Voir S. Lévi, JAs., 1923, II
après de longues rivalités, du district de Kâsi, Bénarès, que le Magadha allait lui prendre; il joignait le royaume des Vamsas (Vatsas) qui avait apparemment son centre sur la Yamunâ à Kauçâmbï (ci-dessous, p. 232) et dominait entre Gange et Yamunâ. Nos sources ne savent rien des frontières occidentales du Koçala qui devaient le mettre en contact avec les Pancâlas.
Nous savons quelque chose des rois de Koçala et de leur généalogie. On ne peut y assigner une place précise à Kamsa qui conquit Bénarès et dont un descendant est connu sous le nom de « Grand Koçala » \ La mère du grand Koçala mourut à 120 ans; sa sœur Sumanâ, fille dévouée, attendit que la vieille femme fut morte pour se faire nonne (Therïgâthâ) ; sa fille épousa Bimbisâra roi de Magadha et reçut en dot les revenus d'un domaine voisin de Bénarès ; son fils, Agnidatta, lui succéda: il est généralement désigné par un titre officiel, Prasenajit « vainqueur », tout comme Açoka prend le nom de Piyadasi.
Prasenajit nous est très familier. Ami du Bouddha et un de ses interlocuteurs favoris — le commentaire du Dhammapada dit qu'il avait fait ses études à l'université de Taxila — il protégea Pordre naissant : c'est à bon droit qu'il est représenté dans les reliefs du stûpa de Bharhut. — L'histoire de son règne et de sa mort peut être considérée comme typique. En guerre avec Ajâtaçatru de Magadha, fils de Bimbisâra, il est d'abord vaincu et refoulé dans sa capitale ; mais la guerre a ses faveurs ainsi que ses disgrâces : il s'empare du camp d'Ajâtaçatru et d'Ajâtaçatru lui-même et lui accorde la paix en lui donnant (commentaire du Jâtaka) sa fille Vajrâ « Diamant ». Mais la philosophie le
i. C'est le nom du pays.
perdit. Tandis qu'il causait morale avec le Bouddha à Medalumpa, en pays Çâkya, il fut trahi par son fils Vidûdabha-Virùdhaka et par son ministre. Fugitif, il mourut comme il arrivait aux portes de Râjagrha, capitale de son ancien ennemi Ajâtaçatru dont il espérait secours : du moins obtint-il des funérailles royales. Mais Ajâtaçatru n'intervint pas pour l'instant dans les affaires du Koçala, et le méchant Vidùdabha profita des circonstances pour envahir le pays Çâkya et massacrer tous les Çâkyas. — C'est une légende curieuse où quelque lambeau d'histoire se dissimule. Désireux de s'allier à la famille du Bouddha, Prasenajit avait demandé une femme au clan des Çâkyas. Ceux-ci, très orgueilleux, réunis en leur boulé, jugèrent cette alliance inégale: ils envoyèrent une demi-sang, la fille d'un de leurs chefs et d'une esclave; Vidùdabha naquit de cette femme et de Prasenajit. Dès qu'il connut la fraude dont son père et lui-même avaient été victime, il jura de se venger et, dès la mort de son père, lava l'opprobre de sa naissance dans le sang des Çâkyas massacrés jusqu'au dernier.
3. Magadha 2. — A l'époque du Bouddha le royaume de Magadha était à l'aube de sa splendeur. Borné au nord par le Gange, à l'ouest probablement par le Son, au sud par la jongle qui descendait du Chotanagpour jusqu'au voisinage de Gayâ, il s'était accru à l'est, par de là la Champâ, de l'ancien royaume des Angas (capitale Champa, actuellement faubourg ouest de Bhagalpour). Rien à tirer du fait que le roi de Magadha exerçait un pouvoir souverain sur 80.000 villages
i. Mahavamsa, VIII, 18; comm. du Dhammapada, I, 359; Tibetische Lebensbeschreibung, 58; Rogkhill, Life of Buddha, 17, 117, 121. — Senart, Légende, 2, p. 385; Oldenberg, Buddha, p. 117 note ;Rhys Davids, Buddhist India, p. 11-12, et dans Rapson, p. 182 ; Pischel, 1ns gras beissen.