Stein, Râjalarangini, vol. I, Book V, pp
4 HISTOIRE DE L'iNDE AU MOYEN-AGE
sur ses ennemis qui furent massacrés et dont les familles furent exterminées.
Quoique triomphante, Diddâ se trouva bientôt plongée dans les sables mouvants des intrigues et des luttes de partis. Elle perdit pied avec ses nobles et ses chefs et dut se servir de moyens peu scrupuleux pour réduire leur opposition. La chance la favorisa et toute sa vie elle tint le Cachemire en un ferme étau. Après sa mort qui advint en 1003 ap. J:C. le trône passa à son neveu Udayarâja, le souverain de Lohara, et ceci marque l'origine de la dynastie Lohara. Cette dynastie se distingua en Harsha (1089-1101 ap. J.-C.) dont le caractère est fidèlement décrit par Kalhana et retracé par sir Aurel Stein en ces mots : « Cruauté et bonté de cœur, libéralité et avarice, violente opiniâtreté, paresse, nonchalance, subtilité et manque de jugement • — ceux-ci et d'autres traits, apparemment inconciliables, de son caractère se contredisent tour à tour dans la vie agitée de Harsha. Kalhana a touché le point sensible dans la personnalité de Harsha, quand il insiste sur la manière excessive dont toutes ces qualités s'affirment. D'après le rapport de Kalhana sur le règne et le caractère de Harsha, un philosophe moderne en rassemblerait les indications incontestables d'un état d'esprit maladif; lequel, vers la fin de la vie du roi, se manifeste sous la forme d'une sorte de demeniia imperatoria1. »
Harsha fut un tyran. Il pilla les richesses des temples et son iconoclasme fut une grande cause de mécontentement dans le pays. Des impôts nouveaux et opprimants furent projetés et sa mauvaise ingé-