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Tarikh-i-Daudi, Ms. de l'Université d'Allahabad, p

les pétitions de chacun et s'appliquait à les juger équitablement. Tout ce qui se passait dans le royaume lui était communiqué, et il insistait pour que les rap ports des gouverneurs fussent détaillés et fidèles. Les marchés étaient étroitement surveillés et il en contrôlait les prix chaque jour, vérifiant la qualité des denrées, les conditions d'achat et de vente. Sa dévotion lui fit mépriser la vulgarité et la frivolité, et aucun homme de mœurs dissolues n'avait accès près de lui. Son extraordinaire mémoire lui permettait d'enregistrer un grand nombre de connaissances utiles; il protégea les gens de lettres, et luimême écrivit des vers, dans un persan élégant, sous le nom de plume de Gulrukh. C'est par son ordre que Mian Bhua traduisit en persan un ouvrage sanscrit sur la médecine, intitulé Tibb-i-Sikandari1.

Le Sultan était franchement conservateur. Il n'abrogea jamais une coutume établie, et il tint toujours compte de la naissance d'un homme en lui conférant un emploi ou une dignité. L'auteur du Tarikh-i-Daudi raconte que lorsqu'il prenait son souper, après minuit, il convoquait en sa présence 17 savants qui s'accroupissaient par terre en face de lui. On leur servait des mets variés, mais il leur était interdit d'y toucher avant que le Sultan n'eût fini; alors ils étaient autorisés à emporter leurs plats

1. Tarikh-i-Daudi, Ms. de l'Université d'Allahabd, p. 43. Dans Elliott (IV, p. 451) le nom de l'ouvrage sanscrit est donné sous la forme Argar Mahabalak qui doit être une corruption de quelque traité sur l'Ayurveda.

L'auteur des War/ial-i-Mushiaqi dit que Mian Bhua réunissait de bons calligraphistes et des érudits, et les employait à écrire des ouvrages sur toutes les sciences. Il apportait des ouvrages du Khorassan et les donnait à ces érudits. Les médecins du Khorassan et de l'Inde étaient réunis et compilaient un nouveau traité en consultant de nombreux livres de médecine.

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dans leurs maisons. Il agissait de cette manière probablement en vue de sauvegarder sa dignité, mais malgré la réserve qui leur était imposée, les Ulama n'en devaient pas moins apprécier leurs soupers en rentrant chez eux.

Pendant toute sa vie, Sikandar maintint l'ordre par une politique énergique, et tint en respect les barons turbulents. Mais après sa mort, quand la couronne passa à un homme qui lui était en tous points inférieur, les forces qu'il avait efficacement contrôlées brisèrent leurs liens et minèrent les fondements de l'empire1.

Caractère du gouvernement afghan. — Sous Ibrahim le gouvernement afghan prit un autre aspect. C'était un homme irritable, et son insolence lui aliéna la sympathie des nobles afghans2. Ils étaient accoutumés à considérer leur roi comme un camarade et non comme un maître, et à lui accorder de leur plein gré les honneurs féodaux. Les hommes des tribus Lohani, Farmuli et Lodi occupaient des situations importantes dans l'Etat; ils s'étaient toujours montrés turbulents et factieux, et leur position les avait mis h même de fomenter maintes intrigues contre la couronne. Leur fidélité au roi dépendait de sa force ou de sa faiblesse. Sikandar les avait tenus sous une étroite surveillance, et sévèrement punis quand

1. Pour un récit sur les barons afghans, cf. Waqiat-i-Mushtaqi dans Elliot, V, app. G., p. 534-49. L'auteur de l'ouvrage Shaikn Rizkullah Mushtaqi était né en 897 A. H. et mourut en 989 A. H. (1492- 1581 A. D.). Il donnait un récit détaillé sur Khan-i-Lahan Lodi, Mian Zain-ud-Din, Khawass Khan et plusieurs autres nobles du règne de Sikandar. Le dernier baron afghan mentionné est Mian Maruf Farmuli.

2. Tarihk-i-Daudi, Ms.de l'Université d'Allahabad, p. 113. Dorn, Makhzan-i-Afghana, p. 70.

ils bafouaient son autorité. Mais lorsque Ibrahim, qui n'était certes pas un souverain incompétent1, résolut d'écraser radicalement leurs tendances individualistes en vue de rendre son gouvernement fort et efficace, ils protestèrent et se cabrèrent. Comme l'observe Erskine2, ils considéraient leurs jagirs comme leur appartenant de droit; ils les avaient conquis à la force de l'épée, et non pas reçus de la libéralité du sultan. Ibrahim se trouvait dans une situation difficile. L'étendue3 de l'empire s'était accrue; l'aristocratie féodale était devenue intraitable, et les causes de mécontentement, accumulées pendant des années, commencèrent à s'affirmer ouvertement. Les Hindous, exaspérés des persécutions religieuses de Sikandar, détestaient profondément un gouvernement qui offensait leurspluschères croyances. Ibrahim se trouva en face des mêmes|difficultés que les Tudors, en Angleterre, vers la fin du xve siècle; mais il manquait de ce tact, de cette prévoyance, de cette force de volonté qui permirent à Henry VII de l'emporter sur l'aristocratie féodale qui tendait à s'immiscer dans les domaines royaux. Ses mesures draconiennes provoquèrent le ressentiment de la noblesse, dont la loyauté n'était pas à toute épreuve, et préparèrent le démembrement de l'empire afghan, que les ambitions personnelles des nobles eussent, de toute manière, entraîné. Mais Ibrahim n'était pas complètement blâmable.

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