Comparer Deussen, Phil. des Upanishads, p
2. Nous rencontrons ici le primitif emploi du verbe dont le substantif est nirvana, rafraîchissement.
et dans sa jeunesse, jouira de l'immortalité dans un monde céleste ; mais l'idée d'immortalité n'est pas précisée. Les Pères sont promus au ciel par leurs bonnes œuvres, leurs mortifications, la mort dans le combat, les funérailles. Ils ont besoin de nourriture; leurs fils leur offrent des banquets (çraddhà). — Sontils immortels? Plusieurs passages du Rigveda portent à penser qu'on doute de l'immortalité des dieux euxmêmes (Boyer, 21) : peut-être n'est-il pas sage d'en tirer une conclusion formelle.
2. Dans les Brâhmanas, il est dit, aussi clairement qu'il est possible, que les dieux, jadis, n'étaient pas immortels (Lévi, Sacrifice, 41), qu'ils ont conquis l'immortalité par la possession des formules et des rites, après avoir peiné, après avoir sacrifié, après avoir vaincu les Asuras. Il est dit, tout aussi clairement, que l'homme peut, à l'instar des dieux, et en dépit du contrat que les dieux, jaloux de leur privilège, ont fait avec la Mort, conquérir l'immortalité et se faire une place dans le monde des dieux. Le séjour immortel est celui où l'on est à l'abri de la Faim qui est la Mort, au-dessus du Soleil qui est la Mort : car c'est le soleil qui fait « la nuit et le jour », le nuctimère, le temps qui donne faim et qui détruit.
Faute de s'être assuré cette immortalité, faute d'avoir un fils qui la lui assure (Çatapatha, 12, 9, 3, 12), le Père reste soumis à la mort; il est condamné à la Re-mort (punarmrtyu). — On pourrait croire que la Re-mort est une seconde mort, définitive celle-ci : car si l'homme revit chez les Pères, c'est parce que les rites funéraires, les bonnes œuvres, la nourriture offerte par ses parents lui assurent une seconde naissance, une seconde vie: quand le temps a épuisé ses réserves, quand la nourriture — qui est l'immor-
talité (anna = amrtd) - lui manque «, pourquoi ne mourrait -il pas pour de bon? a - Mais, deux ou trois fois, la re-mort est une mort répétée, une mort a perpétuité (Lévi, Sacrifice 96-97) : « La Mort le frappe à nouveau, à nouveau ». On peut penser que son sort est semblable à celui de ces animaux éphémères décrits dans une Upanishad, et dont la vie est si courte qu'on peut leur dire: « Vis, meurs! ». Le principe vivant est indestructible, mais la mort ne lui laisse pas le temps de vivre, parce que l'aliment fait défaut. C'est une opinion généralement admise que l'idée de la transmigration est sortie de l'idée de la remort. Les brahmanes auraient pensé: si les morts meurent à nouveau, c'est pour renaître ici-bas (Boyer, p# 47). __ Mais les textes disent que la mort répétée a' lieu dans l'autre monde; mais, et surtout, ils ne font aucune allusion à la renaissance ici-bas (Lévi,
L'idée de la re-mort que nous avons vu qui se déduisait logiquement des prémisses védiques et des spéculations des brahmanes sur la vraie immortalité conférée par le sacrifice, a peut-être été inspirée aux brahmanes par la croyance à la renaissance répandue autour d'eux ; mais les auteurs des Brâhmanas ne donnent pas témoignage de cette croyance.
3. On ne peut pas dire que la doctrine de la transmigration soit ébauchée dans le Brahmana : on y trouve seulement la doctrine de la re-mort des hommes qui ne sont pas divinisés, qui ne passent pas audelà du soleil ; doctrine dont on peut tout au plus
1 Les dieux disposent de l'ambroisie dès les temps préhistoririques; Prajapati-Sacrifice les a d'ailleurs rendus immortels.