le porteur toucherait du trésor royal, après due identification, la somme indiquée. Ce khail, ou lettre, était signé et contre-signée par plusieurs officiers avant que le payement ne fût effectué. L'Etat entretenait aussi un département industriel, et l'auteur des Masâlik dit que le Sultan possédait une manufacture dans laquelle 4.000 tisseurs de soie travaillaient à préparer des étoffes pour toutes sortes de costumes destinés aux émirs et aux officiers de la cour. Il y avait en outre 4.000 fabricants de tissus d'or qui préparaient des brocards d'or à l'usage des dames du palais et des femmes des no blés.

Projets de conquêtes du Sultan. ■ — L'énergie du Sultan se manifesta non seulement dans l'organisation de l'administration civile, mais aussi dans

l'élaboration de plans grandioses de conquêtes. Au commencement de son règne, quelques nobles du Khorassan qui étaient venus chercher refuge à sa cour, lui conseillèrent de tenter l'invasion de leur pays- Ce projet n'était pas dénué de bon sens; la condition du Khorassan, sous le gouvernement d'un souverain dégénéré, Abu Saîd, le justifiait. Abu Saîd était encore mineur, quand il monta sur le trône; les affaires de l'Etat furent confiées à Amir Choban, noble très influent, qui avait acquis dans le palais la position de majordome. Mais la tutelle d'Amir Choban irritait le jeune souverain, et quand il s'opposa à son mariage avec sa fille, de laquelle Abu Saîd était passionnément épris, il fut pris et étranglé par ses ordres. La mort de Choban bouleversa la Perse et encouragea le chef Chaghatâî, Termeshirîn, et le souverain d'Egypte, à menacer les frontières orientales et occidentales de l'empire persan. Mohammed Tughluq, qui avait noué de bonnes relations avec le souverain d'Egypte, rassembla une armée de 370.000 hommes, dont chaque soldat avait reçu sa solde pour toute une année, prélevée sur le trésor royal. Mais plusieurs raisons firent échouer cet ambitieux projet. En premier lieu, le Sultan égyptien qui s'était allié à Abu Saîd refusa de prêter assistance. Deuxièmement, le souverain chinois ne voulut pas entendre parler d'augmenter la puissance du chef Chaghatâî qui pouvait devenir un voisin dangereux. Troisièmement la déposition de Termeshirîn par ses nobles rebelles écarta un grand danger de la frontière orientale de la Perse, et diminua les difficultés d'Abu Saîd; En outre, il était extrêmement difficile de mobiliser une grande armée pour traverser l'Hindou-Kouch

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et ariver dans un pays où il n'eût point été aisé de la ravitailler. L'expédition n'avait pas grandes chances de succès. Jusque-là, les musulmans avaient toujours résisté aux Hindous désunis, mais quant à se mesurer avec leurs coreligionnaires, dans leur propre pays, c'était une entreprise au-dessus des forces de l'armée de Delhi, à cette époque. Mohammed fit preuve d'une grande sagesse en abandonnant ce projet pour concentrer sur l'Inde toute son attention.

Un autre plan, l'expédition dite de Chine, nuisit à l'influence du Sultan,. Tous les historiens modernes de l'Inde, suivant l'exemple de Firishta ont commis l'erreur de supposer que cette expédition était dirigée contre la Chine1. Mais Barani. le chroniqueur contemporain dit que le dessein du Sultan était de conquérir les montagnes de Qarâchal ou Qarâjal, qui sont situées entre les territoires du Hind et la Chine2. Ibn Batoûtâ dit clairement que cette expédition fut dirigée contre le mont Qarâjal, situé à une distance de dix étapes de Delhi3. Ceci montre que les montagnes étaient l'Himâhal (Himalaya) qui forme une barrière infranchissble entre la Chine et l'Inde. L'expédition était certainement dirigée contre un chef rebeUe des montagnes

1. Briggs, Firishta, I, p. 416. Elphinstone, History of India, p. 376. Firishta écrit : « Ayant entendu parler de la grande opulence de la Chine, Mohammed Tughluq conçut l'idée de soumettre cet empire; mais afin d'accomplir ce projet, il considéra d'abord comme nécessaire de conquérir les contrées de l'Himâchal ». Il dit plus loin que les nobles et les conseillers du roi essayèrent de le convaincre de la futilité du projet, mais ils n'y réussirent point. L'attestation de Barani a, naturellement, plus de valeur; Ibn Batoûta l'appuie.

2. Barani, Tarikh-i-Firuz Shahi, Biblioth. Ind., p. 477; Ibn Batoûta, édition de Paris, III, p. 325.

3. Il s'agit ici des monts Himalayas. Ibn Batoûta dit que c'est, en longueur, un voyage de trois mois.

qui avait refusé de reconnaître la suzeraineté de Delhi. La première attaque des impérialistes fut un succès, mais quand arriva la saison des pluies, les troupes se démoralisèrent, et il devint impossible d'obtenir des vivres pour les quartiers généraux. L'armée eut beaucoup à souffrir; tous ses bagages furent pillés par de sauvages montagnards. Dix cavaliers seulement revinrent pour raconter cet horrible désastre. Cependant le but de l'expédition était réalisé; le prince des montagnes fit la paix avec le Sultan et paya tribut, car il lui était désormais impossible de cultiver les terrains bas, aux pieds des montagnes, sans reconnaître l'autorité du souverain de Delhi, du royaume duquel ils formaient une partie.

Les désordres du règne. . — La révolte d'Ahsan Shah. — La première décade du règne de Mohammed Tughluq fut une période de tranquillité relative; mais à partir de l'année 1335 ap. J.-C, sa chance semble décliner. Sa politique sévère pendant les dernières années de sa vie en est partiellement la cause, avec la famine qui continua à ravager le pays pendant plusieurs années et provoqua d'épouvantables souffrances dans tout l'Hindoustan. Quand le revenu public, soutien principal de l'administration, diminua, des émeutes éclatèrent de toutes parts. La première revoie importante fut celle de Jalal-ud-din Ahsan Shah, à Mabar, en 1335 ap. J.-C.1. Quoique Delhi fut dans des conditions dé-

1. La date 1338-39 que donne Smith à la page 242 de son Oxford History of India est inexacte.

Ahsan Shah se révolta en 1335. Il commença cette année-là à frapper monnaie à titre de souverain indépendant. E. Hultzsch, qui a examiné ces pièces avec attention, place la révolte en 1335 ap. J.-C. (J. B. A. S., 1909, pp. 667-83).

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plorables par suite de la famine et de l'anarchie qui régnait dans son voisinage, le Sultan marcha en personne à la rencontre des rebelles; mais quand il atteignit Telingana, le choléra éclata et emporta ses soldats. Des circonstances imprévues l'obligèrent à abandonner l'expédition contre Ahsan Shah, et celui-ci devint officiellement un souverain indépendant.

Révoltes du Bengale. ■ — Le Bengale n'était plus un loyal apanage pour l'empire de Delhi, depuis l'époque de Mohammed, fils de Bakhtiyar. Fakhrud-din, porte-armure de Qadr Khan, le gouverneur de Lakhnauti, assassina son maître et usurpa ses terres, en l'an 737-38 de l'hégire (1337 ap. J.-C.). Profitant de la confusion qui régnait dans les affaires du royaume de Delhi, il se fit proclamer gouverneur indépendant du Bengale et frappa monnaie en son propre nom. L'empereur, fort occupé dans d'autres parties de ses vastes possessions, n'eut guère les loisirs de prêter attention à cet usurpateur. Fakhr ud-din, ne trouvant pas d'opposition de son côté, n'eut donc pas grand mal à vaincre ses ennemis locaux. Il eut bientôt soumis toute la contrée, qu'il gouverna avec énergie et sagesse; lbn Batoûta le décrit comme un souverain capable, qui aimait à s'entourer d'hommes pieux et dépensait charitablement des sommes considérables. Le Bengale prospéra sous son règne, les conditions économiques étant si avantageuses que le peuple vivait à l'aise et dans le confort. Les aliments et autres articles furent vendus à très bas prix et les Persans dirent en parlant du Bengale : « C'est un enfer pavé de bonnes choses1 ».

1. Ibn Batoûta, édition de Paris, IV, pp. 211-12; Yule, Travels of Marco Polo, pp. 79-80.

Révolte d' Ain-ul-Mulk (1340 ap. J.-C). — La révolte du Bengale fut suivie d'autres rébellions de moindre importance. La plus importante de toutes fut celle d'Ain-ul-Mulk, gouverneur d'Oude et de Zafarabad, qui éclata en 1340-41. Ain-ul-Mulk était un noble distingué, qui avait rendu de grands services à l'Etat et dont la faveur était grande à la cour. Quand le Sultan, à cause de la famine, transporta sa cour à Saragdwari dans le district de Farrukhabad, Ain-ul-Mulk et ses frères lui rendirent service en tempérant la sévérité du fléau. Un manque de prévoyance extraordinaire de la part du Sultan révolta le fidèle gouverneur. Ayant entendu parler de l 'in conduite de certains officiers du Deccan. le Sultan nomma Ain-ul-Mulk gouverneur de cette contrée et lui ordonna de s'y rendre immédiatement avec sa famille et sa suite. Cet ordre péremptoire surprit le Malik; les personnes qui étaient venues chercher à Oude et à Zafarabad un abri contre la colère du Sultan, lui versèrent à l'oreille le fiel de la médisance. Tout à coup. Ain-ul-Mulk, qui flairait le danger, se révolta, et s'empara avec ses frères de tout le bagage royal qui était confié à sa garde. Le Sultan fut atterré à l'annonce de cette nouvelle mais il prit immédiatement les mesures nécessaires pour assurer ses forces. Il s'inquiéta particulièrement du moral de l'armée et dirigea les opérations en personne. Après un long et terrible combat. Ain-ul-Mulk fut défait et amené prisonnier au camp du roi. Ses complices furent cruellement mis à mort, mais lui-môme reçut son pardon en reconnaissance de ses services passés et nommé surintendant des jardins royaux.

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Le brigandage dans le Sind. > — Le destin ne de vait laisser aucun répit à ce monarque infortuné. Il n'avait pas apaisé une révolte dans une partie de son royaume que des troubles plus graves éclataient d'un autre côté. Les mécontents, les hors la loi, tous ceux qui vivaient en marge de la société, se réunirent en bandes organisées en vue du pillage et du brigandage. Le mal sévissait surtout dans le Sind. Le Sultan s'y transporta avec ses armées et dispersa les bandits. Leurs chefs furent faits prisonniers et contraints d'embrasser l'Islamisme. Vers la fin de l'année 1342, la tranquillité était rétablie en Hindoustan, mais peu après le Deccan s'agita de manière inquiétante; les émeutes prirent des proportions fantastiques, et le Sultan se trouva impuissant à étouffer la révolte par ses propres moyens.

Le Deccan. - — Le Deccan tout entier n'était qu'une ruche de conspirations et d'intrigues. Mohammed, au commencement de son règne, avait soumis avec succès des provinces lointaines telles que Mabar, Harangal et Dvârsamudra, et son empire embrassait presque tout le Deccan. Cependant, en 1335, Mabar se déclara principauté indépendante, et en 1336, Hari Kara et son frère Bukka fondèrent le royaume de Vijayanagar en signe de protestation contre le pouvoir musulman (il en sera parlé plus tard)- En 1344, Kanya Nâik ou Krishna Nayak, fils de Pratap Rudra Deva, organisa une confédération de tous les Hindous du Sud.Barani, relatant la révolte de Sahu Afghan, écrit : « Pendant que ceci se passait, une révolte éclata parmi les Hindous de Harangal. Kanya Nâik avait rassemblé

des forces dans son pays, Malik Maqbul, le vizir Nâib, s'enfuit à Delu, les Hindous prirent possession d'Harangal, qui fut ainsi complètement perdue. Vers la même c'poque, l'un des parents de Kanya Nâik, que le Sultan avait envoyé à Kambala, renia l'Islam et fomenta une révolte. Ainsi, le pays de Kambala fut aussi perdu et tomba aux mains des Hindous; seuls, restaient en sécurité le Devagir et le Gujarat1. La grande révolte du Deccan commença et grâce aux efforts de Ballala IV, Hari Hara et Krishna Nayak, suivis de bien d'autres chefs de moindre importance, se termina par la disparition de la puissance musulmane à Harangal à Dvârsamudra et dans la contrée longeant la côte de Coromandel. La chute des Hoysalas, en 1346 ap. J.-G. permit à Hari Hara d'établir son pouvoir sur des bases solides, et dès lors Vijayanagar devint un des premiers Etats du Sud et un rempart contre les incursions musulmanes venant du nord.

Il ne restait à Mohammed Tughluq que Devagir et le Gujarat. Ses nombreux insuccès avaient aigri son caractère; il avait perdu cette somme de sympathie humaine sans laquelle toute conciliation avec des êtres hostiles est impossible. 11 priva de son office Qutlugh Khan, le vieux gouverneur du Devagir, et nomma son frère à sa place « — mesure qui mécontenta le pays* Les revenus s'amoindrirent et les officiers se mirent à extorquer au pauvre paysan hindou de l'argent pour eux-mêmes. Le rappel de Qutlugh Khan fut suivi d'une nouvelle faute : le

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