Sur le vassa et l'upakarana, Barth, I
Brahmâ, Pennemi du Bouddha, diffère beaucoup de Mrityu et ne lui doit presque rien (Foucher, Gandhara, II, 197); qu'Indra s'appelle ici Çakra. Dans le Bouddhisme, le samsara n'est pas seulement la métensomatose, mais le cycle qui entraîne tous les êtres vivants, dieux éternels compris : les Jaïnas, très proches de l'animisme et très archaïques, prêtent des âmes aux pierres, ce qui n'est ni brahmanique ni bouddhique. — Brahman, l'être absolu, est inconnu aux sources bouddhiques; Yàtman n'est jamais considéré comme Pâme du monde : « Tous les brahmanes ou religieux qui croient à Yàtman pensent que Yàtman est la pensée » : déclaration qui prouve, chez le Bouddha, ou plutôt chez les bouddhistes anciens, une médiocre connaissance de la doctrine brahmanique de Yàtman. Les bouddhistes et les jaïnas ont sur Pacte (karman) des théories, d'ailleurs divergentes, mais également élaborées. Les bouddhistes disposent d'une certaine science psychologique (skandhas, éléments delà personne humaine, etc), d'une cosmologie, d'une technique compliquée de l'extase, qui paraissent plus anciens que le Bouddha et dont on chercherait vainement une première ébauche dans les livres védiques. L'accord parfait d'une très petite partie du vocabulaire complique un peu le problème, en apparence seulement.
Car, revenons sur ce point essentiel, il faut plus que du parti-pris pour faire sortir de la Brhadâranyaka l'idée de la transmigration et le désir de la délivrance — idée et désir d'où procède le Bouddhisme: on doit reculer vraiment trop loin la Brhad. Bien plus, il y a impossibilité presque absolue à tirer le suicide jaïna du désir aupanishadique de la réunion à Brahman, à tirer la croyance au gandharva — embryon de la métaphore de la brodeuse (voir ci-dessus, p. 285, 288).
Mais nous n'imaginerons pas, avec Garbe et quelques-autres, une « science des castes militaires » opposée à la science des brahmanes ; nous ne définirons pas le rôle que le mélange de races a dévolu aux aborigènes. Nous constaterons seulement que, à l'époque des Upanishads et du Bouddhisme comme plus tard, les écoles exploitaient, chacune à leur manière, un certain fond commun, très riche, et que nous ne connaissons pas parfaitement.
| 5. — Religions de bhakti *.