‹ Histoire du monde (volume 5)Chapitre 6 sur 135 · Stein, Rajatarangini, vol. 1, Introduction, p · texte numérisé non relu

Stein, Rajatarangini, vol. 1, Introduction, p

niosité lui inspira pour le prélèvement d'une taxe sur les profanations nocturnes. Toutes sortes d'excès furent commis, et les chroniques parlent des « nombreux actes d'incestes qu'il commit avec ses propres sœurs et les veuves de son père », Un monstre tel que lui ne pouvait pas régner longtemps en paix; un vent de lèse-majesté se leva sur le pays. Il fut attaqué et son palais brûlé. Toutes ses tentatives de fuite furent vaines; il fut capturé et tué en 1101 ap.J.-G. Après la mort deHarsha, la seconde dynastie Lohara s'éleva au pouvoir, mais son histoire est relativement insignifiante.

Au xive siècle, les musulmans usurpèrent le pouvoir, et en 1339, Shah Mir, puissant aventurier du Nord, détrôna la reine Kotâ, veuve du dernier gouverneur Hindou, et fonda une nouvelle dynastie. « L'Islamisme, écrit sir Aurel Stein, ne changea pas, de prime abord, les conditions politiques et économiques du Cachemire. Les Brahmanes furent désignés pour les hautes fonctions et on leur confia les travaux d'administration. » La dynastie produisit quelques souverains fort capables, mais sa puissance déclina peu à peu et le pays fut morcelé par les partis rivaux. Ceci donna aux Mongols l'occasion d'entreprendre sa conquête. Mirzâ Haider Dughlat, le célèbre auteur du Tarikhi-Rashidi, prit le Cachemire sous son contrôle, cependant il dut l'abandonner pour d'autres engagements. Il reprit possession de la vallée en 1540 et régna alors au nom de l'empereur Mongol jusqu'à sa mort en 1551. Sa mort plongea le pays dans le désordre et les partis rivaux déchaînèrent leurs rois, pantins sans pouvoir, pour établir un gouvernement définitif. Cet état de choses prit fin quand la vallée fut incorporée à l'empire mongol par Akbar en 1586.

Kanauj — Le premier royaume d'importance après la mort de Harsha, fut celui de Kanauj, gouverné par la maison de Pratihâr ou Parihâr. Yaçovarman, roi de Kanauj, fut un souverain puissant, il entretint des relations diplomatiques avec les pays étrangers et se fit une grande réputation en tant que protecteur des lettres1. Une série de souverains faibles, lui succéda, ils furent complètement impuissants à refouler les attaques des gouverneurs du Cachemire, du Bengale et des autres états environnants. Mais le Kanauj fut rétabli à son rang par Mihir-Bhoja (840-890 ap. J.-C), souverain intelligent et puissant, lequel par ses importantes conquêtes édifia un empire comprenant : les districts en deçà du Sutlaj, des portions du Rajpoutana, la plus grande partie des Provinces unies d'Agra et d'Oudh et le territoire de Gwalior. Mahendrapâla1, successeur de Bhoja, garda sous sa ferme autorité les terres qu'il avait héritées de son père; mais quand le sceptre passa aux mains de Mahîpâla, son demi-frère, le Kanauj, en 916 A. D., tomba au pouvoir du Râshtrakûta, Indra III, qui envahit ses territoires2.

Les provinces sujettes, qui n'étaient déjà qu'à moitié soumises, se séparèrent et renièrent l'autorité de leur prince-souverain; mais Indra ne donna pas suite à sa victoire, et Mahîpâla, avec l'aide de ses alliés indigènes, ne trouva aucune difficulté à recouvrer sa puissance perdue. Cependant, il négligea de nouveau de se protéger contre l'ambition de ses

1. Il fut détrôné par Lalitâditya de Cachemire, vers 742 A. D. Le poète Bhavabhûti, auteur des célèbres drames Malatimùdhava, et Utiarar'imacharita, florit à sa cour (Stein, R >jalarangini, IV, p. 134).

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