Epi/. Ind., VII, pp. 30 et
voisins, et il ne trouva la sécurité qu'en cédant une précieuse image de Vishnou au Chandela Yaçovarman, qui établit son pouvoir à Kâlinjar, le siège du Royaume de Jaijâkbhvukti. La rivière Jamna fut fixée comme limite entre le royaume de Pânchâla et le royaume de Jaijâkbhukti. La décadence suivit son cours, et le Kanauj qui fut si puissant et florissant perdit province après province. Le Gujarat s'était déjà rendu indépendant, et la fondation du royaume Solankî prouve d'une manière concluante, que pendant cette période, le Kanauj n'eut aucun rapport avec l'Inde occidentale1. Gwalior s'émancipa aussi, et offrit son allégeance au Chandela, gouverneur du Boundelkhand.
De même que les Ghandelas, d'autres tribus, les Ghohâns et les Parmârs, établirent leur empire à
1. Suivant les Chroniques du Gujarat, Mûla Râja régna de 942 ap. J.-C. à 997 ap. J.-C. Il est décrit comme étant le fils de Râjî roi de Kanauj. Smith croit que Râjî était un des surnoms militaires de Mahîpâla et probablement Mûla Râja était son vice-roi, qui rejeta son allégeance et devint indépendant (Smith, Early Hisiory of India, p. 381). Les chroniqueurs démontrent que Mûla Râja I, le fondateur de la branche d'Anhîlwad des Châlukyas, régna de Vihrama Sambat 998 à 1053. Peu après son avènement, il fut attaqué par le râja de Shâkambharî et Bârappa, le général de Tailapa. Le roi de Shâkambhari a dû être Chohân Vigraharâja. La chronologie du règne de Mûla Râja est établie par des inscriptions. La plus ancienne, qui est datée 974, a été remarquée par M. Dhruva et la seconde est la plaque de Kadi datée 987 ap. i.-C. La dernière inscription de Mûla Râja date de 995 ap. J.-C. Elle parle d'une concession faite à uncertain Dîrghâchârya, Brahmane de Kânyakubja, à l'occasion d'une éclipse lunaire. Voir l'article de M. Stein Konow sur les plaques de Baiera de Mûla Râja I, Epig. Indica, Vol. X, p. 76-78. Harsha avait soumis les rois Vallabhi du Guparat, mais après sa mort, ils affirmèrent leur indépendance en 760 ap. J "-C. et leur capitale fut détruite par les Arabes. Leur chute permit l'avènement d'une dynastie moindre au Gujarat. A son tour, celle-ci succomba sous les Râshtrakûtas et les Solankîs dont le pouvoir s'établit dans la seconde moitié du xxe siècle. (J. R. A. S., 1913, pp. 266-69, Indian Antiquary, XIII, p. 70).
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Ajmer, et à Malwa. Les Parihârs du Kanauj perdirent rapidement de leur importance grâce aux incursions répétées des envahisseurs musulmans, lesquelles seront décrites en détails par la suite, et quand, en 1019 ap. J.-C, Mahmoud de Ghazna se dressa devant les portes de Kanauj à la tête de sa belliqueuse armée, Râjyapâla, son gouverneur, ne lui opposa aucune résistance et obtint sa liberté par la plus abjecte et humiliante reddition. Cette lâche soumission, indigne d'un Rajpoute, offensa ses confédérés qui, auparavent, s'étaient joints à lui pour repousser une invasion de Sébuk-Téguinef LeroiChandela, Ganda, en fut gravement offusqué, et, avec d'autres princes Rajpoutes, organisa une ligue pour châtier Râjyapâha. Vidyâdhara, fils de Ganda, se mit à la tête des alliés, parmi lesquels se trouvait Kacchwâla, souverain de Gwalior; attaqua Râjyapâla, et le tua, après lui avoir infligé une défaite sanglante1. Son fils Trilochanapâla lui succéda, mais l'oppression toujours croissante des invasions musulmanes et la jalousie des princes voisins l'empêchèrent d'affermir son pouvoir. La faiblesse, la nonchalance intérieure et la force écrasante des raids islamiques, anéantirent le peu d'énergie que les maisons régnantes de Kanauj eussent possédée. Les successeurs de Trilochanapâla2 luttèrent vainement pour conserver leur autorité,
1. {Epig. Ind., II, p. 235). (Epig. Ind., I, p. 219). L'inscription de Dubkund près Gwalior {Epig. Ind., II, p. 235),
relate le meurtre de Râjyapâla par Arjuna, le chef Kacchwâhâ de Gwalior, sous le commandement de Vidyâdhara Chandela. Une autre inscription, trouvée à Mahotâ, présente Videjâdhara comme un maître dans l'art de la guerre, qui a causé la chute du roi de Kânyakubja [Eplj. Ind., I, p. 219).
2. D'après une inscription sur pierre de Yâçapâla, il est certain que les Parihârs régnèrent sur le Kanauj jusd'en 1036 ap. J.-C. Mais plus tard, ils furent écrasés par Rathor Chandra Deva. Les dépendances de Kanauj s'étant déjà séparées de l'Empire, il obtint la domination d'un petit territoire.
jusqu'à ce qu'il fussent complètement assujettis, vers 1090 A. D., par un raja de la maison de Gaharwâr, nommé Chandra Deva, qui établit sa puissance sur Bénarès, et Ajodhya, et peut-être aussi sur le territoire de Delhi.
Ajmer. — Un autre clan important fut celui des Chohâns de Sambhar, en Rajpoutana, que Tod décrit comme « la plus vaillante des races Rajpoutes ». Ajmer fit partie de la principauté de Sambhar. Le premier gouverneur duquel nous ayons un mémoire authentique fut Vigraharâja IV, plus connu sous le nom de Bîsala Deva Chohân1; il fut un guerrier
1. Bisala Deva était le second fils d'Arnorâja, ou Anala Deva, qui eut trois fils : Jag? Deva, Bîsala Deva, et Someçvara. Jaga Deva tua son père pour usurper le trône. Mais son plus jeune frère, Bîsala Deva, le punit de son parricide en se saisissant du royaume et se proclamant roi à sa place.
Râiasthân de Tod, édité par Gaurishankar Hira chand Ojha (Hindi), p. 400.
Une inscription sur pierre du temps de Someçvara portant la date Samvat 1226 Vikrama (1169 ap. J.-C.) a été découverte près de Bijoli sur le territoire de Nervar : elle relate la conquête de Delhi par Bîsala Deva, conquête qui eut lieu vers l'an 1163 A. D. Il y en a trois autre sur le même sujet. Smith révoque en doute la conquête de Delhi par Bîsala Deva [Early hislory, p. 387). La traduction du v. 22 de l'inscription (J. A. S. B., 1886, p. 56) semble donner raison à Smith, mais l'inscription du pilier de Delhi, Siwâlik de 1164 A. D. dit qu'il conquit tout le pays entre les monts Vindhya et l'Himalaya.
Le Prithi i Râja Vijaya, poème composé quelque temps après 1178 ap. J.-C. et avant 1200 A. D., que le Dr Bûhler a découvert au Kashmir, relate les vaillants exploits du dernier empereur Chohân de l'Inde du Nord. Le poème donne une généalogie des Chohâns que vérifient des inscriptions. La voici : ARNO RAJA (113 A. O.)
Nom non cité (Nous savons par le Hammir Mahàkâvva et les généalogies M S S de Gwalior et Knmaon, consultées par le Général Cunninghim,qiie cenom était Jaga Deva).
Prithvibhatta (11 i7-69 ap. J.-C.)
Vigraha Râja IV
(1153-64- ap. J.-C.)
Aparagàngeya
ou Amaragàngesya
Someçvara-Karpur Devi (J 170-7/ ap.J.C)
Prithvirâja (m 1192)
ou Rai Pithaurâ
TTarirâja (1193-5)
10 HISTOIRE DE L'iNDE AU MOYEN-AGE
intrépide, affamé de gloire militaire et de conquêtes, un homme de lettres accompli, un érudit et un poète.
11 se battit contre les Turcs, ravit Dehli auxPratihârs et fonda ainsi un grand empire allant de l'Himalaya aux monts Vindhya dans le Deccan1. Bîsala Deva étendit son patronage sur toute branche d'étude, il fonda une vaste école à Ajmer et inspira deux drames : le Lalilavigraharâja Nâlaka composé par le poète de la cour de Someçvara, et le Harikeli Nâlaka, dont le roi lui-même est supposé l'auteur, inscrit sur des tablettes de pierre, pour pouvoir être mis en sûreté. Ces drames sont conservés au Musée du Rajpoutana, à Ajmer. Le Harikeli Nâlaka est décrit dans VIndian Antiquary, vol. XX, p. 201 . Fr. Kielhorn attribue une grande valeur au génie des rois hindous des temps anciens, quand il dit : « Des preuves indubitables et effectives nous sont accordées du fait que de puissants rois hindous du passé furent capables de concourir, pour une gloire poétique, avec Kâlidâta et Bhavabhûti. » Plus tard ce monument scolaire fut ravagé par les armées de Mohammed le Ghouride, en l'an 1193, et une mosquée fut érigée à sa place pour remercier les croyants. De tels actes de vandalisme ne sont pas rares dans les premiers temps de l'histoire de l'Islam et les aventuriers fana-
M. Kennedy dit que la plus importante conquête de Bisala Deva fut Delhi. Il admet que le roi Tomara a été son tributaire et que son fils Gomévara a épousé la fille du Tomare (Impérial Gazetteer, p. 314). Ceci est inexact, Comesvara n'était pas le fils de Bisala Deva, mais son frère.
I . L'inscription de Bisala Deva sur le fameux pilier de fer datée Samvat 1220 Vikrama (1163 ap..;.-C.) déclare qu'il délivra le pays des musulmans et en fit de nouveau Arya-Chûnu, « la terre des Aryas. » Il conquit Nadole, Salor et Pâli, et attaqua et conquit Delhi entre 1153 et 1163 ap. J.-C. (Carr Stephen, Archaeology of Delhi, p. 138; Indian Antiquary, XX, p. 201; Sarda, Ajmer, p. 153).
tiques ne supportaient pas plus l'existence de ces sanctuaires d'étude, non plus que de ces temples d'adoration, vénérés pendant des siècles, et ils en regardaient la destruction comme une preuve de piété. Après sa mort, son fils Amaragângaya lui succéda, mais il était encore mineur et le pays, fut administré par le régent, Prithvîrâja, fils de son oncle Jaga, Neva, qui peu après usurpa le trône et exerça l'autorité en son propre nom. Après sa mort, qui prit place probablement en 1195, le gaddi de Delhi tomba entre les mains du frère cadet de Bîsala Deva. Someçvara exerça son pouvoir sur les possessions des tribus de Tomaras et des Chohâns et il fut reconnu roi par les dépendances d'Ajmer et de Dehli. Son successeur1 fut le célèbre Prithvîrâja Chohân, dernière
1. Il est écrit dans le Prilhvlrâja Rasau, que Prithvîrâja parvint au trône de Delhi grâce à son adoption par Anangapâla Tomara de Delhi, qui était son grand-père maternel. Ceci n'est pas véridique. Comme nous l'avons déjà dit, Bîsala Deva Chohân conquit Delhi et depuis sa conquête Delhi resta soumise aux Chohâns d'Ajmer.
Someçvara n'avait pas épousé, comme Chand Bardar le dit, Kamalâ Devî, fille d'Anangapâla Tomara. La femme de Someçvara fut Karpûr Devî, fille d'un roi de la dynastie Kala Ghuri. Le rejeton de ce mariage fut Prithvîrâja Chohân qui, après la mort de son père prit le gouvernement des royaumes de Delhi et d'Ajmer. {IRAS, 1913, pp.259-81).
Chand Bardai écrit que Prithvîrâja fut fait captif et emmené à Ghazna, où, pour trouver son habilité à tirer de l'arc, il tua le Sultan et fut ensuite coupé en morceaux. Cette histoire est fausse. Le Sultan fut assassiné par les Khokhars en 602 A. H. (1205-6, ap. J.-C).
Chand Bardai dit que quand Jayachandra sut qu'il ne pourrait pas vaincre Prithvîrâja en bataille, il eut recours à un stratagème. Il donna son frère Bâlak Bai en allié à Shihabuddin et encouragea ce dernier à envahir Delhi. Cet exposé est faux et n'est corroboré par aucun historien mahométan (Shyam, Sundar Das, Rasau-Sar (en hindi), p. 143). M. HarBilas Sarda dans son Ajmer, p. 155, affirme positivement que les Bâthors de Kanauj, et les Solankis du Gujarat conspirèrent ensemble et encouragèrent Shihabuddin à envahir les possessions de Prithvîrâja. Cette assertion, néanmoins, est douteuse, et est évidemment basée sur le Rasau. Si Jayachandra avait été allié des Musulmans, leurs historiens auraient certainement mentionné le fait avec plaisir.
12 HISTOIRE DE L'iNDE AU MOYEN-AGE
fleur de la chevalerie Rajpoute, dont les valeureux exploits amoureux et guerriers sont encore chantés par des poètes enthousiastes, dans toute l'Inde septentrionale. Ainsi que les vaillants chevaliers européens du moyen-âge, Prithvîrâja prit plaisir aux choses de la guerre et remporta des victoires qui le rendirent célèbre d'un bout à l'autre du pays. En 1182 il envahit le territoire des Ghandelas et battit le Râja Parmardin ou Parmâla de Mahobâ. Quand Mohammed le Ghouride envahit l'Hindoustan, Prithvîrâja organisa une ligue avec les princes de son frère Rajpoute, et en 1191 ap. J.-G. l'armée combinée infligea une écrasante défaite aux Musulmans, à Tarain, près de Thanesar. Mais cette déconfiture prit des proportions énormes dans l'esprit de l'envahisseur musulman; il apparut l'année suivante à la tête d'une armée innombrable, vainquit complètement les Rajpoutes qui se battirent bravement jusqu'au dernier. Prithvîrâja fut fait prisonnier et décapité sans merci. L'autorité hindoue reçut un soufflet irréparable et l'envahisseur victorieux fut salué comme le gouverneur de tout l'Hindoustan.
Jaichand (Jayachandrà), de Kanauj, indifférent et imperturbable, demeura distant dans une fière solitude. Il ne fit rien pour prévenir la calamité dont les Chohâns de Delhi furent victimes, probablement dans l'espoir que cela conduirait à la destruction d'un prince rival, lequel avait donné ample cause d'offense et était le seul redoutable aspirant à la suprématie dans l'Inde septentrionale. La conquête de Delhi fraya un chemin au conquérant musulman. Les querelles entre les Chohâns de Dehli et les Râthors de Kanauj, et leurs âpres contestations pour gagner l'hégémonie sur l'Hindoustan entier, ruina leur force
et prépara la voie de leur destruction. Ayant vaincu Rai Pithaurâ de Delhi dans une rencontre sanglante, Mohammed le Ghouride se tourna contre Kanauj, soumit Jayachandre à la tête d'une invincible armée et fit sonner le glas funèbre de la monarchie de Râthor. De nombreux membres de la tribu Gaharwâr, n'ayant pas réussi à refouler la marée montante de la conquête musulmane quittèrent Kanauj et émigrèrent en Rajpoutana où ils fondèrent la principauté moderne de Jodhpur, justement estimée en ce temps-là comme le premier état Rajpoute. Les généraux actifs de Mohammed complétèrent bientôt les travaux de conquête en soumettant Gwalior, Anilwâd et Kâlinjar, et son galant esclave, Qutbuddin, qui monta sur le trône de Delhi, fut salué comme leur seigneur et maître par les nombreux chefs et princes de l'Inde du Nord.
Dynastie des Chandelas. — Les autres dynasties Rajpoutes de quelque importance, furent les Chandelas1 de Jaijâkbhukti (Boudelkhand moderne) et
1. Smith dit, à propos de l'origine des Chandelas : « Les Chandelas eux-mêmes ont une inepte légende qui les suppose descendants de l'union de la Lune (Chandra) avec une vierge Brahmane. La seule signification de ce mythe, c'est qu'il implique que la généalogie de de la famille demandait des explications qui furent plus facilement obtenues en la mettant dans le groupe des Rajpoutes (descendants de la Lune) et en y ajoutant la respectabilité en inventant une ancêtre Brahmane. Au fait, les Chandelas sont encore considérés comme une famille d'origine impure. Il paraît certain que les ancêtres n'étaient pas émigrants du Nord-Ouest, et n'avaient rien à faire avec les Huns et autres peuplades, qui semblent être largement représentés, au moment présent, par les Rajpoutes « descendants du feu », les Chohâns et autres. Des indications sont assez précises comme quoi la famille Chandela prit son origine parmi les Gonds auxquels d'autres familles similaires se sont mêlées ».
Article de V. Smith sur l'histoire et le monnayage de la dynastie Chandela dans lnd. Ant. 1908, p. 114-148. Early History of lndia (édit. 1924), p. 429; JASB, 1877,, première partie, p. 233. — C'est
14 HISTOIRE DE i/lNDE AU MOYEN-AGE
les Kalachuris de Chedi qui exercèrent leur pouvoir sur les Provinces centrales. Leurs territoires étant contigus, ils prirent contact les uns avec les autres et, au moyen-âge, leur histoire n'est qu'une trame d'alliances matrimoniales, alternant avec des guerres causées par des contestations de juridiction. Les gouverneurs de Chedi sont aussi classés comme « Kalinjarâdhipati » en raison de leur terre de Kâlinjar, et il semble qu'à un certain moment, ils régnèrent sur le territoire de Telang. Il a, maintenant, été établi d'une manière certaine que les Chandelas arrivèrent au pouvoir en dépouillant les chefs Parihârs locaux de leurs possessions. Mais la dynastie ne fait son apparition dans l'arène de l'histoire qu'à partir du commencement du ixe siècle ap. J.-C. lorsque Nannuk Chandela se fonde un petit royaume comprenant, à ses débuts, les territoires situés au sud du Jaijâkbhukti1. Les Chandelas paraissent avoit été les vassaux des Panchals de Kanauj, mais pendant la première moitié du xe siècle ils secouèrent le joug de Kanauj et devinrent indépendants.
Harsha Chandela fut un gouverneur ambitieux
un sujet sur lequel les opinions sont très partagées et sur lequel, par conséquent, il est malaisé d'arriver à une conclusion ferme, Les Khyâtas Chandela s'attribuent une origine brahmanique, tandis qu'en même temps les Chandela se targuent d'un pedigree de Râthor. Bâjasthân de Tod, édit. Gaurishankar Hima Chand Ojha (Hindi), p. 479; Râjaslhân de Tod, édit. Crooke, I, p. 139-40.
1. Jaijâkbhukti est dérivé de Jaijâk, roi Chandela, qui régna après la mort de son père Vâkpati, fils du fondateur de la dynastie. Les limites du royaume Chandela varièrent d'une époque à l'autre. De 930 ap. J.-C, environ jusqu'à 1203A. D.,datedelamortdeParmâla, le royaume a toujours compris Khajurâho, Kâlinjar et Mahobâ. Il n'a été trouvé aucune trace de roi Chandela dans les territoires de Hamirpur et de Bumerpur au nord du district d'Hamirpur et il paraît probable que cet espace a été couvert par la jungle pendant cette période et habité de ci, de là, par des tribus sauvages.
qui semble avoir joué un rôle important dans la politique de son temps. Par son mariage avec une princesse Chohâne il éleva la situation de sa famille, et augmenta son prestige politique en accordant aide et assistance à Mahipâla, souverain de Kanauj, contre son puissant antagoniste, Indra III, le roi Râshtrakûta du Deccan. Son fils et successeur fut le brave prince Yaçovarman qui vainquit les Kalachuris de Chedi et les obligea à rendre la forteresse de Kâlinjar. Ansi renforcé, il se tourna contre Kanauj, et, par la violence obtint de son gouverneur, en reconnaissance de son pouvoir suprême, une précieuse image de Vishnou, qui fut solennellement installée dans un temple de Khajurâho, l'une des capitales du royaume Chandela.
Yaçovarman eut pour successeur son fils, Dhanga (950-99 ap. J.-C), souverain remarquable de la dynastie Chandela. Son royaume s'étendit du fleuve Jamna, au nord, à la frontière de Chedi, au sud» et de Kâlinjar à Test, jusqu'à Gwalior et Bhilsâ à l'ouest. Lorsque Subuktagin envahit l'Hindoustan, il se joignit à la ligue Radjpoute formée par Jayapâla pour résister aux envahisseurs musulmans, et il supporta la même défaite que ses autres alliés. Ii vécut jusqu'à un âge avancé, et la mort le surprit au confluent du Gange1 et de la Jamna, profondément absorbé dans sa méditation.
Ganda (999-1025 ap. J.-C), sonfils et successeur, continua la politique guerrière de son père, et en
1. Nous apprenons par une inscription que Dhanga mourut à Pra âq (Allahabad) « fermant les yeux, fixant ses pensées sur Rudra, et murmurant de saintes prières ». L'inscription relate qu'il « abandonna son corps », mais cela ne veut pas dire qu'il se suicida {JASB. t. I, vol. XLVII, p. 47).
1008 ap. J.-C., quand Mahmoud le Ghaznévide envahit le royaume de Lahore à la tête d'une armée invincible, l'instinct de préservation le poussa à s'entendre avec Anandapâla et ses alliés, pour repousser l'envahisseur, le Kanauj se prosterna aux pieds du conquérant et accepta sa suzeraineté. Les Rajpoutes réprouvèrent cette abjecte reddition, et Ganda envoya son fils, Vidyâdhara, pour châtier Râjyapâla, qui avait souillé l'honneur des Rajpoutes. Râjyapâla, qui avait déjà été écrasé par les Musulmans ne put offrir aucune résistance; il fut vaincu et tué. Quand Mahmoud apprit ce crime inhumain, il rangea son armée en bataille et avança contre Ganda et ses nombreuses troupes. Mais il ne put vaincre le roi Ghandela qui échappa cette fois au sort qui devait l'emporter plus tard. Ainsi repoussé dans sa tentative de soumettre Ganda, Mahmoud, quelques années plus tard, marcha contre lui et 'obligea en 1033, à signer un traité par lequel il devait abandonner Kâlinjar et reconnaître sa souveraineté. Après la mort de Ganda, les Ghandelas et les Kalachuris entrèrent en conflit les uns contre les autres, car les deux partis aspiraient à la suzeraineté de PHindoustan. L'instigateur de cette lutte pour le pouvoir fut Gângeya Deva Kalachuri (1015-1040 ap. J.-G.) qui étendit, à l'est, ses conquêtes jusqu'à Tirhut3. Quand il mourut, son fils Karan Deva (1040-70 ap. J.-G.) continua la politique ambitieuse de son père et engagea la guerre contre les gouverneurs de Malwa et de Magadha. Le roi Chancela, Kîrtivarman Deva (1049-1100 ap. J. C.) fut
vaincu par lui et perdit son royaume; mais bientôt, avec l'assistance de son commandant en chef, le Brahmane, Gopâla, qui battit le roi Kalachuri et vengea ainsi les torts infligés à la maison de son maître1, il recouvra toutes ses pertes. A partir de ce moment, l'histoire des Ghandelas n'est qu'une trame de guerres avec les peuplades environnantes, dont les résultats dépendaient souvent de l'individualité des combattants des deux côtés.
Madanvarman Deva fut un puissant souverain, qui lutta avec succès contre les rois Solankîs du Gujarat; mais quand Parmâla, ou Parmardi Deva (1165-1203 ap. J.-C.) monta sur le trône, la dynastie Chandela fut plongée dans d'interminables guerres avec les Ghohâns de Delhi, il en résultat que Prithvîrâja l'écrasa de son pouvoir tout-puissant, et l'anéantit complètement en 1182-1183. Parmardi, lutta héroïquement pour sauver son autorité et ses possessions, mais la grande révolution apportée dans la politique de l'Inde septentrionale par le succès des invasions musulmanes, le laissa seul pour continuer la guerre d'indépendance contre les Mahométans. La tradition représente Parmardi comme un lâche et loue Alhâ et Udala, les héros de Mahobâ,
1. Il est écrit dans le drame Prabodha Chandrodaya que Karan Deva dépouilla le roi Chandela de son royaume et que ce dernier put rentrer en possession de son domaine ancestral grâce à l'aide de son commandant en chef, le Brahmane Gopala. Une analyse détaillée de cette pièce est donnée par Sylvain Lévi (Le théâtre indien, pp. 229-235). Sa victoire finale de Kîrtivarman et la production de la pièce doivent avoir pris place en 1065, ou à peu près, quelque temps après l'avènement de Kîrtivarman. Le drame commémore une brillante victoire remportée par le gouverneur Chandela. Les « dramatis personnae », sont toutes allégoriques, et la pièce finit par l'heureuse réunion du roi « Discernement » et de la reine « Théologie » qui est bénie par « Foi en Vishnou ».
Inde
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pour avoir su résister au prince Chohân de Delhi; mais ceci n'est pas tout à fait exact. Lorsque Qutbuddin avança sur Kâlinjar en 1202 ap. J.-C, Parmardi lutta avec un héroïsme digne de sa race, et perdit la vie en voulant sauver son royaume et son honneur. Depuis, les Chandelas cessent d'avoir aucune importance politique, quoiqu'ils continuent à posséder une portion de leur territoire originaire jusqu'au xvie siècle. Leurs rivaux, les Kalachuris de Chedi, devinrent aussi sujets aux mêmes progrès de décadence, et vers le commencement du xnie siècle, leurs possessions sur la Godaveri tombèrent aux mains des Ganapatis deWarrangel et desYâdavas de Devagir, cependant que leurs droits sur la Narbada étaient usurpés par les Baghelâs Rajpoutes, d'après le nom desquels la contrée fut appelée Boundelkhand.
Les Parmârs du Malwa. > — La maison Parmâr de Malwa, est célèbre en histoire à cause de la protection libérale qu'elle accorda aux lettres. Le royaume fut fondé par Krishna Raja, alias Upendra, au ixe siècle ap. J.-C. et fut étendu plus tard par son successeur sur une grande partie de l'ancien royaume d'Avanti, cependant qu'au sud ses frontières atteignaient le Narbada, Les Parmârs étaient entourés de voisins puissants et ambitieux, tous attelés à la tâche d'étendre les limites des principautés qu'ils s'étaient fondées. Ils durent guerroyer sans cesse contre les Chandelas de Mahobâ, les Kalachuris de Chedi. les Solankis du Gujarat, et les Châlukyas, souverains du Deccan. Le sixième roi de la dynastie, Sîyaka, connu sous le nom de Çrî Harsha, acquit une célébrité considérable par la défaite qu'il infligea aux Huns quand ils envahirent
l'Hindoustan. Son fils Munja1 fut un gouverneur remarquable (974-994-7 ap. J. C.) il dirigea avec succès plusieurs campagnes contre les rois Chola, Chedi Kerala, et Kârnâta. Son autorité ascendante provoqua la jalousie des Châlukyas du Deccan et dans la rencontre qui suivit il réussit à infliger six défaites à Talapa II, mais à la septième attaque, les affaires changèrent de face, il fut vaincu et tué dans un combat; ceci prit place entre les années 993 et 997 ap. J.-C.1 Etant lui-même un savant accompli, Munja patronna les hommes de lettres et des auteurs tels que Dhanapâla, Padmagupta, Dhananjaya, Dhanik, et Hâlâyuaha, furent les objets de sa libérale bonté. Son neveu, Bhoja. monta sur le trône vers l'année 1010 ap. J.-C.2, il maintint pleinement les traditions de perfectionnement littéraire et de grandeur militaire établies par son prédécesseur, et qui lui avaient valu une
1. Munja porta les différents noms de Vâkpati, Utpalarâja, Amoghavarsha, Prithvîvallabha et Çrîvallabha.
11 semble d'après les deux plaques de cuivre, rappelant ses concessions de Munja, que celui-ci monta sur le trône vers 994 A. D. Munja vivait lorsque l'érudit Jaina Amitagati écrivit son œuvre, la Subhâshîtaratnasandoha qui fut ache"vé vers la fin de 994 ap. J. C. Tailapa mourut en 997 ap. J.-C. il est par conséquent certainque Munja a dû mourir entre 994 et 997 ap. J. C. Les dates données par Smith, Buhler, et K. A. Aiyangar sont approximativement exactes.
Indian Anliquary, VI, p. 51; Buhler, Epig. Ind., I, pp. 222-28, 294, 302; Bhandarkar, Early history of the Dekkan, p. 214; Smith, Early History of India, p. 396.
2. Le prédécesseur de Bhoja était le frère de Munja, Sindhurâja; Munja nourrissait une rancœur : hostile à l'égard de son frère, il l'avait fait aveugler et enfermer dans une cage de bois. Bhoja naquit pendant l'emprisonnement de son frère. Munja essaya de le tuer; mais frappé de remords par une lettre que Bhoja adressait à son exécuteur, il changea d'avis et le choisit comme successeur.
Pour les dates et les œuvres de Sidnhurâja, voir Ind. Ant., 1907, p. 170-72. Archaelogical Sruuey Report. 1903-4, pp. 238-43. Aufrecht, Catalogus caialogorum, I. p. 418; II, p. 95.
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place prépondérante dans l'histoire de l'Inde septentrionale. Pour venger la mort de son oncle, il déclara la guerre aux Ghâlukyas, et força aussi les gouverneurs du Gujarat et du Chedi, d'Anhilwâd et du Karnata1 à sentir le poids de ses armées et les obligea à reconnaître sa souveraineté. La gloire de Bhoja, guerrier capable de prouesses magnifiques, repose principalement sur ses capacités littéraires. Lui-même érudit, très versé en poésie, architecture, astronomie et autres branches de science, il fut un prince d'un génie exceptionnel, et étendit sa protection aux hommes de lettres. Pour l'extension de l'instruction et des études, il fonda à Dhârâ un collège sanscrit nommé Sarasvatî Kanthâbharana, dans lequel il plaça quelques ouvrages de valeur sur les drames, l'histoire, et autres sujets, gravés sur des tablettes de pierre, mais il fut détruit par les Musulmans, qui suivant leur habitude, érigèrent à sa place une mosquée appelée Kamâl Maulâ, pour commémorer cet acte de vandalisme. Bhoja fut un bâtisseur magnifique. Le fameux lac Bhojapur, au sud de Bhopal, qui s'étend sur une superficie de 250 milles carrés, fut construit sous son règne et il continua à témoigner de la grandeur de ses plans architecturaux jusqu'à ce que ses eaux fussent drainées au dehors par Hushang Shah de Malwa, au xve siècle. Vers la fin de sa vie, les ennemis de Bhoja devinrent plus forts et plus puissants et résolurent de satisfaire leurs anciens griefs. Les gouverneurs du Gujarat et de Chedi, qui avaient beaucoup souffert de
1. Il est écrit dans le Prabandha Chintâmani, p. 80, que Bhoja conquit Anhilwâd et le Karnata. Cette assertion peut être, ou ne pas être juste, car le Prabandha Chinlâmani n'est pas une œuvre historique, mais il n'y a pas à douter que Bhoja eut de fréquentes querelles avec les gouverneurs de ces pays.
son autorité, dirigèrent une attaque contre lui. et ce guerrier-littérateur fut complètement défait. Peu après Bhoja mourut, en 1053-54 ap. J.-C. Sa mort porta une irréparable atteinte à la maison Parmâr; son pouvoir déclina avec une telle constance quil devint bientôt insignifiant. Ayant passé par de multiples vicissitudes, les territoires Parmârs, maintenant réduits aux dimensions d'infimes principautés, furent conquis par Alauddin Khilji, en 1310. Au xvie siècle, sous le règne d'Akbar, le Malwa fut définitivement annexé à l'empire des Grands-Mogols, après une infructueuse tentative d'indépendance de la dynastie locale.
Les Dynasties Pâla et Sena du Bihar et du Bengale. > — Aux jours de sa plus grande prospérité, l'empire de Harsha comprenait le Bengale jusqu'au Kamrûp, ou Assam, et exerçait le pouvoir suprême sur le Bengale du centre et de l'ouest. La mort de Harsha livra l'empire à la confusion et le Bengale, l'Orissa et les provinces de l'Est furent divisées en petites principautés.. Nous n'avons pas de documents pour édifier l'histoire du Bengale pendant le siècle qui suivit la mort de Harsha, et cet état d'incertitude dure jusqu'à ce qu'au vme siècle, le peuple lassé de l'anarchie, élut Gopâla pour son roi1. Gopâla régna pendant près de 45 ans et exerça sa souveraineté sur le Magadha et le Bihar méridional, sièges d'anciens royaumes hindous; cependant il
1. Les rois Pâlas ont été décrits comme des Kshatriyas (guerriers) et des Brahmanes (prêtres), mais il est très difficile d'éclaircir la question. Il y a maints travaux littéraires sur ce sujet, mais le lecteur ordinaire sera désorienté par de trop nombreux renseignements
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eut à souffrir une défaite de la part de Vatsarâja, roi Gurjara du Rajpoutana1. Gopâla fut un pieux Bouddhiste; il bâtit un monastère à Uddânadapur, ou Uttantapuri, pour marquer sa dévotion au Bouddhisme.
Dharmapâla (875-95 ap. J.-C.) lui succéda. Suivant l'historien tibétain Târânâtha, il étendit sa domination depuis la Baie du Bengale jusqu'à Delhi et Jalandhar au nord, et les Monts Vindhya au sud. L'historien bouddhique est coupable d'exagération, mais il est certain qu'il fut un roi puissant : il vainquit le roi Pânchâla, Indrâyudha, et installa Chakrâyudha dans le Gaddi de Kanauj avec l'approbation des souverains voisins qui sont décrits comme étant les rois du Bhoja, du Matsya, du Madra, du Kuru, du Yadu, du Yavana, d'Avanti, du Gândhâra et de Kira2. Il fut aussi un Bouddhiste convaincu et c'est par sa munificence que fut entièrement construit le monastère de Vikramacila qui se composait de 107 temples et six collèges consacrés à l'éducation suivant les principes du Bouddhisme.
Devapâla succéda à Dharmapâla. Il est dépeint comme ayant été le souverain le plus important de la dynastie3. Il conquit l'Assam et le Kalinga, mais ses plus grands succès furent les guerres qu'il engagea contre les infidèles pour la propagation de sa foi. Après un règne de 40 ans, les Pâlas furent dominés, temporairement, par une tribu des collines, appelée
1. Indian Anliquanj, XI, pp. 136, 160; XII, p. 164; Epig. Ind., VI, pp. 240-48.
2. Indian Antiquary, XV, p. 304; XX. p. 308; Epig. Ind., p. 252; Râjaslhan de Tod, édité par Gaurishankar H ira Chand Ojha, p. 533.