Thomas, The Chronicles of Pathan Kings, p
2. Firishta, texte de Lucknow, p. 151; Elliot, III, pp. 383-84.
3. Shams-i-Siraj Afif, Tarikh-i- Firuz Shahi, Bibliolh. Jnd., p. 333. Firishta énumère 845 monuments publics élevés sous le règne de Firuz. Firuz lui-même en nomme quelques-uns dans ses Futuhâti-Firuz Shahi (Shams-i-Siraj Afif, Tarikh-i- Firuz Shahi, Bibliolh. Ind., pp. 329-333). La liste des monuments publics élevés ou réparés par Firuz, se trouve dans Thomas, Chronicles of Ihe Pathan Kings, pp. 290-91; elle se trouve aussi dans le Tarikh-i- Firuz Shahi d'Afif, ainsi que dans les Fuluhât-i- Firuz Shahi, une sorte de mémoire autobiographique dû à Firuz lui-même (Elliot. III, pp. 354, 355. 383, 385).
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Le Sultan fut un grand jardinier. Il fit renaître 30 vieux jardins du temps d'Alauddin et en dessina 1.200 nouveaux dans les environs de Delhi. Des vergers et des jardins en grand nombre s'étendirent un peu partout et rapportèrent à l'Etat de grosses rentes; de grands espaces de terrains abandonnés furent cultivés, et quoique l'empire eût diminué d'étendue, ses revenus augmentèrent de plusieurs millions.
Firuz s'intéressa à la conservation des monuments anciens; il fit transporter dans sa nouvelle cité deux monolithes d'Açoka; de savants brahmanes vinrent traduire les inscriptions de piliers, mais il ne réussirent point à déchiffrer ce langage totalement différent de celui qui leur était familier. Quelquesuns d'entre eux essayèrent de satisfaire le Sultan en racontant qu'il était dit dans les inscriptions que personne ne saurait déplacer les monolithes avant l'arrivée de Firuz1.
Progrès de V instruction. — En souverain pieux et bienfaisant, le Sultan favorisa les progrès de l'instruction; il protégea les cheikhs et les savants, leur accordant toujours l'accueil le plus affable dans son
1. L'un des monolithes était un pilier de pierre d'une hauteur de 42 pieds 7 pouces, dont les 35 pieds de la partie supérieure étaient polis et le reste brut. Le second était un pilier de fer d'une hauteur égale au pilier de pierre. Originairement, ils s'élevaient tous deux aux environs de Meerut et leur transport s'effectua à grand' peine (Carr Stephen, Archeology of Delhi, pp. 142-143.
Les pandits que le Sultan consulta doivent avoir été, suivant Edward Thomas, singulièrement bornés ou volontairement réticents, car ils auraient dû être capables de lire les inscriptions de Bisala Deva, roi de Sâkhambari, datées 1163 ap. J.-C, écrites en sanscrit et en caractères Devanagaris. Elles relatent les victoires de Bisala Deva, célèbre prince Chohân qui régna sur la contrée située entre les monts Himalayas et Vindhyas. Voir chapitre I de ce livre. Carr Stephen, Archaeology of Delhi, pp. 137-138.
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Palais des Raisins. Il leur distribuait des pensions et fit de l'encouragement universel à l'instruction, une des clauses de sa politique intérieure. Grand amateur de travaux historiques, les œuvres de Zia Barani et de Shams-i-Siraj, outre d'autres ouvrages juridiques ou théologiques furent écrits sous son règne1. Il fonda de nombreux collèges et monastères où des hommes se vouaient à l'étude et à la méditation; chaque collège était pourvu d'une mosquée. Parmi les professeurs de ces institutions, deux surtout étaient universellement connus et estimés; l'un était Maulana Sabah-ud-din Rûmi qui donnait des conférences sur la théologie et le droit islamique, et l'autre était un célèbre prédicateur de Samarkand. Comme l'évêque Saufranc et ses élèves dans le parloir d'Avranches et les moines de Bec et de Gaen, ces érudits musulmans se vouaient à l'étude de la théologie, et ils devinrent de par leur étroitesse d'esprit les champions les plus intransigeants de l'orthodoxie.
1. Le Sultan fut un grand protecteur de l'instruction. Après la conquête de Nagarkot, où une vaste bibliothèque tomba entre ses mains, il fit traduire plusieurs ouvrages du sanscrit en persan. L'un d'eux était les Dalâyl-i-Firuz Shahi. Barani écrivit son histoire sous son règne et dédia à Firuz Shah sa traduction des Akhbar Barmakiyan de l'arabe en persan. Citons encore comme ouvrages importants de l'époque, es Falwa-i-J ahandari de Zia Barani et le Fikh-i-Fimz Shahi dont l'auteur est inconnu. Tous deux sont cités dans VIndia Office Catalogue of Persian Mss., p. 1377. Le Sirat-i-Firuz Shahi fut aussi composé sous son règne. Firuz bâtit de nombreux collèges. Les Maasiri-i-Rahimi d'Abdul Baqi relatent qu'il fit construire 50 madrasas; Firishta et Nizam-ud-din parlent de 30 seulement et SubhanRai Khattri confirme ce nombre dans son Khulasal-ut-tawarik. Firuz parle de ces institutions dans ses Futûhât. La Madrasa de Firuzabad fut dotée largement et surpassa de beaucoup les autres madrasas de l'époque. Le Mulawalli de la madrasa fut Yusuf ibn Jamal, qui mourut en 1388 ap. J.-C et fut enterré dans la cour du collège. Pour une description de cette madrasa dite de Firuz Shahi voir le Tarikh-i- Firuz Shahi {Bibliolh. Ind., p. 562-66) de Barani.
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La cour et la maison royale. — Il y eut encore un grand nombre de nouvelles institutions qui ne seront que brièvement citées ici. Quoique la piété du Sultan lui interdît tout déploiement trop fastueux de sa splendeur royale, il devait maintenir la grandeur traditionnelle de la cour. Certainement sa cour ne pouvait rivaliser de magnificence avec celle de ses prédécesseurs; elle n'était pas non plus le rendez-vous de tout le monde musulman; mais Shams-i-Siraj Afif, qui en était un assidu, fait une brillante description du Darbar à l'occasion du Id et du Shabrât, alors que le palais de Firuzabad était artistiquement décoré et que les courtisans, couverts de joyaux et drapés dans de somptueuses étoffes, jouissaient des nombreux divertissements offerts par la générosité du Sultan. Des hommes de toutes classes, Hindous et musulmans, vinrent de partout prendre part à ces festivités. Les divers établissements de la maison royale, connus sous le nom de karkhanas, avaient chacun leur fonction spéciale et étaient desservis par un état-major régulier d'officiers. Chaque karkhana était pourvu d'un département financier, où se tenaient les comptes qui étaient soumis finalement au Diwan-i-Wizarai, (ministère royal des finances). Les comptes des fiefs assignés à ces établissements devaient être présentés chaque année et étaient examinés avec attention.
A tous les yeux le mécanisme administratif semblait en excellent état; ni révoltes sérieuses, ni famines ne vinrent s'interposer aux réformes de Firuz. Mais la clémence et la douceur du Sultan, principes fondamentaux de sa politique, contribuèrent pour une grande part à l'impuissance de son gouvernement. La communauté musulmane se démoralisa; les hommes ne furent plus aussi prompts à la bataille
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et aptes à la guerre; les descendants d'anciens Khans et Maliks n'ambitionnèrent plus la gloire du soldat ou du général, ils dégénérèrent en misérables chercheurs d'emplois.
Khan-i-Jahan Maqbûl. — Aucune relation du règne de Firuz ne saurait être complète sans une mention de Khan-i-Jahan Maqbûl, son très remarquable ministre. Hindou de naissance, originaire du Telingana, tardivement il embrassa l'Islamisme. Il servit sous Mohammed Tughluq, lequel, frappé de ses talents et de son esprit pratique, lui confia le fief de Moultan. Quand Firuz monta sur le trône, Maqbûl fut élevé à la situation de premier de l'empire, après que la place eût été laissée vacante par la mort d'Ahmad ibn Ayaz. Lorsque le Sultan s'absentait pour de lointaines expéditions, il laissa la charge de la capitale à son ministre, qui s'en acquittait si bien que la longue absence du Sultan n'affectait en rien l'administation. Quoique grand homme d'Etat, se consacrant aux affaires du gouvernement, le ministre n'en était pas moins sensible aux plaisirs du harem, comme, à cette époque, tout homme de son rang. On dit qu'il eut 2.000 femmes de différentes nationalités dns son sérail et un grand nombre d'enfants, qui tous, furent généreusement entretenus par l'Etat. Le Khan-i-Jahan vécut jusqu'à un âge avancé; quand il mourut, en 1370, son fils Jûnâ Shah, qui était né à Moultan, sous le règne de Mohammed Tughluq, lui succéda dans son office et le titre dont le père avait si longtemps joui fut conféré au fils5.
1. Shams-i-Siraj Afif dit que Khan-i-Jahan mourut en 770 de l'hégire (1368 ap. J.-C.) et que son fils lui succéda, mais il dit autre part qu'il était encore vivant l'an 772 de l'hégire (1370 de J.-C);
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Les derniers jours de Firuz. — Les derniers jours de Firuz furent assombris par des tristesses et des inquiétudes, et l'heureux calme de sa vie fut troublé par des luttes de partis. Les infirmités de la vieillesse l'avaient obligé à déléguer ses pouvoirs au ministre Khan-i-Jahan, mois l'orgueil et l'insolence de ce dernier scandalisèrent la vieille noblesse. Afin d'écarter de sa route le Prince Mohammed, le ministre avertit le Sultan que le Prince s'était joint à une conspiration formée par quelques nobles et menaçant sa vie. Le rusé ministre se joua si adroitement des craintes du faible Firuz, qu'il obtint immédiatement la permission d'arrêter les conspirateurs. Mais le Prince était trop intelligent pour être dupe, avec adresse il déjoua les plans audacieux de son adversaire. Ayant obtenu pour ses femmes l'autorisation de visiter le harem royal, il boucla son armure et s'introduisit dans l'un des palanquins. Sa présence imprévue sema l'effroi parmi les dames du sérail, mais avant qu'il ne lui fût fait aucun mal, il se jeta aux pieds de son père; implorant son pardon et dévoilant la ruse du ministre. Il obtint carte blanche pour l'arrestation du ministre, mais celui ayant eu vent de l'affaire s'était enfui vers Mewat; le Prince
cette dernière date est exacte. Elle est confirmée par une inscription sur la « Mosquée noire », près de la tombe du Cheikh Nizam-ud-din Auliâ, dans laquelle l'entrée en fonction du fils est datée de l'an 772 de l'hégire (1370 ap. J.-C). Khan-i-Jahan fut l'un des favoris du Rai de Telingana. Le Rai étant mort sur le chemin de Delhi, Khani-Jahan, qui s'appelait Kuttu ou Kunnu, embrassa l'Islam sous le nom de Maqbûl, en présence du Sultan Mohammad. Il prit l'habitude de signer ses lettres : « Maqbûl, esclave de Mohammed Tughluq ». Quoique illettré, il fut un sage. Sous le règne de Mohammed, son importance politique fut très grande. Sous Firuz il devint Yalier ego du Sultan, et régla les affaires de l'Etat avec une habileté consommée.
bénéficia de la faveur royale et le Sultan eut l'heureuse idée de le déclarer héritier du trône. Sûr d'une position bien acquise, le Prince s'adonna aux plaisirs des sens, malgré les bons conseils des fidèles officiers de la couronne; il procura de l'avancement à de simples laquais et disgracia les vétérans expérimentés et loyaux. Il s'éleva une sérieuse opposition contre lui, les membres des partis rivaux se battirent avec fureur, et la contrée fut en proie à toutes les horreurs de la guerre civile. Les nobles cherchèrent refuge auprès du vieux Sultan; son apparition eut un effet magique sur les troupes hostiles. Le prince s'enfuit vers les collines de Sirmur et l'ordre fut promptement rétabli. Une fois de plus, Firuz assuma les responsabilités de la souveraineté, mais son grand âge le le rendit incapable de s'acquitter convenablement des devoirs royaux. Le dernier acte de sa vie publique fut l'imposition des insignes de la royauté sur son petit-fils Tughluq Shah ibn Fatah Khan, auquel il délégua son autorité. Le Sultan mourut peu de temps après, âgé de 90 ans, pendant le Ramadan de l'an 790 de l'hégire (octobre 1388). Sa mort fut suivie d'une lutte acharnée dans laquelle les princes et les partis rivaux se disputèrent le pouvoir.