Le russe fait, semble-t-il, exception
pression. Ce travail de réparation est aussi important dans l'histoire des langues que le processus d'usure qui le rend nécessaire; mais il est plus difficile à étudier car il met en œuvre des éléments dont l'origine n'est pas claire et qui diffèrent de langue à langue. — Même une grammaire archaïque, comme la grammaire grecque, montre un grand déchet comparée à la grammaire de la langue mère; on examine avec un vif intérêt comment elle a réparé les brèches et refait, avec ce qui restait et ce qu'elle ajoute, un système en grande partie nouveau. Du côté de la syntaxe, les grammaires des langues filles ont toutes pris bien des initiatives. (Voir par exemple Meillet, Linguistique historique, p. 69, 159).
« Le vocabulaire turc, dans Posmanli, est encombré de mots persans et arabes; le lexique saxon dans l'anglais est tout mêlé de mots français; cependant le turc et l'anglais ont conservé leur originalité parce qu'ils ont gardé leur grammaire. Ce n'est pas la matière qui fait les langues, c'est la forme » (Chavannes, d'après Darmesteter, /. As. 1895, II, 49). — Les langues, en effet, présentent moins de stabilité au point de vue du vocabulaire qu'au point de vue de la prononciation et de la grammaire : la phonétique d'une langue et son appareil grammatical sont des manières d'organismes, très réfractaires à l'influence étrangère i et dont l'évolution de sa nature est lente et circonscrite. Au contraire les mots étrangers sont les bienvenus dès qu'ils enrichissent ou précisent le parler; souvent ils sont imposés par toutes sortes de contacts et de pénétrations. On compte les exemples de phonèmes et de procédés grammaticaux empruntés par une langue à une autre langue, tandis
4. Meillet, Dialectes, p. 138, Linguistique historique p. 297.
que partout les mots empruntés sont en nombre considérable, sans que pour cela les langues deviennent « mixtes » parce que les mots empruntés sont immédiatement adaptés à la langue qui les adopte *.
Les vocabulaires des langues indo-européennes différent beaucoup. A réduire le vocabulaire de la langue mère aux mots qui en faisaient certainement partie, c'est-à-dire à ceux qui figurent dans le lexique de plusieurs langues, on regardera beaucoup de mots grecs comme égéens, le bon tiers des mots germaniques comme poméraniens (?). Sans doute l'argument négatif — tel mot n'existe qu'en grec, avaç, ^aai^euç, etc ; donc il a été pris par les Hellènes au vieux fond méditerranéen oriental — est d'un maniement délicat, et la preuve n'a jamais, pour un mot donné, une valeur absolue: si Ennius n'employait pas le mot perna, qui douterait que l'espagnol pierna ne soit ibère? Mais le fait reste que, pour beaucoup de mots, l'étymologie indo-européenne proposée est arbitraire, artificielle, et que, pour un plus grand nombre, les linguistes, en dépit de leur ingéniosité à suivre les avatars des racines, n'osent proposer aucune explication (Meillet, Langue grecque 2, 40) 2.
i. Sur le h français du nord emprunté au franc, voir Meillet, Linguistique historique, p. 86 (A dire vrai l'explication n'est pas à l'abri de toute critique) ; sur la disparition du genre en arménien et en iranien oriental due aux habitudes du langage antérieur, ibid. p. 107. — Sur les langues mixtes, ibid. 72, 83, 85.
2. Dans un autre ordre d'idées, il est à noter que le vocabulaire indo-européen, dans ses parties les plus sûres et les plus anciennes ne se ramène pas à des racines verbales. Nous ne croyons plus que « père > signifie « protecteur », que la fille (OuyaT^p, daughter) soit « celle qui trait » (de duh).
§ 4. — Dialectes indo-européens *.
1. L'étude des patois montre que Taire de développement ou de propagation de tel changement phonétique, de telle création syntactique ou de vocabulaire, est indépendante de l'aire propre à tel autre changement. Par exemple le Nord français change c en ch, a en e, p en u, et le latin capra devient chèvre. Le changement c >> ch, a >> e, se produit vers le sud jusqu'au Berry ; mais le changement/) >> v n'atteint pas cette dernière région dans laquelle on constate le changement p > b qui est propre au Sud : dans chieb, le berrichon a ch et e comme le Nord, mais il a b à l'instar du provençal cabra. En termes techniques, la ligne d'isoglosse ch, qui délimite les pays où c a passé a ch, coupe la ligne d'isoglosse b, qui délimite les pays ou p a passé à b. Le domaine de la variation dialectale c > ch ne coïncide pas avec le domaine de la variation dialectale p >> u.
Les diverses langues indo-européennes sont entre elles à bien des égards comme les patois et dialectes des langues modernes, et on peut tracer dans le domaine indo-européen un grand nombre de lignes d'isoglosse qui s'entrecroisent.
Par exemple, au vieux k indo-européen correspondent régulièrement une sifflante, ç, en indo-iranien, en slave, en baltique, en arménien, en albanais, et un k en italique, en grec, en celtique, en germa-
1. La théorie des dialectes indo-européens est exposée dans A. Meillet, Les dialectes indo-européens, 1908, qui en signale les premières ébauches (Joh. Schmidt, 1872, a théorie des ondes »; Kretsgiimer ; Schrader, Sprac/wergleichung und Urgeschichtc, H. Hirt, Die Indogermanen).
nique, en illyrien: d'une part, les langues orientales dans lesquelles le mot qui signifie « cent » est du type sanscrit çatam; d'autre part, les langues occidentales où ce mot est du type latin kentum. Soit une première ligne qui permet de supposer des dialectes indo-européens çatam et des dialectes indo-européens kentum, — à et ô indo-européens restent distincts en celtique, en italique, en grec et en arménien ; en germanique, en albanais, en bai tique, en indo-iranien, ils se confondent sous la forme a ; en slave, ils se confondent sous la forme ô. Soit une seconde ligne d'isoglosse qui coupe la première.
Les langues indo-européennes montrent de la sorte des affinités différentes et constituent des groupes distincts suivant qu'on examine tel ou tel point de la phonétique. Dans plusieurs cas, les langues do çatam vont ensemble; dans d'autres, l'indien et l'iranien sont isolés ; parfois même une ligne d'isoglosse passe entre l'indien et l'iranien; le baltique et le slave, le celte et l'italique ont des rapports étroits ; sur des points importants, le grec, l'arménien, l'indoiranien se distinguent de toutes les autres langues. On citera, comme un exemple caractéristique, le fait que ces trois dernières langues sont les seules à connaître l'augmcnt, — car les variations concordantes se reconnaissent dans la morphologie comme dans la phonétique; par contre, au ci du locatif grec correspond un su indo-iranien, slave, balte, et les autres langues n'ont rien de pareil.
L'interprétation de ces faits est délicate. Bien souvent deux langues ont évolué tardivement dans le même sens, à l'exclusion des autres langues, — ainsi l'iranien et le grec ont remplacé s initiale par une aspiration (esprit rude), et de cet accord on ne peut conclure qu'une variation dialectale s > h se soit ma-
nifestée en indo-européen. De môme l'arménien a, comme le germanique, mais plus restreinte dans son domaine, une loi de Rask ou de Grimm.
Un bel exemple montre comment il faut entendre, dans plusieurs cas, la « convergence » des modifications phonétiques autonomes et le développement des particularités dialectales. — On ne peut pas affirmer, sans commentaires, que l'indo-européen était divisé en deux groupes de parlers, dialectes occidentaux qui prononçaient k et dialectes orientaux qui prononçaient ç. Ce que nous savons, c'est que, et sans doute de bonne heure, dès la période de l'indo-européen commun, se manifesta dans les dialectes orientaux « une tendance à rassembler les articulations vers le milieu de la voûte palatine ». Les sons articulés dans le fond de la bouche tendaient à se prononcer, non plus vers le voile du palais, mais plutôt contre la partie dure du palais : ils tendaient à avancer; les autres sons tendaient à reculer. Cette tendance atteignit à des époques diverses et dans une mesure inégale suivant les langues, un grand nombre des phonèmes dont le point d'articulation est susceptible de déplacement. Les labiales (b bh p ph) y échappent; mais t peut se prononcer, soit en plaçant la langue entre les dents, soit en la relevant vers la racine des dents : tous les t sanscrits sont ainsi prononcés; la gutturale est produite par le rapprochement de la langue et du palais : le point de contact aura lieu en un point quelconque du palais. La tendance à rassembler vers le centre l'articulation des gutturales explique comment l'indoiranien, le slave, le baltique, l'arménien, l'albanais répondent au k de xXsoç « gloire », irlandais du « gloire », par des sons mouillés qui aboutissent à des sifflantes : çravas, « gloire », zend et slave sravahslooo « parole ». — De même pour les voyelles. A ô
(sans doute « ouvert », comme dans « ocre ») se substitue a, qui n'est que o « avancé », prononcé contre le palais ; à è se substitue a, qui n'est que e « reculé » l.
Qu'on ne puisse pas postuler, pour l'indo-européen commun, des dialectes où cette tendance aurait abouti à modifier nettement le vocalisme, cela résulte du fait que, tandis quel'indo-iranien transforment 6 et ë en a, l'arménien conserve o et e — mais il « rassemble » les consonnes au palais ; — le slave, le baltique et l'albanais conservent e; le germanique, exempt de toute autre trace de palatalisation, change ô en â; le koutchéen, isolé, change o en e.
Une grande réserve est donc de mise 2. Mais nous tenons pour acquis que l'indo-européen, parlé sur un territoire assez vaste par des tribus dont les liens n'étaient pas très étroits, fut scindé en dialectes diversement séparés par des lignes d'isoglosse. « L'indo-européen se composait, dès avant la séparation, de parlers
1. M. Grammont, Notes de phonétique générale, MSL. xix (1916), 246. — Sous les t lois phonétiques » qui n'avaient rien d'une loi, n'étant que le schéma des changements phonétiques réguliers, M. Grammont mous apprend à distinguer les causes. L'étude de ces causes, de caractère très général, — tendance à la palatalisation, à la dissimilation, etc., — confère à la linguistique, très longtemps simple description, un caractère savant et philosophique.
2. Il y a des difficultés. La plus nette des lignes d'isoglosse est celle des gutturales; or l'albanais (Pedersen, K. Z. 36, 277-340) semble avoir un traitement différent de celui du groupe satem dans lequel on le fait rentrer d'ordinaire; les difficultés que présentent le slave et le lithuanien ne sont pas expliquées (Agrell, Die Entwicklung der idg. palatalen..., Lunds, 1918). L'écart chronologique enlève beaucoup de leur portée historique à d'autres lignes d'isoglosse: il se peut que i-eur. o — indo-iranien a n'ait aucun rapport avec i-eur o — : germ. a (règle moins générale car il subsiste des traces d'o devant m), qui est attesté seulement après l'ère chrétienne. — La théorie des dialectes indo-européens repose sur le raisonnement qui suit : théoriquement, l'indo-européen a comporté des dialectes; nous constatons des divergences qui se groupent sans trop d'effort selon l'aire géographique actuelle des parlers indo-européens ; ces divergences sont les restes des anciennes divergences dialectales (D'après des notes de M. J. Mansion).
déjà fortement différenciés... ces parlers occupaient une aire où les innovations linguistiques avaient lieu d'une manière indépendante sur des domaines contigus, sans qu'il y eut nulle part une limite qui séparât entièrement certains groupes de certains autres » *.
Ainsi se trouve confirmée la conjecture du Père Goeurdoux : le grec et le sanscrit, pense-t-il, viennent d'un fond commun; en outre, il y a des formes grecques en sanscrit et des formes sanscrites en grec. Nous disons aujourd'hui, avec plus de précision, que la vieille langue commune comprenait des zones où certaines innovations, certains changements, restèrent enfermés. Par exemple, l'augment — c'est-à-dire la préfixation normale d'un adverbe de temps à des formes verbales qui, par leurs seules désinences, indiquaient le passé — est une innovation née dans une de ces zones et qui atteignit les dialectes destinés, une fois isolés, à devenir le grec, l'arménien, l'iranien-sanscrit.
A l'époque où M. A. Meillet établissait les fondements solides de cette doctrine, doctrine d'ordre purement linguistique — il insistait sur ce point — la répartition géographique des langues indo-européennes connues correspondait, à peu près exactement, aux affinités démontrées par la grammaire. Les langues enfermées, ou à peu près, dans les mêmes lignes d'isoglosse, sont aussi celles qui, dès la plus haute antiquité connue, sont parlées par des tribus ou des nations voisines: grec, italo-celtique, germanique, balto-slave, iranien-sanscrit, iranien, grec, avec une place entre slave, iranien et grec pour l'albanais et l'arménien. Le schéma dressé d'après la grammaire concordait avec le schéma géographique : l'arbre indoeuropéen évoquait l'idée d'un ficus indica aux branches
1. Meillet, Linguistique historique, 111; Introduction 2, 31, 32; Langue grecque 2, 71.
maîtresses non entrecroisées. D'où une indication d'ordre historique fort intéressante : quand l'unité indo-européenne se brisa, « quand des colons ou des conquérants sont allés occuper des domaines nouveaux auxquels ils ont imposé leur langue, il n'y a pas eu dislocation dans la disposition primitive des langues, il y a eu rayonnement en partant du domaine primiti vement occupé ; mais lors de ce rayonnement rien n'indique que les anciens parlers aient chevauché les uns sur les autres et interverti leurs places respectives » (p. 135).
2. Mais l'invraisemblable arriva : « 11 n'y a pas de langue, attestée à date ancienne ou moderne, qui puisse être ajoutée au groupe indo-européen ; rien non plus ne fait prévoir la découverte de textes plus anciens des dialectes déjà connus... seule une trouvaille d'espèce inattendue pourrait apporter des faits qui renouvellent l'idée qu'on se fait de l'indo-européen ; il ne vient plus à la grammaire comparée des langues indo-européennes de matériaux vraiment neufs » (Meillet, Introduction, 410). Or les fouilles du Turkestan ont apporté aux linguistes des matériaux tout à fait neufs, une langue inconnue, qui ne renouvelle pas la conception de lindo-européen, mais qui se loge assez mal sur la carte des dialectes.
Cette langue, que plusieurs appellent tokharien ! — mais ce nom comporte certaines vues historiques qui ne sont pas démontrées — fut parlée depuis les environs de l'ère chrétienne au moins jusqu'au xe siècle dans les oasis méridionaux et septentrionaux du Bogdo-ola au nord du Lob, dans le pays Koutcha- Turfan. Nous la nommerons koutchéen. Elle fut
1. A. Meillet, Les nouvelles langues indo-européennes trouvées en Asie centrale, p. 7, 10. — S. Lévi, Le « Tokharien B » langue de Koutcha, J. As. 1913, II, 311-380 — Nous aurons à étudier le problème dans la deuxième partie de cette histoire.
recouverte par le turc, il y a mille ans, sans laisser aucune trace dans les parlers modernes. Elle atteste l'existence au cœur de l'Asie, à une époque très haute, d'un idiome indo-européen qui, loin de se rapprocher du groupe oriental, langues de çatam, et notamment du groupe indo-iranien-scythique avec lequel il n'a aucune ressemblance, se classe avec les langues de centum (traitement des gutturales): « Certains traits rappellent les langues occidentales, et en particulier l'italo-celtique : le tokharien est, avec l'italo-celtique. la seule langue à présenter des formes médio-passives caractérisés par un r Gnal; de même que l'on dit en latin nascitur, on dit en tokharien B cmetar « il naît »;... par d'autres traits, ainsi par ses nombreux participes et abstraits en l, le tokharien rappelle plutôt le slave et l'arménien... »
Les isoglosses établies pour les autres langues indoeuropéennes sont donc brouillées en ce qui regarde le koutchéen. Celui-ci d'ailleurs présente des caractères particuliers qu'on peut expliquer, provisoirement, par l'état d'usure où il est parvenu à l'époque où nous le connaissons : « Il n'a pas dû être fixé sous la forme qu'on en possède avant le début de l'ère chrétienne »; les finales de mot indo-européennes y sont tombées, comme dans les langues modernes de l'Europe; et il s'est refait de toutes pièces une déclinaison.
3. Nous ne pouvons enfin ignorer une jeune philologie, la philologie hittite. S'il faut admettre les conclusions, encore provisoires et fragiles, des plus notables de ses représentants, le problème de l'indoeuropéen se trouve singulièrement élargi, reculé dans le passé, compliqué à tout point de vue.
Faut-il croire avec MM. Fossey (1909), Holma (1916), Hrozny (1916), Cumont (1917), Marstrander (1919), que le hittite est une langue indo-européenne ? Devons-
2't INTRODUCTION A L'HISTOIRE DE L'INDE
nous avec MM. Sayce, ïlerbig, Bartholomae, Bork, Jensen (1920), Bloornfied, Prince (1921), penser que le hittite appartient au groupe « asianique » ou au groupe caucasique, mais qu'il a subi de fortes influences indo-européennes? Les savants distinguent d'ailleurs diverses couches de hittite: le hittite proprement dit, le dialecte officiel de Kanesk (Gappadoce), qui serait indo-européen, et le proto-hittite où les traces d'indo-européen seraient nulles.
Un ignorant est mal placé pour trancher le problème. Il lui est interdit de s'assurer si les déchiffrements proposés sont exacts. — Si M. Hrozny ne se trompe pas en reconnaissant en hittite une déclinainaison nominale de six cas comparable phonétiquement à la déclinaison indo-européenne, en déterminant les désinences verbales mi et i9 si, t, ueni, teni et ei\ en affirmant que l'addition d'un suffixe ki, kid, donne une valeur indéfinie aux interrogatifs kuis, kuid, nous avons dans le hittite plusieurs fragments d'excellent latin-sanscrit. Le cadre de la langue serait indo-européen, mais le vocabulaire n'est pas indo-européen : c'est en vain que M. Hrozny compare eku a boire » avec aqua « eau ». — Donc, à accepter les lectures qu'on nous propose — hélas ! sans unanimité — un clan de langue indo-européenne2 s'est installé, en pays proto-hittite, a adopté la langue de ce pays, mais a prêté aux verbes et aux noms proto-
1. G. Gontenau, Essai de bibliographie hittite, 1922, qui contient un t Tableau des études hittites ». — Voir Maspero dans RHR, 1898, II, 369. — L'hypothèse du hittite indo-européen est ancienne: « Il est maintenant hors de doute que le peuple hittite fait partie de la famille indo-germanique ». (Fossey, J. des savants, 1909, p. 315). — Sur les recherches de Hrozny et Forrer, voir les articles très clairs de A. H. Sayce dans JBAS. 1920, 49-83, 1922, 537. - Dernier avis autorisé : t l'affirmation que le hittite serait indo-européen paraît bien aventurée ; elle a été contestée par la plupart de ceux qui ont examiné les documents », Meillet, Linguistique historique (1921), p. 99, note.