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Écriture

Le mot lipi, libi, dipi, qui signifie « inscription, écriture », et qui est attesté par le nom qu'Açoka donne à ses édits, dhammadipi , dhammalipi « inscription de religion », est considéré depuis Burnell « comme une appropriation d'un mot d'origine étrangère, le vieux persan dipi...; le nom même de l'écriture dans l'Inde serait donc importé du dehors » (Senart, Piyadasc, I, 59; Bûhler, Indian Studies, iii, 21; Wackernagel, Grammatik, p. 56 de l'introduction et p. 222). — Beaucoup de termes relatifs à l'écriture, iraniens ou grecs (divita « scribe », mêla « encre », kalama xàXa^oç), sont certainement modernes ou ne peuvent être datés. Le mot pustaka « livre, manuscrit » vient probablement de l'iranien post (avest. pasta) qui signifie « peau ». (Gauthiot, MSL. XIX, 1915, 130 ; S. Lévi. JAs. 1915, i, 74).

L'Inde d'Açoka a deux écritures *, la brdhml

1. R. E. Enthoven, JRAS. 1922, 533, qui cite sur l'ancien commerce A. M. T.Jackson; Sghoff, J. Am. Or. Soc. vol. 33, 252 et VImp. Gaz. of. India. Bombay Presidency , I, p. 15.

2. Weber, Ueber den semitischen Ursprung des indischen Alphabets [Indische Skizzen, 1857, 243); J. Halevi, JAs. 1885; 11,243, Revue sémitique, 1895, 1899; Bûhler, Indian Studies, III, on the origin of

« écriture sainte » qui s'écrit de gauche à droite excepté sur une monnaie du ive siècle (?) (Biihler, Palœographie p. 32) et la kharoshtJti, littéralement « écriture lèvre-d'âne », ou mieux, croyons-nous avec M. S. Lévi, kharoshtri, littéralement « écriture ânechameau », qui s'écrit de droite à gauche: les deux leçons caractérisent cette écriture comme « écriture du pays de Kharoshtra » *.

L'origine lointaine et la date de cette seconde écriture, si on n'est pas d'accord sur son nom, ne soulèvent pas de grandes difficultés ; en ce qui concerne la brdhmï, elle est évidemment sémitique, mais on n'a aucune donnée claire sur son point de départ (type inscription de Mesa ?), sur la date de son importation dans l'Inde, sur l'évolution qui a abouti à la « retourner ».

Voici, sur ces points, l'opinion de M. J. Rapson.

« On trouve les origines de l'écriture bràhmï dans le type phénicien représenté par l'inscription de Mesha, roi de Moab, vers 850. Elle fut probablement apportée

the lndian Drahma Alphabet, lndische palaeographie, 1896 (académie de Vienne, 1895 et Strasbourg 1898).

G. H. Ojha, Palaeography of India, Ajmer, 1918; Wagkernagel, Grammatik, Intr. p. 51, Barnett, Antiquities, 225-232. — Barth, qui n'est pas convaincu par la dialectique de Bùhler, I, 393, II, 319, IV, 220-229. — Fleet, Epigraphie, {lndian Empire II, 73); Goblet d'ALvrELLA, Ce que l'Inde doit à la Grèce, 1891, 119-128; V. Smith, EarlyHistory 2, 1908, 25, 133, 154, J. Rapson, JRAS, 1905, 810.

1. Lïjdwig {Gurupuja, 1896, p. 68) tire kharotthi de l'hébreu haroseth t gravure, sculpture ». — Des recherches de S. Lévi {Notes chinoises sur l'Inde, 1. L'écriture kharoshtri et son berceau, 4. Le pays de Kharoshtra BEFEO. 1902 et 1904, trad. dans lndian Antiquary, t. XXXIII) il résulte que kharoshtri désigne un pays d'Asie Centrale dont le nom fut transcrit kharoshtra et, en chinois, KHalou-chou-tan-le. Il s'agit du Kashgar ou du Khotan, « la zone des Barbares limitrophes établis à la frontière de l'Inde et de la Chine » dont un centre religieux notable est le Goçirsha t Mont Tête de Vache », la colline actuelle de Kohmari au Khotan (Stein, Ancient Khotan, p. 190).

Sur les variétés successives de la kharoshtri, R. D. Banerji, JRAS. 1920, 193-219 ; employée jusqu'en 450 (Rapson, 657).

dans l'Inde par la Mésopotamie, transfert dû au commerce de Babylone avec les ports de l'Inde occidentale. Elle est la mère de toutes les écritures modernes de l'Inde. »

« La kharoshthî dérive de l'écriture araméenne introduite dans le nord-ouest de l'Iode au ve siècle, époque où cette région était soumise aux Perses et où l'araméen était officiellement employé dans tout l'empire achaménide. La récente découverte par J. Marshall d'une inscription araméenne à Taxila (première partie du ive siècle, JRAS. 1915, p. 340) démontre que, à l'origine, la langue et l'alphabet araméens furent, tels que, importés dans le Gandhâra : Bûhler l'avait deviné dès 1895. Les premières inscriptions en kharoshthî sont du nie siècle : l'original araméen était déjà adapté aux besoins de la langue indienne, de phonétique plus riche ; mais, au contraire de la bràhmî où l'original sémitique a été fortement élaboré, la kharoshthî porte encore la marque de sa provenance tant par le fait qu'elle s'écrit de droite à gauche que par la manière imparfaite dont les voyelles y sont représentées. Au me siècle de notre ère, au Turkestan chinois, la kharoshthî est plus développée !. C'est à l'empire Kushan qu'elle doit son extension dans ce pays où, aussi bien que dans l'Inde, elle est finalement supplantée par la bràhmî 2 ».

Nous n'avons aucun document certainement antérieur à Açoka (Barth, II, 317) et il est peut-être imprudent de croire que l'écriture était d'usage commun à l'époque de Gandragupta (Thomas dans Rapson, 483, d'après Kautilya). On ne peut accorder aucune valeur chronologique aux témoignages invoqués par Bûhler (voir ci-dessus p. 92, n. 1) et les sources bouddhiques (Rhys Davids, Buddhist India, p. 107-139 : étude de

l'écriture permise aux nonnes, un « jeu de lettres », etc) sont mal datées. — Mais il paraît certain que la bràhml a une longue histoire avant Açoka : l'usage commercial et officiel de l'écriture peut remonter très haut. Cependant le rôle de l'écriture, dans les écoles brahmaniques comme chez les bouddhistes, est nul (Senart, Théâtre indien, Revue des Deux Mondes, 1891, mai, 111; Rhys Davids, loc. cit.).

4. C'est en Chine que, d'après Biot (1840-1845, 1862) et L. de Saussure, il faut chercher l'origine des 27 ou 28 nakshatras « mansions lunaires » inconnues semble-t-il au Rigveda, et qui présentent avec les 28 sieou chinois et les menazils arabes des analogies étroites.

Max Mûller a combattu l'hypothèse de Biot avec des arguments bien faibles, Whitney, Burgess, Ginzel et Weber avec plus d'autorité (1860-1865). Les travaux de L. de Saussure (1909-1919) ranimèrent l'intérêt, et Oldenberg consacra au problème l'examen loyal et attentif qu'on lui doit : conclusion négative. — Supposer, avec Weber, que les sieou furent apportés en Chine par les bouddhistes, est inadmissible ; affirmer l'absence de relations entre la Chine et l'Inde antiques (Weber, Keith) est imprudent ; mais, pense Oldenberg, les sieou ne sont pas des stations lunaires, ne sont pas des nakshatras. Faire venir sieou et naksatras de Babylonie se heurte à cette difficulté que la Babylonie n'a pas de constellations correspondant aux sieou : mais elle a dû les avoir, c'est elle qui a élaboré un certain système de stations lunaires qu elle a pour son propre usage remplacé par un système plus savant, mais qui, diversement altéré, a abouti aux sieou, nakshatras et manàzil *.

1. Biot, J. des savants 1840, 1845 et Études sur l'astronomie indienne

Le nom de pays Sumer a une variante Shinar : il est fâcheux que Sumer ne se présente jamais comme « montagne des dieux » et « pilier du monde », car on pourrait sûrement attribuer une origine occidentale à la montagne Meru, aussi et mieux Sumeru et Sineru, montagne cosmique placée au centre des sept ou des quatre continents (F. W. Thomas, JRAS, 1916, 385).

La légende indienne du déluge — la légende de Manu, le Noé des Brâhmanas — qu'on croit qui ne remonte pas aux vieux temps védiques, est souvent citée comme une des preuves de l'influence sémitique *.

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