Voir dans Hastings les articles Magadha, Gayâ, Bihar
(Mahâvagga, v, 1, 1) : mais les indices d'une prospérité déjà grande sont multiples.
La capitale — à l'époque où Çâkyamuni, non encore Bouddha, rencontra le roi Bimbisâra pour la première fois — était Girivraja, dont les murs de pierre sont une des plus vieilles constructions identifiées de PInde. Quelques années plus tard le roi était installé dans une nouvelle capitale, Râjagrha, « Maison du roi », un mille au nord de l'actuel Rajgir *. Enfin lorsque le Bouddha, en route vers le nord et vers le Nirvana, franchit le Gange pour la dernière fois, le ministre d'Ajâtaçatru (fils et successeur de Bimbisâra), le brahmane Varsakara, « Faiseur-de-pluie », construisait un fort sur la rivière à l'endroit où devait s'élever Pâtaliputra ou Palimbothra ou Patna : le Bouddha prédit dès lors la grandeur de cette cité qui devint, croit-on, la capitale du Magadha depuis le roi Munda en 40 du Nirvana.
Bimbisâra, contemporain du Bouddha, est connu par les sources bouddhiques et jaïnas. En combinant les divers renseignements, tardifs il est vrai, on voit qu'il épousa : 1. la sœur de Prasenajit, Kosaladevî, « la reine du pays de Kosala », 2. Chellanâ, alias Vâsavï, fille d'un prince Licchavi et par conséquent une Vidéhenne, « la Vedehï », 3. 2 Khemâ, fille du roi des Madras au Penjab. — Bimbisâra aida puissamment la communauté naissante ; il lui donna le Venuvana ou « Parc aux bambous », à Râjagaha; il se montra d'ailleurs également généreux pour les sectes rivales (Dïgha, I, 111, 127). — Monté sur le trône à 15 ans, il régna 52 ans (?).
De son épouse vidéhenne, il eut un fils que les Jaïnas
1. D'après une source, peu de temps après le Nirvana, Ajataçatru fortifiait Râjagaha en prévision d'une attaque de Pajjota, roi d'Avanti.
nomment Kûnika ou Konika, et les bouddhistes Ajâtaçatru : « L'Invincible fils de la Vidéhenne » (Ajatasattu vedehiputta; voir p. 216). Il fut assassiné par Ajâtaçatru, crime excusé semble-t-il par le Bouddha mais qui eut un contre-coup politique : sa veuve, sœur de Prasenajit, mourut de chagrin, et Prasenajit arrêta de payer la rente qu'il devait comme dot (cidessus p. 227) : d'où la guerre entre Magadha et Koçala mentionnée ci-dessus.
Dans son ministre « Faiseur de pluie », Ajâtaçatru trouva un bon serviteur et très instruit des recettes diplomatiques étudiées dans les traités de politique et de morale. Le Magadha convoitait le pays d'outre Gange, Videha, Licchavis, etc ; il entretenait avec ce pays des relations matrimoniales, religieuses, de commerce ; il n'y exerçait pas une souveraineté précise. Alors Faiseur-de-pluie feignit d'être brouillé avec son maître Ajâtaçatru; passa, loyal Coriolan, chez les Licchavis; sema parmi eux la sizanie; rompit la confédération que les Licchavis formaient avec leurs voisins, et au bout de trois ans les livra vaincus et massacrés d'avance à Ajâtaçatru leur cousin *. — Cependant c'est sous Udâyibhadra, fils, successeur et assassin d'Ajâtaçatru, que les savants d'Europe placent l'extension du Magadha vers le nord. Un de nos vieux textes — qui d'après d'autres textes regardés comme vieux est appris par cœur en vue de gagner du mérite — considère la capitale des Licchavis comme une ville du Magadha.