M alla-us- Sadain, Elliot, II, p
La justice criminelle usait de procédés rudes et barbares. Les juges se servaient fréquemment de la torture comme du plus sûr moyen de découvrir la vérité ; les châtiments étaient d'une inconcevable sévérité. Le vol, l'adultère et les trahisons étaient punis de mort ou de mutilation1. Quelquefois le roi ordonnait que le coupable fût jeté aux pieds des éléphants qui le mettaient en pièces. Les Brahmanes étaient exempts de la peine capitale. Les autorités locales étaient investies des pouvoirs judiciaires, et les recours à la capitale étant peu aisés, ils durent décider d'euxmêmes un grand nombre de cas. Il existe un décret royal qui confère ces droits aux Nâyaks ou Gaudas, correspondant à peu près aux shérifs anglo-saxons; il est ainsi conçu : « Les gouverneurs des villes, les Nâyaks ou les Gaudas, seront chargés de ceci. S'il s'élève dans la contrée une dispute de caste, ils convoqueront les parties et les conseilleront. Et comme ils ont le pouvoir de punir, les parties devront se conformer à l'avis donné. Cette démarche doit être gratuite2 ». Nos administrateurs modernes euxmêmes pouraient tirer de ce décret une utile leçon.
L'armée. — Comme son organisation civile, l'organisation militaire de l'empire revêtait un caractère féodal. Outre les troupes personnelles du roi, les gouverneurs provinciaux fournissaient leurs contingents en temps de guerre et étaient tenus à tous
1. Sewell, Chronicle of Nuniz, p. 383. Il donne d'abondants détails sur ces horribles châtiments : « Les nobles, dit-il, coupables de trahison, sont empalés vivants sur des piquets de bois leur traversant le ventre; et les hommes d'une classe inférieure, quelque crime qu'ils aient commis sont décapités sur la place du marché, il en était de même pour un meurtre, à moins que la mort ne fût le résultat d'un duel.