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hittites les désinences auxquelles il était habitué. De même le moyen-âge a latinisé des mots germaniques, les pandits ont sanscritisé des mots dravidiens. — On ne connaît pas d'exemples de ce procédé poussé aussi loin, jusqu'à l'abandon quasi-complet ou complet du lexique natif associé à la merveilleuse conservation de la morphologie.

M. Sayce, qui n'admet pas avec MM. Hrozny et autres le caractère indo-européen du hittite, croit que la flexion indo-européenne vient du hittite : « Ce n'est ni en Europe, ni en Asie centrale, que les langues indo-européennes ont pris leurs formes maîtresses, mais bien en Asie-Mineure. C'est là que le bronze a probablement été découvert ; c'est de là que l'usage du fer s'est répandu dans le monde oriental : ce pays était, comme aujourd'hui le Caucase, un rendez-vous primitif des langues, a primaeual meeting place of languages. Nous savons qu'une partie considérable du vocabulaire grec vient de l'Asie-Mineure: libre à nous de croire que, tout autant, la grammaire grecque y a pris forme. L'hoxamètro môme, qui suppose une longue période de développement artificiel, apparaît d'abord sur sol asianique. Et ce qui est vrai du grec doit être vrai des autres langues indo-européennes. »

Je suis, pour ma part, convaincu que les linguistes arriveront à nous instruire sur la préhistoire de l'indo-européen. Et je prends volontiers au sérieux l'hypothèse des origines hittites ou sumériennes de nos langues1 : il faut bien que l'indo-européen soit la forme évoluée d'une certaine langue dont nous ne savons encore rien. Mais les arguments d'ordre romanesque et pseudo-historique, tels ceux de M. Sayce, font une impression fâcheuse.

1. H. Moller de l'Université de Copenhague, Semilisch und Indogermanisch (1907), a de bonnes remarques (JRAS. 1908, p. H99).

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