III. Relations préhistoriques
1. — On démontre les relations de l'Occident et de l'Inde antérieurement au vne siècle « par les faits commerciaux de l'antiquité et surtout par le commerce de l'Inde avec Babylone, lequel, croit-on, avait surtout lieu par le golfe persique » (Jackson dans Rapson, p. 329). Mais, à y regarder de près, nous n'avons de ce commerce aucun indice direct avant les Achéménides {.
1. Les références au commerce maritime dans le Veda (?) dans les Sutras (Baudhayana, I, 2, 24, II, 2, 2, Gautama X. 33), dans Jâtakas, ont été diligemment collectionnées par Samaddar, Economie conditions of Ancient India, Un. of Calcutta, 1922. — Buhler démontre l'usage ancien de l'écriture brahmi et le commerce maritime en 800 en s'appuyant sur les Sutras: mais ces documents sont sans valeur aucune pour cette époque {Paléographie, p. 17, Indian Studies, III, p. 15; voir Keith, très judicieux, dans Rapson, p. 140-141).
Lassen, lndische Alterthumskunde, 112, 626-752, Geschichte des griechischen Wissens von Indien, III, 87-458, Geschichte des grieschichrœmischen Wissen von Indiens,
Le Bâverujâtaka, récit bouddhique où est raconté l'importation du paon à Babylone (Baveru), est la pièce capitale du procès. S. Lévi a montré tout ce qu'il nous apprend quand on l'éclairé congrûment, et a écrit à son sujet un mémoire aussi solide que suggestif ! : « Ce conte « à dormir debout », comme le qualifie M. Halévi, si nous l'interprétons à l'aide de la méthode philologique, nous porte à supposer que le commerce des paons entre l'Inde et Babylone s'est ouvert à l'époque de l'empire perse, sous Darius et ses successeurs, après le voyage du grec Scylax qui avait reconnu (vers 510) la route de mer entre les bouches de PIndus et le Golfe Persique. Le témoignage de la littérature
A. Weber, Die Verbindungen Indiens mit den Liinder im Weslen (1853 et Indische skizzen, 1857, 71-124) ; Die Griechen in Indien, Sitzungsberichte de Berlin, 1890.
S. Levi, Quid de Graecis velerum Indorum monumenta tradiderïnt ,
H. G. Rawlinson, Intercourse between India and the Western World, Cambridge, 1916.
J. Kennedy, The early commerce of Babylon with India, 700-300 B. G., JRAS. 1898, 241-288 : «un singulier mélange de faits positifs, d'hypothèses et de fantaisies ; le côté indien de la question surtout est traité avec bien peu de critique » (Barth, II, 324). Kennedy (p. 264, note) reconnaît qu'il doit beaucoup à Terrien de Lacouperie, a one of the most learned and ingenious of men, but I need hardly say that his writings require to be used with caution... Fancy sometimes took the place of judgment ». — J. Kennedy s'est bien assagi dans The Gospels of Infancy, the Lalita vistara and the Vishnupurana ; or the transmission of religions legends between India and the West, ibid. 1917, 209-243, 469-540.
Rtiys Davids, Duddhist India, p. 115, adopte les vues de Kennedy — Pour démontrer l'antiquité du commerce entre le Dekkan et l'Occident on tire parti des Rois I, X, 22 (et dentés elephantorum et simias et pavos) ; mais il est douteux que les toukkiyim soient des paons et que toukkhiyim soit une transcription du dravidien togei (Lévi, Bâverujâtaka, p. 11).
R. Stube, Indien und der Westen, Licht der Osten (sans date) p. 242: bois indiens dans les palais d'Ur; éléphants, chameaux et rhinocéros de l'obélisque de Salmanasar ; couleur fortement babylonienne de la cosmologie et de l'eschatologie bouddhiques ; motif d'Antigone emprunté au Ramayana, etc. (??)
1. Autour du Buveru-jutaka, Annuaire de V Ecole pratique des Hautes-Etudes, 1913-1914.
grecque vient curieusement confirmer cette donnée. »
2. — Un cylindre de Lugalanda, patesi de Lagash (2850 avant notre ère), porte un dessin géométrique compliqué, identique aupadmdsana, « siège de lotus», et qui, certainement, n'a pas été inventé deux fois. « Le padmàsana vint de la Mésopotamie avec l'alphabet brâhmï, l'art de faire les briques, peut-être les stations lunaires (naksatra), les poids babyloniens (manà) et la légende du déluge2 ».
Victor Henry, croit reconnaître le « Sceau de Salomon » dans un talisman de PAtharvaveda (Magie dans VInde, p. 93).