‹ Histoire du monde (volume 5)Chapitre 99 sur 135 · Arnold, The Preaching of Islam, p · texte numérisé non relu

Arnold, The Preaching of Islam, p

Farquhar dit que l'influence de l'Islam est à peine sensible dans la littérature indienne avant 1400 ap. J.-C. Il fixe 1350 comme la date où commence cette influence. Au plus, on ne peut la faire remonter au delà de 1300 ap. J.-C. An Oulline of Reliy. J. itérât, of India, p. 284.

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par l'illustre Prophète de l'Arabie. Ce principe est déjà exposé dans les Upanishads, et nous le voyons atteindre un grand développement dans les différents cultes Bhakti, dont quelques-uns sont très anciens. Les philosophes védantins du ixe siècle l'ont interprété avec une grande sagacité; ce fut le sujet de controverses infinies, entre eux et leurs rivaux bouddhistes, dont les échos se firent encore entendre au moyen âge dans les monastères et les académies du pays1. La pureté cérémoniale, infiniment raffinée, inséparable de l'hindouisme orthodoxe, contrastait étrangement avec les coutumes, des envahisseurs musulmans, et creusa plus profondément encore le gouffre qui séparait les conquérants du peuple conquis2. Le progrès de l'Islamisme

1. Al-Birouni qui fut doué d'un esprit hautement critique et scientifuque, décrit la croyance en Dieu des Hindous :

« Les Hindous croient en un Dieu qui est éternel, sans commencement ni fin, tout-puissant, agissant de par sa propre volonté, toute sagesse, vivant et donnant la vie, régnant, préservant; un Dieu qui est unique dans sa souveraineté, au delà de toute ressemblance et dissemblance, c'est-à-dire qui n'offre aucune ressemblance avec quoi que ce soit, et à qui rien ne ressemble.

« Ils l'appellent Içwara, autrement dit se suffisant à soi-même, bienfaisant, qui donne sans recevoir. Ils considèrent l'unité de Dieu comm absolue et toute chose en dehors de Dieu qui peut avoir l'apparence de l'unité est en réalité une pluralité de choses. Seule l'existence de Dieu est réelle, puisque toute chose n'existe que par lui. Il n'est pas impossible de penser que les êtres vivants ne sont pas, et qu'ils sont; mais il est impossible de penser que lui n'est pas, et qu'ils sont. » (Sachau, Al-BirunVs India, pp. 27-31).

2. Al-Birouni exprime clairement cette opinion confirmée d'ailleurs par Ibn Batoûta, qui visita l'Inde au xive siècle. Al-Birouni dit, en parlant des Hindous de son temps : « Au contraire, tout leur fanatisme est dirigé contre ceux qui ne sont pas des leurs, c'est-à-dire tous les étrangers mlecchas, ou les impurs, et interdisent tout rapport avec eux, soit par mariage mixte, ou par toute autre sorte de relations, ou en s'asseyant, mangeant, buvant avec eux, par crainte de se souiller. Ils considèrent comme impure toute chose ayant touché le feu ou l'eau d'un étranger; et aucune maison ne peut exister sans ces deux éléments. En outre, ils ne désirent jamais qu'une chose qui a été souillée soit purifiée, et recouvre son état quoique dans les circons-

aux Indes fut dû à la force bien plus qu'à la simplicité de ses doctrines. Des raisons d'intérêt personnel, telles que le désir d'obtenir une haute fonction, occasionnèrent quelquefois des conversions. Le contact quotidien avec les musulmans, qui détenaient naturellement une grande autorité, et administraient les richesses de la communauté, doit avoir induit un grand nombre de personnes à accepter les doctrines de leur foi, mais dans beaucoup de cas ces soumissions ne furent que nominales1. Une autre raison qui a pu déterminer certaines gens à embrasser l'Islam est la situation dégradante qui leur était faite dans le système social hindou, lequel faisait des distinctions irritantes entre un homme et un autre, mais le nombre de ces gens doit avoir été infiniment faible. Les conversions volontaires à l'Islam furent excessivement rares, car le désir d'obtenir des dignités, non plus que les offres de récompenses pécuniaires, ne parvenaient à surmonter la répugnance que les Hindous ressentaient à l'égard de ceux qui les avaient privés de leur indépendance et avaient méprisé leur religion. Cependant, même à notre époque, où le dernier échelon de la société se rend compte des différences des classes, l'Hindou demeure conservateur et n'adopte pas facilement l'Islamisme, quoique sa conversion lui ouvre toutes les portes. Pendant

tances ordinaires, une chose ou une personne devenue impure doive s'efforcer de regagner l'état de pureté. Il leur est interdit de recevoir quiconque n'est pas des leurs, même s'il le désire, ou incline vers leur religion. Ceci aussi rend impossible tout rapport avec eux, et constitue le plus profond fossé entre nous et eux. (Sachau, Al-BirunVs India, pp. 19-20.

1. Sous le règne d'Akbar, les rajas Man Singh et Todar Mal refusèrent de s'inscrire dans le Din-i-Ilahi. Le premier refusa catégoriquement à l'empereur, et le second, dit Aboul-Fazl, ne fut pas influencé par les idées de l'Islam.

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près de cinq siècles, les Hindous et les musulmans représentèrent deux unités distinctes dans l'Etat. Il y eut bon nombre de persécutions, tant religieuses que politiques, et les Hindous résistèrent obstinément de tout le courage qu'il leur restait. Aucun mariage volontaire n'est relaté entre familles royales, et le cas delà fille du Rana Mal Bhatti, qui, au xive siècle, fut enlevée de force par Tughluq Shah, laissa d'amers souvenirs. Le produit de cette alliance, qui désunit plutôt qu'elle n'unit ]es camps ennemis, fut Firuz Tughluq dans lequel les Hindous trouvèrent le fanatique le plus acharné contre leur religion.

Aux Indes, comme partout ailleurs, le gouvernement musulman était une théocratie. Le roi était César aussi bien que Pape; cependant son autorité en matière religieuse était strictement limitée par la Sainte Loi : « I] est l'ombre de Dieu sur la terre; c'est là que nous devons chercher refuge, lorsque nous sommes blessés par les circonstances imprévues de la vie1. » Il ne fait qu'exécuter la volonté de Dieu, et la loi civile dépend entièrement de la loi religieuse. Dans une telle administration, la classe cléricale devait occuper une place prépondérante. Les rois mahométans de l'Hindoustan détenaient le pouvoir suprême; ils frappaient monnaie, faisaient lire la Khotba en leur nom; cependant quelquesuns d'entre eux, tels qu'Iltutmish, Mohammed Tughluq et Firuz Tughluq, invoquèrent l'aide du khalife pour affermir leurs titres. L'Etat reposait sur le support de la classe militaire, composée de fidèles seulement.

1. Thompson, Pratical Philosophy of the Muhamm. People, p. 377 (ceci est une traduction du Akhlaq i Jalali). Ameer Ali, Jhe Spirit oj Islam, p. 264. Il cite des remarques de l'Imam Fakhr-ud-Din sur les devoirs réciproques du souverain et des sujets. Voir aussi les Etudes de Sarkar dans Mughal India, p. 310.

Les Ulama excitaient leur fanatisme et leur imposaient le devoir de lutter sous la bannière sacrée en leur disant que la mort sur le champ de bataille les récompenserait par les honneurs du martyre. En outre, l'amour de l'aventure, l'espoir de gains matériels, et la perspective d'une canonisation posthume, au cas où ils mourraient sur le champ de bataille, excitèrent plus d'un à risquer sa vie pour la cause de la foi. Ainsi les Ulama finirent par exercer une énorme influence dans l'Etat. L'extirpation de l'idolâtrie, la ruine de toute forme de foi différant du dogme reçu, et la conversion des peuples infidèles, devinrent l'idéal de l'Etat musulman. Beaucoup de gouvernants musulmans s'efforcèrent d'atteindre cet idéal des canonistes orthodoxes suivant leurs lumières et selon les occasions. Ceux qui cherchaient à atteindre ce but furent hautement loués par les historiens, qui appartenaient, pour la plupart, à la catégorie des Ulama.

Mais parmi les premiers rois des Indes, Alauddin adopta une nouvelle ligne de conduite. Comme Akbar après lui, il s'opposa à l'intervention ecclésiastique en matière d'Etat. Sa théorie politique est clairement exprimée dans le discours qu'il adressa au Qazi Mughis, qu'il consulta au sujet de la position légale du souverain dans l'Etat. Pleinement conscient des dangers d'une monarchie à base cléricale, il lui fit part d'une nouvelle théorie de la souveraineté et se déclara « le ministre de Dieu pour les choses temporelles comme l'est le prêtre pour les choses spirituelles ». Le peuple approuva cette doctrine, simplement parce que la situation politique demandait un homme énergique pour repousser les attaques mongoles et assurer l'ordre h, l'intérieur.

Inde

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Le rationalisme de Mohammed Tughluq, que Barani méprise, engendra contre lui une conspiration des Ulama, qui déjoua tous ses plans. Sous son faible successeur, elle gagna aisément le dessus, et le persuada de mettre les institutions de l'Etat d'accord avec les principes du Coran. Les taxes furent réduites au nombre prescrit par la Loi1, et les agents officiels furent souvent requis de combattre l'hérésie et l'infidélité. Après la période d'anarchie qui suivit la mort de Firuz, quand l'ordre fut rétabli dans l'empire, les Ulama recouvrèrent leur suprématie et sous Sikandar Lodi les Hindous eurent à subir de nouvelles persécutions. Durant toute cette période les Ulama continuèrent à exercer leur influence sur les affaires politiques; il fallait en effet une énergie extraordinaire pour repousser leurs avis et agir sans tenir compte des dogmes et des traditions de l'Eglise orthodoxe. Il est évident que l'intervention de la classe ecclésiastique fut néfaste aux intérêts de l'Etat. Les non-musulmans souffraient de la partialité du gouvernement. Les soucis de l'administration et des raids mongols mettaient seuls un frein aux conversions forcées. Ils étaient désignés sous le nom de Zimmis et devaient payer la capitation,oud/ezn/a, pour la protection de leur vie et de leurs biens2.

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