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D'après Wackernagel (Grammatik, p. xvii-xviii), « dans les milieux sacerdotaux, on parlait une langue qui, au point de vue de la phonétique, ne différait pas de la langue des hymnes du Veda, qui s'écartait de la langue des hymnes par l'omission des archaïsmes, par l'omission des expressions poétiques ». M. A. Meillet pose la question : « A part la syntaxe et le vocabulaire qui ont un caractère sensiblement artificiel dû au fait qu'il s'agit d'une langue religieuse, la langue védique est-elle un idiome purement traditionnel, composite, comme semble l'être la langue homérique, ou représente-t-elle avec une certaine fidélité un état d'une période et d'un dialecte donnés? C'est le grand problème ». (J As. 1910, n, 186) 4.

Certaines parties du Rig se décèlent comme modernes par l'imitation systématique d'hymnes que nous possédons (Wackernagel, xvi). On peut croire que tous nos documents sont d'une seconde manière: la grammaire védique est archaïsante, elle est encombrée de vieilles formes plus ou moins préhistoriques (Meillet, ibid., p. 184).

Autre problème. Les hymnes, avant l'époque assez tardive où ils ont été fixés dans la mémoire par un système compliqué et précis, ont subi bien des altérations. D'après A. Meillet, « le texte traditionnel est sensiblement infidèle et rajeuni2 par rapport au texte des auteurs primitifs ». Le texte traditionnel a notam-

1. Sur le caractère artificiel de la syntaxe et de la stylistique, Wackernagel, p. xvn, du vocabulaire, p. xiri. — La langue des hymnes est uniforme, ne présente pas de variétés dialectales; elle accuse seulement les préférences morphologiques de certaines familles de chantres.

2. Gomment le texte primitif a été modernisé légèrement, Wackernagel, p. x-xn, que la rédaction définitive doit être placée après les Bràhmanas et avant Pânini, p. xn. On doit douter si certaines variantes dialectales doivent être reportées à la première rédaction, p. xin.

ment réintroduit des bh et des dh qui avaient passé à h dans le dialecte des auteurs des hymnes; il a restitué l pour bon nombre des r que le Rig ancien avait, à l'instar de l'iranien, substitué aux l indo-européens1. Le Rig fut composé au Penjab; il fut « gravé dans les mémoires », si on peut ainsi parler, dans une région plus orientale.

§2. — Sanscrit.

En dépit de ses tendances archaïsantes, et si ésotérique qu'ait dû être, dès les débuts, la tradition védique, la langue des Hymnes n'est pas exempte de « prâcritismes » 2. Les premières manifestations du

1. Meillet, Les consonnes intervocaliques en védique, Indogermanische Forschungen, XXXI, 120 ; Blogh, Formation de la langue Marathe, 1920, p. 2.

Je ne suis pas porté à voir, avec M. Bloch, dans l'emploi védique des désinences d'instrumental, le conflit de deux parlers. Sur ce point notre texte paraît très archaïque : il affecte — ebhis aux pronoms, — ais aux substantifs et aux adjectifs. C'est de l'indoiranien authentique. Le vieux-perse généralise — aibhih, l'Avesta — aiz, le sanscrit — ais, le pràcrit — ebhis : « le Rigveda échappe seul à une réaction antipràcritique » (Meillet, loc. cit.).

2. Les caractéristiques du pràcrit sont la chute des consonnes finales, la réduction des groupes de consonnes, plus tard l'adoucissement des consonnes intervocaliques, la chute des intervocaliques. « Au lieu de muktas (délivré,) on dit mutte ou mutto, au lieu de vidyut (éclair) on dit vijju, comme en italien on dit fatti au lieu de facti et ama au lieu de amat » (Oldenberg, Bouddhisme, p. 176). Dans le texte cité p. 105 ou a thio pour sthito.

Il arrive souvent qu'en sanscrit la forme prâcrite acquière droit de cité avec un sens différent (0. Franke, Gurupûjâ, 23) ; comparer fragile et frêle.

Le prâcritisme résulte des deux tendances qui avaient transformé l'indo-iranien en védique ou vieil indien : « La cérébralisation avait étendu ses conquêtes dès le vieil-indien à peu près à tout ce qui était susceptible de subir sa domination; elle n'en fait d'autres en moyen-indien [= pràcrit] que parce qu'elles lui sont offertes par un nouvel état de choses... Le relâchement de l'articulation est plus actif que jamais ; partout il développe, il achève les changements commencés en vieil-indien ; il altère le vocalisme ;

prâcritisme remontent aux temps iraniens1; elles se multiplièrent dans la langue que l'on parlait autour des collèges védiques et qui, sans doute, présentait déjà les particularités du « moyen indien » (Pâli). Un grand nombre de formes védiques sont empruntées à la langue populaire : les unes ont été admises dans les Hymnes à l'époque même où les Hymnes furent composés, les autres s'y sont glissées avant l'époque de la consécration du texte (Wackernagel, p. xvn).

Depuis le Rigveda, la langue savante dont il est le plus ancien document évolue et devient le sanscrit : le dixième mandata du Rig fait pont entre le Rig et les autres collections d'hymnes; puis vient la « fin du Veda », Brâhmanas et Upanishads qui diffèrent peu de la langue qu'a régularisée et consacrée la grammaire, et qui porte le nom de sanscrit 2.

De grands changements s'accomplissent. Le Père Calmette constate que le Veda est écrit dans une langue plus ancienne que le sanscrit: « le samscroutam n'en donne pas la clef... les derniers livres du

il écrase, il bouleverse le consonantisme et le rend méconnaissable ». (Grammont, M S L. XIX, 5, p. 267-277).

Sur les prâcritismes du Veda, Wackernagel, xviii-xix, Brugmann, Grundriss*, 260, 429, 430, 459, 635, 726, 817, 825, 828, 853, 872; des listes, moins correctes, dans Muir, Original sanskrit texts, vol. II ; Weber, Indische Studien, II.

Les prâcritismes sont infiniment plus nombreux en sanscrit, voir par exemple, Pisghel, Prâkrit Grammar, § § 77, 206, 417, l'index du Setubandha, éd. Goldschmidt, etc. Ils ne se comptent plus dans le sanscrit bouddhique.

i. Probablement le passage dans certaines conditions de la voyelle r à u, Meillet, Mélanges Kern, p. 121, Mélanges Sylvain Léa i, p. 20, Blogh, Marathe, p. 47.

2. « La langue des Brâhmanas est déjà à peu près le sanscrit classique et diffère plus de la langue des Hymnes que le latin de Lucrèce ne diffère de celui des Douze Tables ». (Barth. I, p. 48). — Les anciens grammairiens ignorent le nom de sanscrit ; la première mention est dans Râmâyana (Wackernagel, p. xxxiv). Sur le sens de ce nom, voir Appendice II.

vedam, par la différence de la langue et du style, sont postérieurs aux premiers de plus de cinq siècles » (16 sept. 1737).

Mais ces changements ne sont pas ceux d'une langue qui se développe « naturellement » (Wackernagel, p. xxm). Point d'altérations phonétiques, à part celles dues à la géographie ou au dialecte (r remplaçant l, l remplaçant d), à l'influence croissante des prâcrits, à la grammaire (euphonie); à part la disparition de l'accent tonique remplacé en sanscrit par l'accent d'intensité. En ce qui regarde la morphologie, le phénomème le plus notable est la simplification, l'appauvrissement, la régularisation (Wackernagel, p. xxiv) ; dans le Çatapatha, la normalisation est presque complète en ce qui concerne la flexion nominale: quelques traits anciens sont conservés, les doublets écartés. En outre, des procédés tout artificiels de dérivation et de composition sont inaugurés et développés qui tendent à éliminer la flexion : « ceci marque un nouveau stade dans l'évolution générale de la langue et révèle une altération encore plus profonde dans sa structure » (N. Stchoupak, Complément du nom dans le Çatapatha, M S L, xxi, 1918, pp. i, 38). D'autre part la flexion verbale, appauvrie, occupe encore une place que le développement de la « phrase nominale » réduira à l'extrême dans le sanscrit classique et bouddhique (J. Bloch, Phrase nominale en sanskrit, ibid. xiv, Wackernagel, p. xlviii).

| 3. — Prâcrits.

A considérer le problème en général, les prâcrits — qui sont les parlers populaires plus ou moins stylisés — représentent une forme évoluée, prâcritisée, de la

langue védique. Ils ne dérivent pas du sanscrit1.

A regarder les choses de plus près, on voit que la langue védique n'était qu'un dialecte, le dialecte occidental, de la langue aryenne à l'époque védique.

Les graphies des inscriptions d'Açoka, 2 si difficile que soit leur interprétation, accusent l'existence de deux groupes de dialectes: le groupe oriental — la langue du Magadha qui devint, plus ou moins, une langue impériale — et le groupe occidental 3. Parmi

4. Sur les relations du prâcrit-pâli avec le védique et avec l'indo-iranien, les védismes et les «r pré-védismes » en pràcrit-pâli, outre les travaux anciens de d'ALWis, Kacchayana's Grammar, 1863, p. gxii, voir Otto Franke, Pâli und sanskrit (1902) pp. 150-154 ; Geiger, Pâli Literatur und Sprache (1916). §§ 46, 78, 79, 111, 127, 162, 159, 160, 204 (sur les rapports du pâli et des prâcrits § § 36, 37, 60) ; Buhler, lndian Antiquary, XXIII, 1894, 148 ; Pisghel, Grammatik der Prakrit-Sprachen, (1900), § § 6, 28, 103, 113, 116, (iaz= latin ita zz sanscrit ili), 149, 261, 262, 266, (maintien de l'occlusion idha z= sanscrit iha), 306, 318, 326, 353, 368, 423, 429, 487, 578 et suiv. Blogh, Formation de la langue marathe, p. 89, 115, 116, 322, 415. Wackernagel, p. xix, xxv, xxvn.

2. Les sources sont Senart, Inscriptions de Piyadasi, II, 431 ; les recherches de T. Mighelson, lnd. Forschungen, XXIII, 219, Am. J. Phil. XXX, (1909), 284, 416, XXXI, 55; J A 0 S. XXX, (1909), 77 ; XXXI, 223.

Nous suivons J. Blogh, La formation de la langue marathe, 1920, p. 4 et suiv. ; Le dialecte des fragments Dutreuil de Rhnis, J As. 1912, 336. — Du même, J As. 1911, i, 162 et compte rendu des Buddhistischer Dramen de Luders, ibid., 1911, n, 167.

3. L'occidental ne connaît que r; le magadha changeait?' en l; d'autres dialectes distinguaient les deux sons. — La question r-l est une des questions compliquées de la grammaire indo-européenne. — En ce qui regarde les parlers indiens, Brugmann, Abrégé de grammaire composée (1905) p. 122 ; Wackernagel, p. xxi et 209 (§ 189 6), Bartholomae, Z D M G. t. 50, 716 ; A. Meillet, Indogerm. Forschungen, t. 31, 120 et MSI. XVII, p. 196.

« La racine lubh « désirer » provient d'un de ces dialectes orientaux de l'Inde qui avaient maintenu partiellement la distinction de r et de l abolie dans le dialecte du Nord-Ouest sur lequel repose la langue des parties anciennes du Rigveda » (Meillet, M S L. XVII, p. 196).

L'ouverture des aspirées intervocaliques (h pour dh) plus générale et avancée dans les parlers occidentaux.

La langue de Magadha a le nom. en e, l'occidental en o (et faits connexes).

En outre un nombre de détails, dont quelques-uns manquent de netteté, relevés par Wackernagel, p. xix.

les traits qui caractérisent ces deux groupes, quelquesuns indiquent un traitement différencié du même proto-indien commun; d'autres ne se peuvent pas expliquer sinon par le scindement du proto-indien en deux dialectes. Plusieurs des particularités qui distinguaient le groupe occidental se sont peut-être conservées dans les dialectes contemporains du nord-ouest.

Le texte original était sans doute dans la langue de la chancellerie du Magadha — langue qui devait être assez bien fixée; il est reproduit dans les multiples versions provinciales avec des graphies où on doit faire leur juste part à l'original même, aux parlers locaux, aux fautes des graveurs, à des influences sanscritisantes.

Depuis Àçoka et jusqu'à l'époque où l'épigraphie devient exclusivement sanscrite (350 après J.-C), les inscriptions présentent les lectures les plus disparates; mais on ne peut tracer aucune ligne d'isoglosse se référant à des phénomènes anciens.

Quant au pâli, au prâcrit des Jains, au sanscrit bouddhique, aux prâcrits du drame et de la littérature, on désespère d'en tirer rien qui soit sûr pour la distinction des dialectes : ces langues littéraires sont dans une large mesure artificielles ; elles correspondent à des stades différents de l'évolution du vieil indien, mais on y discerne malaisément un petit nombre de caractéristiques locales.

Pour les parlers modernes, dans l'ensemble — abstraction faite des dialectes du nord-ouest — ils dérivent au point de vue grammatical et au point de vue phonétique du même moyen-indien commun, « comportant tout au plus comme toute langue commune la survivance de quelques variations dialectales ». Les langues de l'Inde du nord ont été uniformisées: le bouddhisme, le brahmanisme avec le sanscrit d'in-

fluence prépondérante, la centralisation politique au bénéfice de Patna, de Canoje, deDehli, ont unifié l'Inde linguistique et fait disparaître les traces de l'ancien morcellement dialectal qui devait correspondre à l'état politique antérieur aux Mauryas. Il faut admettre, avec M. J. Bloch, « l'hypothèse d'une uniformisation générale des prâcrits ou des apabhramças aboutissant à une sorte de Romania indo-âryenne d'où, à leur tour, se seraient détachés les dialectes modernes ». (7 As. 1912, I, 336).

| 4. — Langues de Vest.

Où placerons-nous les Aryas qui, à l'époque du Rigveda, parlaient les dialectes orientaux?

Il y a longtemps que Barth se demanda « si le Veda a été ou non, à l'origine, la propriété commune des populations de langue aryenne de l'Inde, et si d'autres tribus de même langue n'y ont pas précédé celles dont faisaient partie les Rishis (auteurs des hymnes védiques) » (IV, p. 6, note, Revue critique, avril 1887).

A cette question, sans avoir lu Barth, Oldenberg répondait dans son livre sur le Bouddha (trad. Foucher, p. 9) en affirmant que les tribus aryennes auxquelles appartint le Veda ne furent pas les premières à entrer dans l'Inde : « Au temps où les hymnes du Veda furent composés, des bandes aryennes, ou du moins de hardis avant-coureurs isolés, avaient pénétré à l'ouest jusqu'aux embouchures de l'Indus, peut-être même à l'est jusqu'à celle du Gange; selon toute vraisemblance, les premières tribus immigrées furent justement celles qui ont pénétré le plus loin vers l'orient; nous les trouvons plus tard à l'est du confluent du Gange et de la Yamounâ, établies sur les

deux rives du fleuve; ce sont les Angas et Magadhas, les Videhas, les Kàçis et Koçalas... 1 De nouvelles vagues de la grande marée d'immigration amenèrent avec elles d'autres troupes d'Aryens; supérieurs à leurs frères au point de vue intellectuel, ils sont les auteurs des plus anciens documents de l'esprit indien, ceux que nous désignons sous le nom de Veda ».

Ces hypothèses, inspirées par ce que nous savons de la marche vers l'est de la civilisation védo-brâhmanique (voir ci-dessous p. 207) trouvent une confirmation intéressante dans l'opposition des dialectes du Veda et du iMagadha. Wackernagel, se plaçant au point de vue grammatical, les considère comme vraisemblables (p. XXI).

| 5. — Influences autochtones.

On demande s'il en va de Pindien (védique-sanscrit-prâcrit) comme du grec où les linguistes reconnaissent des éléments non indo-européens nombreux et importants : «... des mots comme (3a^euç ou comme ava£ n'ont rien qui rappellent l'indo-européen ni par l'aspect général, ni par les éléments constituants...» Il ne faut pas « chercher à expliquer par l'indo-européen tout l'ensemble des termes de civilisation du vocabulaire grec, dont une part notable a chance d'être d'origine « égéenne »... Les Hellènes ont accepté une culture méditerranéenne; et, s'ils ont maintenu en gros la vieille structure de leur langue, ils ont modifié beaucoup leur vocabulaire »... (A. Meillet, Langue grecque 2, p. 43-44) 2.

1. Les observations de S. Lévi (JAs. 1923, II, 30) rendent bien douteux le caractère aryen de Anga-Vanga, Kosala-Tosala, etc.

2. Dans le même ordre d'idées, voir les recherches de P. Krktschmer dans le Wiener Zeitschrift, t. 31.

Il ne semble pas que les habitudes linguistiques dravidiennes aient exercé une influence notable sur la langue aryenne de l'Inde. A la vérité, c'est à cette influence que, depuis Caldwell jusque Rapson, on attribue « l'apparition en sanscrit d'une catégorie phonétique nouvelle, celle des cérébrales ». Cette catégorie occupe une place de plus en plus grande du Veda aux Brâhmanas, au sanscrit, aux prâcrits. — Le problème est compliqué. Dans beaucoup de cas, il semble bien que l'on doive expliquer la « cérébralisation » qui apparaît dès le Rigveda et d'autres phénomènes analogues, par les tendances propres à la langue aryenne elle-même, tendances qui sont indo-iraniennes : « Au moment où l'indien prend son individualité il emporte du tronc indo-iranien dont il se sépare, deux tendances principales: le rassemblement des articulations vers le centre de la voûte palatine (cérébralisation), le relâchement général de l'articulation » ' (ci-dessus, p. 19). •

Pour le développement de l aux dépens de r, la question est trop obscure pour qu'on puisse conclure à l'influence dravidienne.

Par contre, le b est « un phonème à peu près inconnu en indo-européen »; les mots où il apparaît dans le Rigveda, de par leur signification même, sont des emprunts ». Il est probable que l'abondance de b en sanscrit classique provient d'une influence locale; il s'est substitué souvent au tf et la graphie même indique

1. Maurice Grammont, M S L. 1916, p. 254. — Bùhler nie l'influence dravidienne — Wackernagel dit : Il faut supposer a prioi'i des emprunts au vocabulaire des autochtones. Leur influence sur la prononciation est moins sûre, bien qu'on lui ait souvent attribué la cérébralisation qui distingue l'indien de l'iranien » (Ind. Grammatik, p. xxn). Il donne, p. 165, l'ancienne bibliographie, Caldwell, Comp. Grammar 2, 455-462, Asgoli, Glottologie, 233 ; etc., à laquelle il convient d'ajouter Sten Konow, Ling. Survey, IV, 278 9, Dieux de Mitani, p. 32; J. Bloch, JAS. 1911, i, 164; Marathe, p. 117 et suivantes ; Rapson dans Rapson, p. 49.

son caractère tardif: « dans l'écriture nâgarï b n'est qu'un v muni d'un signe diacritique » },

Les emprunts au lexique indigène sont rares dans l'ancienne langue ; ils sont nombreux dans lesprâcrits où ils fournissent une bonne partie des mots dits « locaux » (deçïya), et aussi dans le sanscrit tel qu'on l'écrit en pays dravidien : « Kumârila approuve expressément ces emprunts; il exige seulement l'addition d'une désinence sanscrite » 2.

| 6. — Caractères du sanscrit 3.

A l'époque du Bouddha et depuis longtemps, l'Inde parlait prâcrit; dans les milieux sacerdotaux avait été élaborée une langue, différente de la langue védique à bien des égards, mais qui en conserve l'état phonétique et qu'on nomme sanscrit. Cette langue n'apparaît dans l'épigraphie que très tard, après notre ère, et d'abord dans les pays soumis à la domination étrangère. . ; '

Max Mûller a cru qu'un espace de plusieurs siècles séparait la vieille littérature sanscrite, toute entière sacerdotale et rattachée au Veda, de la littérature profane sanscrite qu'il plaçait au v* siècle de notre ère : mais il est acquis que, vers les débuts de notre

1 J Bloch, Langue marathe, p. 153 ; Wackernagel, xxn et 162.

2 Wackernagel, p. xli, lu, lv. - J. Przyluski, De quelques noms anaryensen indo-aryen, M S L. XXII, p. 205-211 (1921) (Les noms sanscrits de la banane, du cerf, du sucre etc. seraient empruntes au mon-khmer). - Sur le gingembre, JRAS 1912, 475.

Un récent travail de J. Przyluski, Emprunts anâryens en ndoârven (BSL. t. 24, 1924, p. 118) porte sur une famille de mots beaucoup Us importante (charrue, linga, etc.) et autorise le plus prudent à des conclusions formelles. Supprimons donc les reserves exprimées ci-dessus, p. 129.

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