‹ Histoire du monde (volume 5)Chapitre 51 sur 135 · Pétis de la Croix, II, p · texte numérisé non relu

Pétis de la Croix, II, p

2. Malfuzat-i-Timuri, Elliot, III, p. 397; Zafarnama, Elliot, III, p. 480; Matla-us-Sadain, Khudabakhsha MS., f. 240; Davy, Institutes of Timur, p. 133.

en métaux, pierres précieuses et perles, et s'étendit abondamment sur le côté religieux de la question. Mais quelques-uns des nobles jetèrentuncri d'alarme, en disant que s'ils s'établissaient définitivement aux Indes, ils dégénéreraient et qu'après quelques générations leur force et leurs belles qualités auraient disparu. Ayant écouté ces conseils, Timour s'adressa à l'audience en ces termes : « Mon but dans l'invasion de l'Hindoustan est de mener une expédition contre les infidèles afin que, selon la loi de Mahomet, nous puissions convertir à la vraie foi le peuple de ce pays et purifier la contrée elle-même de la boue de l'infidélité et du polythéisme; et afin que nous puissions abattre leurs temples et leurs idoles et devenir Ghazis et Mudjahids devant Dieu. » Son point de vue fut approuvé par les initiés à la loi, qui déclarèrent qu'il était de leur devoir de détruire les ennemis de la foi afin de préserver leur religion et de renforcer la Sainte Loi.

L'avant-garde de l'armée de Timour, sous les ordres de Pir Muhammad parvint bientôt à la frontière des Indes, traversa l'indus, s'empara d'Uchha, et se dirigea alors sur Moultan qu'elle prit aussi, après un siège de six mois. Ayant rassemblé une immense armée, de tous les points de ses vastes possessions, Timour traversa l'Hindou-Kouch et passa l'indus le 24 septembre 1398. Le souverain hindou que Timour vainquit fut Shihab-ud-din, prince des îles, qui était venu rendre hommage à Pir Muhammad, mais s'était ensuite révolté. Après cette victoire Timour passa le Ghenab et parvint à la ville de Tulamba1 qui lui accorda une rançon de deux

1. Tulamba est ù 70 milles environ de Moultan. Sur la carte de Rennel, elle se trouve à la jonction de la Jhelam et du Chenab (Elliot, III, p. 413; Hunter, Impérial Gazetteer, XI II, 163).

344 HISTOIRE DE L'iNDE AU MOYEN-AGE

lakhs pour la sécurité de ses habitants, exception étant faite pour les Ulama et les Cheikhs, Le pillage vint augmenter les provisions des troupes, ordre fut donné de s'emparer des céréales, partout où il s'en trouvait. Quand il atteignit les environs de Dibalpur, le peuple qui avait tué Muzaffar Qabuli que Pir Muhammad avait nommé gouverneur de la ville, s'enfuit terrifié et vint chercher refuge dans le fort de Bhatnir, l'une des forteresses les plus renommées de l'Hindoustan. Les généraux de Timour attaquèrent le fort sur la droite et sur la gauche, cependant que l'émir lui-même commandait le centre, près des portes. Rai Dul Chand, à la tête d'une colonne de vaillants Rajpoutes, barra aux assiégeants l'entrée de la forteresse, mais il fut vaincu par les soldats de Timour qui « autour du fort ressemblaient à un essaim de fourmis et de sauterelles ». Quand le Rai se vit perdu, il demanda la paix, en différant toutefois sa soumission. Alors Timour recommença l'attaque et bloqua l'ennemi de tous côtés avec une telle férocité que le Rai perdit courage, et offrit de venir rendre hommage. Il eut la vie sauve et l'émir, en marque de faveur, lui fits don d'une robe de brocard d'or, d'une coiffe et d'une ceinture enrichies d'or et d'une épée dorée. Les Zamindars et les chefs des contrées voisinefurent soumis et tous les étrangers à la ville, particulièrement les réfugiés de Dibalpur, furent faits prisonniers et tous leurs biens séquestrés. Les punitions qu'on leur infligea alarmèrent le frère et le fils du Rai, qui eurent de nouveau recours au combat et se retranchèrent dans la forteresse. Ceci excita au plus haut point la colère de Timour; il ordonna un assaut qui força les assiégés à se rendre,

Une lourde rançon fut exigée des citadins hindous, mais ils ne se soumirent pas sans une lutte désespérée. « L'épée de l'Islam fut lavée dans le sang des infidèles et tous les biens et effets, trésors et grains, qui avaient été amassés dans le fort pendant plus d'une longue année, devinrent la proie des soldats. Ils mirent le feu aux maisons et les réduisirent en cendres et rasèrent les monuments et la forteresse à niveau du so1. »

De Bhatnir, Timour marcha sur Sirsutis2, qu'il conquit sans difficultés, et quand il atteignit Kaithal. à 34 milles de Samana, il commença les préparatifs de l'attaque de Delhi. Comme la marche de l'armée progressait, les habitants des villes par lesquelles elle passait, s'enfuyaient pris de panique, abandonnant leurs maison et leurs biens à l'approche de l'envahisseur. Les villes se rendait les unes après les autres, et en peu de temps, Timour atteignit Jahannuma, magnifique palais construit par Firuz Shah à 6 milles de Delhi. La contrée avoisinante fut mise à sac, et les soldats eurent la permission de se procurer, en pillant, des provisions pour eux-mêmes et du fourrage pour les troupeaux. Quand Timour se trouva devant Delhi, il réunit un conseil de guerre qui lui exposa la nécessité d'obtenir une ample récolte de provisions et de les cacher dans le fort de Loni3 qui avait été pris par les troupes. Les nobles et les généraux, qui avaient combattu vaillamment sous ses ordres, furent priés de prendre leurs positions : ils ne devaient être ni trop auda-

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