‹ Histoire du mondeChapitre 15 sur 58 · JRAS · texte numérisé non relu

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devenu l'intrépide partisan de cette brumeuse fantaisie. — Les dieux de Mitani viennent de l'Inde, car ils sont des dieux indiens et non pas, même d'origine, des dieux indo-iraniens : Indra, en tant que dieu, est spécifiquement indien. Sans doute vous direz que le dieu avestique Verethragna « Tueur de Verethra » doit son nom au mythe caractéristique d'Indra, la victoire sur Vritra, le meurtre de Vritra : mais, en fait, Indra à l'origine n'avait aucune relation avec Vritra-Verethra ; l'Inde a confondu Indra avec le « Tueur de Vritra-Verethra », plus vieux qu'Indra et demeuré dans PAvesta distinct du démon Indra. Il faut « retourner » l'idée que la science s'est faite des rapports del'Avesta et du Veda : c'est le Veda qui a innové. — Les dieux de Mitani sont indiens : « Vers le milieu du second millénaire avant J.-C, la sphère de la civilisation indienne s'était étendue jusqu'à la Mésopotamie. L'époque de la conquête aryenne de l'Inde et des débuts de la civilisation védique doit être reportée plus haut. Combien de siècle se sont écoulés entre l'entrée des Aryas au Penjab et le traité de Mitani? » — Le plaisir avec M. Sten Konow, c'est qu'on va de surprise en surprise et que sa splendide érudition ne le laisse jamais au dépourvu. — On comprend bien, dit-il, pourquoi le roi de Mitani invoque Mitra, dieu des contrats et personnification de l'amitié, Varuna, qui veille sur les engagements pris, Indra, dieu des batailles. Mais, s'il invoque les Nâsatyas, « je n'hésite pas à affirmer que c'est en raison de son mariage avec la fille du roi des Hittites ». En effet, les Nâsatyas ont un rôle nuptial, celui de garçons d'honneur, dans un hymne tardif du Rigveda. Mais cet hymne est tardif; nous pouvons conclure que l'ensemble ou bulk du Rigveda était composé, et depuis longtemps, à l'époque du traité de Mitani1.

1. The Aryan gods of the Mitani People, Khristiania, 1921 (Publica-

Toute cette littérature est de bien mauvais exemple pour nos confrères des Indes. ïilak et les partisans du « berceau arctique des Aryas », par exemple Abinas Chandra Das, M. A., B. L., Rig-Vedic India (Calcutta University, 1921), traduisent à l'hindoue les thèses de M. Jacobi : « Le fait vrai, c'est que, à une époque où le monde entier piétinait dans les ténèbres, les Aryas rigvédiques installés sur les bords sacrés de la Sarasvati et de Plndus et dans la belle vallée du Cachemire allumèrent le saint foyer de la civilisation et de la culture spirituelle et l'entretinrent, brillant et chaud, pendant des centaines de millénaires, pour le bénéfice de l'humanité ».

| 4. — L'Inde, VIran, V Occident.

La séparation ne s'est jamais faite entre l'Iran et l'Inde : « Quant à l'état de ces pays frontières du nordouest, il paraît avoir été alors [aux temps védiques], sensiblement le même que nous le trouvons à diverses époques historiques, au moyen âge par exemple, quand le plateau iranien était Ylndia minor, et, dans une certaine mesure, jusqu'à nos jours. De tout temps le Pathan est descendu dans l'Inde, tantôt comme envahisseur, tantôt par une infiltration lente et plus ou moins pacifique, et, aux époques anciennes, le Pathan n'était pas un musulman » (Barth, II, 108). Il y a toujours eu « une Inde trans-indique qui était plus ou

tions of the Indian Institute, Royal Frederik University). — J. H. Moiilton, Early Zoroastrianism, p. 25, accepte, lui aussi, l'opinion de Jacobi ; ses arguments sont « wild extravagance » ; il pense qu'an livre zorastrien décrit la mousson du sud-ouest telle qu'on dut l'observer à Dehli avant le dixième siècle avant notre ère. (A. B. Keith, JRAS. 1915, p. 798).

moins sous la domination ou l'influence perse et où les deux civilisations ont pu et dû se rencontrer, une Inde blanche, 'IvSr/.y) \i\jyA\, comme on disait au temps des Parthes » (Darmesteter, Mahàbhàrata et Shahnâmah, JAs. 1887, II)1. Conquêtes de Darius; princes grecs, parthes, indo-scythes, ksatrapas, etc. : « l'échange d'influences multiples qui s'est fait à diverses époques entre l'Inde et les pays iraniens n'a plus besoin d'être démontré. Admis jadis comme allant de soi, les études sanscrites, suivant leur tendance première de tout expliquer par l'Inde et par l'Inde seule, ont eu parfois le tort de paraître l'oublier » (Barth, II. 33). Cet échange s'est établi dès avant le moment où l'histoire atteste des communications et des contacts directs, « sans parler des courants plus cachés, que d'ordinaire elle ignore, mais qui ont dû nécessairement exister, passant de proche en proche et fort capables de porter une matière aussi légère, aussi faite pour cheminer que les fables et les contes » (Barth, J. des savants, nov. 1903).

Ces relations ont eu lieu de proche en proche entre des populations de même langue à peu près et de même civilisation. Les mouvements brusques des tribus iraniennes, Scythes et Çakas, les favorisaient. Nous savons combien aisément les Iraniens s'hindouisèrent : l'auteur du Périple (150 ap. J.-C) fait commmencer l'Inde à Minnagar qui est la Mïv 7uoXlç d'Isidore de Charax, une des capitales des Çakas.

D'ailleurs la Mésopotamie a eu certainement quelque commerce avec l'Inde à une époque fort ancienne

{. C'est le pays de laSarasvati sz Harahvaiti=r 'Apa^wo-ca, Arachosie (Kandahar) que, d'après Isidore de Charax (1er siècle), les Parthes désignaient ainsi. Dans le Zend Avesta (II, 13), Darmesteter exprime l'opinion que cette contrée, depuis le 2e siècle avant notre ère jusqu'à la conquête musulmane, fut plus indienne qu'iranienne.

Les détails et les dates manquent; mais l'écriture brâhmï paraît bien avoir été apportée par voie de mer. Nous examinerons les témoignages du Rigveda, qui sont douteux; l'influence perse depuis les Achéménides : données solides ; les multiples indices, quelques-uns sûrs, d'autres probablement décevants, des relations préhistoriques de l'Inde avec l'Occident1.

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