‹ Histoire du mondeChapitre 16 sur 58 · I. Textes védiques · texte numérisé non relu

I. Textes védiques

1. — H. Brunnhofer, par des imaginations fantaisistes, 2 a compromis une thèse qui n'est pas absurde : les origines littéraires du Veda ne sont pas exclusivement indiennes, penjabiennes; l'horizon géographique du Veda, qui comprend le pays de Caboul, s'étend peut être vers l'Arachosie, vers la Bactriane.

Cette question des rapports de l'Inde védique avec les populations iraniennes reste passionnante et obscure. Weber s'en est beaucoup occupé, donnant à l'Iran et lui reprenant; Ludwig et Hillebrandt reconnaissent dans le Veda des données iraniennes; mais, en général, les indianistes n'accordent rien à l'Iran; les iranisants au contraire, admettant volontiers pour la géographie du Vendidad une date pré-achéménide, constatent que l'Avesta connaît bien l'Inde de l'Indus. Les Hapta Hindu, ou « sept rivières » du Vendidad sont les Sapta sindhavas du Rig Veda (VIII, 24, 27) : c'est là évidemment un vieux nom du Penjab, les « Cinq rivières ». Mais que peut-on tirer de ce détail ?

1. Il faudrait de l'espace et de l'érudition pour traiter dignement ce sujet. Les notes qui suivent à titre d'indication.

2. Iran und Turfan, 1889 ; Vom Ponlus bis zum Indus 4890; vont Aral bis zur Ganga, 1892. Arische Urzeit. Forschungen auf dem gebiete des iiltesten Vorder und Zentralasiens nebst Osteuropa, Bern, 1910. — Voir Barth II, 108. « Tout n'est pourtant pas à rejeter dans ces élucubrations; car à un manque absolu de claivoyance générale, M. Brunnhofer unit une remarquable perspicacité de détail ». Sten Konow, Geschichte der Ind. Kultur dans Arc hiv fur Kulturgeschichte, IX, 2 (1911, p. 256). — Des vues très modérées dans Jackson (Rapson 318-344).

— Les Parthavas et les Parçavas du Rigveda (VI. 27, 8: X, 33. 2) sont-ils les Parthes et les Perses? Pas plus que M. Jackson (Rapson, p. 322) je ne partage dans la négation la sérénité de MM. Macdonell et Keith (Vedic Index). Pour les Balhikas de l'Atharvaveda (V. 22,) — peuple lointain où le sorcier congédie la fièvre : « Va chez les Mujâvants (pays du nord ouest), chez les Angas et les Magadhas (est) » 1 — il est bien difficile de ne pas y reconnaître les gens de Balkh ou de Bactres, que le sanscrit classique appelle Bâhlika de Bâhli, Bactres. Mais, dit-on, la forme Bahlika pour Bactriens ne peut pas remonter plus haut que les premiers siècles de notre ère, et comment croire que l'Atharva, Kâtyâyana et Patanjali contiennent des données d'époque aussi basse ? Donc Bahlika n'a rien de commun avec Bactres. — J'admire, encore une fois, cette belle certitude.

2. — On discute si la « manâ d'or » que le poète védique (VII. 58) demande à Indra, est la mine (p.và), un certain poids d'or 2.

Weber a étudié un mot tabuva « qui figure dans une formule contre le venin des serpents et ne rime à rien », lui a trouvé un sens « et finit par se demander si le tabou polynésien ne viendrait pas de ce tabuva. C'est prêter une bien grande fortune à trois syllabes obscures... » 3 (Barth II. 254)

1. t De naissance les Balhikas sont tes compatriotes! Va-t'en, 6 lièvre, au Mujâvant ou chez les Balhikas, bien loin; va chercher la lubrique femelle du sauvage et secoue-la comme il faut. 0 fièvre, avec ton frère la consomption, avec ton frère la toux, avec ton cousin le pâman, émigré vers ces étrangers là-bas ».

2. Keith dans Rapson, p. 88. — Zimmer, Weber, Grassman admettent le sens : « avec une mine — un certain poids — d'or ; » Bôhtlingh : « avec le désir d'or ». Max Mùller : « et aussi deux bracelets d'or ». — Max Mùller, India, p. 125-126, est très net: c Admettre que les poètes védiques ont emprunté ce mot isolé est contre toutes les lois de la critique historique ». — Mais qui a fixé ces lois?

3. Barth ajoutait : « S'il y a un rapport entre les deux mots, il

Victor Henry a examiné un problème intéressant. — ht sorcier védique exorcise la fièvre en lui disant : < Que tu sois ardeur resplendissante ou consumante, ou que tu naisses du feu qui couve sous les copeaux, de ton nom tu es Hrudu, ô dieu du jaune : épargne-nous ! » Or hrudu n'a pas d'étymologie sanscrite et on a dans les langues sémitiques, dans le sens de « or » un trisyllabe à peu près identique (haraçu, haruç). (Un mot sémitique dans le Veda, JAs. 1897, II, 511 ; Magie dans l'Inde antique, p. 184).

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