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jour vos maîtres et vous leur obéirez, vous avez beau faire les: méchants ; ” Les [roquois disent que cette voix se faisait entendre
de temps en temps le jouret la nuit à eux, que cela leur faisant peur et les importunant, tantôt ils la mettaient dans un endroit et tantôt: dans un autre ; que même parfois, ils meitaient quelque chose
dessus pour l'empêcher de se faire ouir, mais qu'ils ne gagnaient’ rien, qu’enfin ils l’écorchèrent et en jetèrent le crâne de dépit, que
toutefois, ils ne laissaient pas d'entendre la voix du côté où ils. mettaient la chevelure, que si cela est, comme il n’y a pas d’appa-
rence que ceci soit une fiction sauvage, il faut dire que Dieu sous. les ombres de ce mort voulait leur faire connaître en leur faisant
ces reproches ce qui a arrivé depuis, que si on en veut douter, je: donne la chose pour le même prix que je l’ai reçue de personnes
dignes de foi, entre lesquelles je puis dire que la dernière qui m’en
a parlé et qui me dit l'avoir oui de la propre bouche de ces Iroquois: est un homme d'une probité très-avancée, qui entend aussi bien la langue sauvage que je puis faire du Français ; cela étant, j'ai cru devoir vous rapporter la chose dans l’ingénuité qu’on y peut: remarquer et je croirais manquer si je la laissais dans l'obscurité: du silence. Depuis ce désastre arrivé, on recommença mais un peu. trop tard à se mettre sur ses gardes et à ne pas souffrir les Iroquoisplus proche que la purtée du fusil. ce qui fit qu’ils gagnèrent fort peu sur nous le reste de cette année, et que tout ce qu’ils firent tourna à leur désavantage. Le petit printemps nous fournit une
histoire qui mérite d’avoir ici son lieu et sa place ; ce fut l’arrivée de 50 Français, lesquels arrivèrent ici le 3 avril sous le commande-
ment de #Hr. Dupuys, à la conduite des RR. PP. Jésuites qui avaient été obligés de quitter la mission de Onontahi crainte d’être: cruellement brulés par ces barbares ; plusieurs de leurs gens moins: disposés à ce genre de mort et à toute autre qu'il plairait à la providence d'envoyer, en eurent une telle frayeur qu'ils n’en furent guéris qu'à la vue du Montréal, lequel a fait plusieurs fois de semblables miracles ; au reste tout ce monde arrivé on tâcha de leur faire les meilleures réceptions qu’il fut possible et pour tâcher d'y réussir, on les sépara et on mit une partie au château et l’autre en cette communauté, à laquelle on accorda la grâce d’y précéder les RR. PP. Jésuites ; depuis cette flotte arrivée ici, il ne se passa rien qui mérite d’être écrit jusqu'aux nouvelles de France, lesquelles apprennent que le tonnerre qui avait menacé l’an dernier nos quatre missionnaires comme nous avons vu, avait fait grand
bruit en plusieurs endroits du royaume, ce qui fit que Mr. l'abbé.
de Quélus quitta Québec pour venir consoler le Montréal de sa pré-
sence, et il y vint demeurer au grand contentement de tout le.
monde mais surtout de messieurs Souart et Gallinier qui ne craignirent pas de s’avancer bien loin dans les bois sans crainte des ennemis, afin d'aller au devant de sa barque pour lui témoigner la joie qu’ils avaient de son retour. Or Mr. l'Abbé de Quélus étant au Montréal, aussitôt Mlle. Mance qui était depuis 18 mois estropiée d’un bras par l'accident que nous avons marqué, lui dit : ‘“ Mr. voilà que mon bras s’'empire au lieu de se guérir, voilà qu’il est déjà quasi tout desséché et me laisse le reste du corps en danger de quelque paralysie ; je ne le puis nullement remuer, même on ne peut pas me toucher sans me causer les plus vives douleurs, cet état m'enbarrasse fort surtout en me voyant chargé d’un hôpital, auquel je ne puis subvenir dans l’incommodité où je suis et l’état où je me vois obligée de rester pour le reste de mes jours, cela étant, voyez ce qu'il serait à propos que je fasse, ne serait-il pas bon que j'allasse en France trouver la fondatrice tandis qu’elle est encore vivante et que parlasse à Messieurs de la compagnie du Montréal afin d'obtenir de la fondatrice, s’il se peut, un fonds pour des religieuses, puisqu’aussi bien la compagnie du Montréal n’est pas présentement en état de faire celte dépense avec les antres que ce lieu requiert, je ne puis plus vaquer aux malades ; que sije puis réussir, j'amènerai de ces bonnes religieuses de la Flèche, avec lesquelles feu Mr. Ollier et les autres associés ont il y a déjà longtemps passé un contrat pour le même dessein ; qu’en dites-vous, Monsieur ? ” ‘ Vous ne pouvez mieux faire, ” lui dit-il : témoignant beaucoup de joie et de cordialité là-dessus. De là à quelque jours, Mr. Souart part pour Québec, Mr. L'abbé lui ayant dit qu’une des mères Hospitalières de ce lieu là avait grand besoin d'air, que comme c'était une personne de mérite, il fallait tâcher de lui sauver la vie, qu’il ferait bien de descendre pour cela, parce que ayant la connaissance de la médécine outre son caractère sacerdotal, aussitôt qu’il donnerait son suffrage à ce qu’elle monta ici pour changer d’air, or ne manquerait pas de la faire venir ; ce bon Monsieur ayant oui ce discours, se disposa de partir au plus vite, pressé par cette même charité qui sans lui donner le loisir de réfléchir le porte tous les jours chez les malades afin de les assister quand qu'il en est requis, selon que Sa Sainteté a trouvé bon de lui permettre, si ce Monsieur descendit promptement à Québec, il remonta encore au plus vite au Montréal avec cette bonne religieuse malade et une de ses compagnes. Ces deux bonnes religieuses étant à terre, Mr. l'abbé de Quélus qui n'avait pas manqué à dire la raison pour laquelle il avait envoyé Mr. Souart à Québec, soudainement vint avertir de tout ceci Mile, Mance qui ne savait pas ce qui se passait lui disant, ‘Voilà deux bonnes filles Hospitalières qui arrivent parceque l’une
| ne craiainte des oigner la s étant au estropiée it: “Mr.
à qu'il est n danger même on leurs, cet n hôpital, t l'état où ela étant, s bon que st encore Montréal r des relist pas préue ce lieu is réussir, lesquelles mps passé nsieur ? ” aucoup de fr. Souart res Hospime c'était vie, qu'il naissance qu’il donair, On ne ant oui ce tte mème te tous les est requis, Monsieur plus vite e ses COMl'abbé de laquelle avertir de lui disant, eque l’une
d'elle a besoin de changer d'air ; elles vous vont venir saluer et demander le couvert ;” après cela, ces deux bonnes filles entrèrent ; auxquelles cette bonne demoiselle un peu interdite
fit la meilleure réception qu’elle put, ensuite de quoi elle leur”
dit agréablement : “ Vous venez, mes mères, et moi je m'en vais :” Que si cette repartie d'esprit, fit voir son soupçon, cela lui était bien pardonnable d'autant que l'innocence de cette conduite eut paru un peu jouée à beaucoup d’autres ; Après avoir causé quelque temps avec elle, elle prit son temps pour aller voir Mr. de Maisonneufve, lequel croyant qu’elle avait fait venir ces deux religieuses, était étonné de ce qu’elle ne lui en avait rien dit, c'est pourquoi il la regarda un peu froid, surtout parcequ'il soupçonna quelque
| dessein d'établissement contre le contrat que feu M. Ollier avait
fait conjointement avec les associés en faveur des religieuses de la Flèche ; mais un peu d’éclaircissement lui ayant fait connaître
qu'ils n'étaient pas plus savants l’un que l’autre en cette matière et
que ces bonnes filles ne venaient que pour prendre l'air afin de se
| guérir, ils se mirent à rire de la fausse alarme, se séparèrent bons
amis, et Mlle. Mance s’en retourna trouver ses chères hôtesses, avec lesquelles elle fut deux jours et deux nuits, après lesquelles elle les
| laissa dans sa maison de l’hôpital et s'embarqua pour la France,
toute remplie d’un religieux amour vers ces deux bonnes et pieuses
+ filles aussi bien que pour toute leur maison où Dieu est admira-
blement bien servi, d’où elle aurait bien voulu dérober pour tou. jours un aussi riche trésor que ces den x hôtesses, sans que lesfilles de la Flèche auxquelles elle pensait uniquement à cause de l'élection qui en avait été faite. Etant à Québec, elle y resta 8 jours à l'hôpital où elle fut fort régalée en témoignage de reconnaissance du bon accueil qu’elle avait faite à leurs sœurs au Montréal, ensuite de quoi elle s’'embarqua, pour ne mettre pied à terre que dans l'Europe.
DE L'AUTOMNE 1658 JUSQU’A L'AUTOMNE 1659 AU DÉPART DES NAVIRES DU CANADA.
Le Montréal ne nous fournit pas de matières fort considérables
jusqu'à l’arrivée des vaisseaux de cette année, d'autant que chacun se tint si bien sur ses gardes à cause de la guerre, que l’on se para
de l’'embuscade de l'ennemi, ce que nous pouvons dire seulement, c'est que Messieurs du Séminaire de St. Sulpice ayant pris deux terres, aux deux extrémités de cette habitation, cela servit grande-
“ment à son soutien à cause du grand nombre de gens qu'ils avaient
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eu l’un et l'autre de ces deux lieux qui étaient les deux frontières de Montréal ; Il est vrai qu'il leur en a bien coûté, surtout les deux premières années à cause d’une pieuse tromperie que leur fit Mr. de la Doversière, qui sachant la nudité où tous les habitants étaient alors, leur dit qu'ils n’auraient pas besoin de mener beaucoup de | gens, qu’ils en trouveraient assez au Montréal pour faire leurs tra- # vaux, qu'ils n'avaient qu’à bien porter des étoffes et des denrées, W que moyennant cela, ils feraient subsister les habitants du lieu et MS feraient faire en même temps ce qu’ils voudraient : Il est vrai que M l'intention fut bonne, car ils trouvèrent un chacun ici dans un tel M besoin de ces deux choses que sans ce secours, il n’y eut pas eu M moyen d'y résister ; La providence est admirable qui prévoit à tout ; Pour les autres années ces messieurs firent venir une quan- £ tité de domestiques à cause de la grande chèreté des ouvriers qui & dans la suite n’ayant pas de si mauvaises années ont été bien aise | de travailler plus pour soi que pour autres ; puisque le Montréal ? se trouve ici pauvre en ce qui regarde l’histoire ; passons un peu À en France et voyons s’il ne s’y fait rien à son sujet qui nous donne lieu de nousentretenir, surtout voyons ce qui arriva à Mlle. Mance, # et disons ce qui lui arriva pendant le séjour qu'elle y fit, ce qui se | passa de la sorte. Elle ne fut pas plus tôt à Larochelle que prenant à un brancard à cause que l’état où était son bras ne lui permettait | pas une autre voiture, elle alla droit à la Flèche trouver Mr. de la # Doversière qui lui fit un visage fort froid, à cause de quelques mau vais avis qu'on lui avoit donné du Canada, appuyé de cette nouvelle, il croyait que cette demoiselle venait lui faire rendre | compte afin de se détacher de la compagnie et qu’elle vouloit w d’autres filles pour l’assistance de l'hôpital du Montréal que celles ! qui avaient été choisies par les associés. Voilà le rafraîchissement que cette infirme eut à son arrivée pour la délasser des travaux de ! son voyage ; mais enfin le tout étant éclairci, on se rapaisa ei l'union fut plus belle que jamais, si bien qu’elle se vit en état de partir en peu de jours pour Paris, plus joyeuse qu’elle ne se vit à son arrivée à La Flèche. Étant à Paris, elle vit aussitôt Mr. de Breton \ Villiers le supérieur du Séminaire de St. Sulpice et Madame sa chère fondatrice qu'elle rendit témoin oculaire de son pitoyable état auquel ils prirent une part bien singulière. Quelques jours après, ! elle vit tous les Messieurs de la compagnie du Montréal assemblés Lu auxquels elle fit un fidèle rapport des choses comme elles étaient
ici, après cela, elle leur témoigna bien au long, l'impossibilité où elle était de subvenir à l'hôpital si elle n’était secourue ; qu'elle croyait que le temps était venu d'envoyer ces bonnes filles sur lesquelles Mr. Ollier et tous avaient jeté la vue, qu’elle ferait son
frontières possible auprès de sa chère dame pour en obtenir la fondation, ut les deux qu’elle avait tout à espérer de sa bonté ; eux lui ayant témoigné la leur fit Mr. MN reconnaissance qu'ils avaient à sa sollicitude parlèrent tousunanintsétaient MS mement de son infirmité et dirent qu'il fallait sans plus tarder la aucoup de M faire voir aux plus experts, afin de tenter par toutes les voies pos-
e leurstra- MS sibles sa guérison. Là dessus feu Mr. Duplessis Monbar d'heureuse s denrées, BA mémoire ajouta que Mile Chahue la mènerait en son carosse chez du lieu et MM les personnes qu'on nomma et qu’on crut les plus habiles. La chose st vrai que M s'exécuta comme on l'avait résolue mais sans aucun fruit, car dans dans un tel MM toutes les consultes on nous répondit qu'il n'y avait rien à faire, eut pas eu que le mal était trop grand et trop invétéré, que de plus, elle était i prévoit à trop âgée, qu'il fallait même prendre garde que ce mal de bras ne une quan- se communiquat au curps ; que sa main et son bras ayant la peau uvriers qui aussi sèche qu'un cuir à demi préparé, qu’étant sans la moindre té bien aise liberté d'en user, que les parties étant toutes atrophiées et glacées le Montréal de froid sans conserver d'autre sensibilité que pour lui causer de sons UN peu MA grands tourments lorsqu'on la touchait, il y avait bien à craindre nous donne que le côté droit de son corps, ne vint participant des infirmités flle. Mance, de son bras ; que si quelques charlatans osaient entreprendre sa it, ce qui se guérison, au lieu de la soulagor,il attireraitet irriterait les humeurs ue prenant qui la rendrait paralitique de la moitié du corps, Mile. Chahue i permettait entendant ce langage des plushabiles de Paris, ramena son infirme, er Mr. de la MN laquelle commença de solliciter sa dame pour les filles de La Fléche. elquesmau- NS Or cette pieuse fondatrice ayant compassion d'elle et étant bien yé de cette aflligée de l’état irrémédiable où elle la voyait se résolut de faire rendre LS l'assister et donna 20,000 livres pour l'établissement des filles elle vouloit M qu’elle lui proposait, ce qui réjouit extrèmement les associés, al que celles "M lesquels en rendirent grâce à Dieu et à Mlle. Mance qui ménageait ichissement "NN ainsi des secours par sa prudence ; travaux qui furent si agréables s travaux de °° à Notre Seigneur qu'il les voulut reconnaître par un miracle authene rapaisa ei tique qui se fit dans la chapelle du Séminaire de St. Sulpice, le jour it en état de de la Purification où Dieu voulut honorer la mémoire de Mr. Ollier Ile ne se vit M$ son serviteur, donnant à son cœur le moyen de témoigner sa gra- Mr.de Breton titude à celle qui pour lors s'employait si fortement en faveur aime sa Chère 9 de cette Isle à laquelle il prenait tant de part lorsqu'il était vivant ; toyable état MS et dont Dieu veut bien qu’il prenne la protection après sa mort. jours après, M Comme nous allons voir par le détail de ce miracle que nous poual assemblés EM vons dire bien grand puisqu'il se réitère tous les jours à la vue d’un elles étaient " chacun et selon l’aveu de tous ceux qui veulent prendre la peine ossibilité où M de voir le bras sur lequel il est opéré et s'opère incessamment. rue ; qu’elle # Décrivons-en l’histoire ; quelques jours avant la Purification, Mlle es filles sur Mance était allé voir Mr. Breton-Villiers au Séminaire de St. le ferait son "Sulpice toute remplie de respect qu'elle conservait pour Mr. Ollier,
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elle lui demanda où était son corps et son cœur qu'on lui avait dit être enchassé séparément, qu’elle eut bien souhaité rendre ses respects à l’un et à l’autre ; Mr. de Breton-Villiers lui dit que son corps était dans la chapelle, qu'il avait son cœur dans sa chambre, et qu’elle vint le jour de la Purification dans le temps que messieurs les ecclésiastiques seraient à l'Eglise, qu'alors ils la feraient entrer dans la chapelle, parce qu’il ne voulait pas la faire venir devant tout le monde, d'autant que les femmes n'avait pas coutume d'y aller, si elle y entrait publiquement, les autres en recevraient de la peine, quant à lui, il y dirait la messe et lui apporterait le cœur de feu Mr. Ollier. Le jour arrivé, elle vint à l'heure donnée, aussitôt qu’elie fut entrée dans le séminaire, il lui vint à l'esprit que feu Mr. Ollier lui pourrait bien rendre la santé ; incontinent qu'elle reconnut ce qu’elle pensait, elle voulut l’éloigner comme une ten. tation, mais chassant cette pensée, il lui en vint de plus fortes ce qui lui fit dire qu’encore qu'elle ne les méritât, ce serviteur de J. C. pourrait bien obtenir cette faveur et même de plus grandes. Marchant vers la chapelle en s’entretenant de la sorte, elle vit Mr. Ollier, aussi présent à son esprit qu’on le pouvait avoir sans vision ; ce qui lui fit ressentir une joie si grande pour les avantages que ses vertus lui avaitacquises, que voulant ensuite se confesser,elle avoue qu'il lui fut impossible de le faire et qu’elle ne put dire autre chose à son confesseur sinon : ‘“ Mr. je suis saisie d’une telle joie que je ne puis vous rien exprimer.” Cette satisfaction lui dura pendant toute Ja messe et fut accompagnée d’une certitude intérieure que Dieu la guérirait par l'entremise de son serviteur. Après que la messe fut dite, voyant que Mr. de Breton-Villiers était pressé pour l’église à cause des cérémonies du jour, elle lui dit : ‘“* Donnez-moi un peu ce cœur que vous m'avez promis, il ne m'en faudra pas davantage pour ma guérison.” D'abord il le lui atteignit et la quitta en lui
marquant le lieu où elle le mettrait par après. D'abord elle le prit |
tout pesant qu’il était à cause du métal où il était enfermé et du
petit coffret de bois où le tout était enchassé et elle l’appuya sur M
son écharpe à l'endroit de son plus grand mal qui ne pouvait être
approché auparavant de la moindre chose. Or ayant appuyé ce |
petit coffret sur son bras, tout empêché qu'il était de plusieurs et
et différents linges attaciiés d’une multitude d'épingles, elle se mit à admirer et se conjouir des trésors qui avaient été enfermés dans h ce cœur et soudain voilà qu’une grosse chaleur lui descend de l'épaule et lui vint occuper tout le bras qui passa dans un instant h d’une extrême froideur à cet état qui lui est si opposé. En même à temps, toutes les ligatures et enveloppes se défirent d’elles-mêmes, à son bras se trouva libre, et se vovant guéri elle commença à faire 4
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un beau signe de croix, remerciant le Tout-puissant qui lui faisait une telle grâce par son serviteur, y ayant deux ans qu'elle n'avait pu faire autant de sa main droite qui était estropiée. Cela la mit en un si grand transport l'espace de huit jours, qu'à peine put-elle manger quelque chose tant elle était pamée. Son action de grâce faite, elle remit son bras en écharpe afin que le portier ne s'aperçut de rien et que M. de Bretou-Villiers fut le premier à apprendre la chose, ainsi elle s’en alla chez elle oû sa sœur arriva peu après ; elle voulait exprimer à sa sœur le bien qu'elle avait reçue et ne le {pouvant par ses paroles à cause qu’elle était transie d’allégresse, elle se mit à agir de sa main droite et lui montra par ses actions qu'il n'y avait plus de mal. Sa sœur tout transportée de joie elle-même ne lui put repartir que des yeux dans l’abord, mais ayant repris ses esprits : ‘* ma sœur, lui dit-elle, qu'est-ce que je vois, est-ce la sainte Epine qui a.fait cette merveille ?” — ‘ Non, lui répondit-elle, Dieu s'est servi du Cœur de feu Mr. Ollier.”—{* Ah oui, répondit-elle, ille faut publier partout, je vais le dire aux Carmes déchaussés, et dans tels et tels endroits.”—* Non, ma sœur, répondit Mlle. Mance, ne le faites pas, messieurs du séminaire n'en savent rien encpre, il faut du moius qu’ils le sachent les premiers, après leur récréation nous irons le leur apprendre.” Cela dit, ils se mirent à table à cause que heure en était venue et non pas pour manger, car il ne leur fut pas possible. Sur les deux heures, elles allèrent au Séminaire où une partie des Messieurs étaient retournés à l’église, mais comme Mr. de Breton-Villiers était à la maison, elle le demanda et lui dit aussitôt qu'elle l’aperçut en élat de le ‘tendre facilement : ‘Mons. en lui montrant sa main, voilà les effets de Mr. Ollier.” Mr. de Bretonilliers lui repartit : ‘ Voyant votre confiance de ce matin, je royais bien que vous seriez exaucée.” Après, il fit appeler ce qui était resté d’ecclésiastiques au séminaire afin d’aller les uns avec les autres remercier Dieu à la mème chapelle où s'était fait le miracle. L'action de grâce faite, Mr. de Breton-Villiers demanda à Mile. Mance si sa main droite de laquelle elle avait été guérie tait assez forte pour écrire la vérité du fait qui s'était passé, elle lui ayant répondu que oui, on lui donna incontinent du papier et Melle satisfit à ce qu'on souhaitait. Que si l'écriture a quelques Héfauts, il faut accuser l'extrême joie dont elle était émue et non
as les infirmités du bras et de la main : Le jour suivant, Messieurs
es associés du Montréal s’assemblèrent et firent raconter toute cette
histoire à cette bonne demoiselle pendant quoi ils remercièrent
Dieu de tout leur cœur, qui faisait encore par leur ancien confrère
e telles grâces à cette Isle en remettant Mile. Mance en état d'y
endre encore plusieurs services ; après cette assemblée, Mile. Mance
alla voir sa bonne fondatrice, laquelle reçut une joie indicible lorsqu'elle apprit ce miracle et qu'elle l’aperçut de ses yeux, y ayant eu cela de particulier en ceci que le miracle est continuel et manifeste, paiceque les principes des mouvements sont demeurés disloqués comme auparavantet cependant avec tout cela, elle manie son bras et sa main sans aucune douleur, comme si tout était en bon état, ce qui est un miracle si visible qu'on ne peut le voir sans être convaincu. C’est ainsi que tous les experts ont avoué et attesté. Mais passons ce bienfait qui nous assure de la bienveillance de Mr. Ollier, dans le lieu même là où il est aujourd'hui ; et parlons de ce qui se fit à Paris au printemps où les messieurs de cette compagnie firent plusieurs assemblées, dans deux desquelles Mr. l'évêque de Pétrée assista comme venant faire voir au Canada la première mitre qui y ait jamais paru. Dans ces deux assemblées où Mgr. de Pétrée fut, on parla d'envoyer ces filles de la Flèche au Montréal, mais ce prélat demanda toujours qu'on différât d'une année ce trajet, crainte, disait-il, que cela ne fit de la peine à une certaine personne qu’il croyait avoir d'autres dessein. Ces messieurs de la compagnie lui répondirent, qu'il pouvait bien l’assurer que celui dont il parlait n'aurait pas d'autre sentiment que le leur, que le fondement que l’on prenait de: :upçonner le contraire n’était que présumé et qu'on avait ‘out lieu de ne pas le croire ; qu’au reste on avait si grand besoin de ces filles pour le soulagement de l’hôpital du Montréal, que n'ayant aucune vue ni dessein pour d’autres, on le suppliait de trouver bon qu’elles partassent cette année-là. Après ces assemblées et cette prière faite à Mgr. de Pétrée, le temps de partir étant venu, Mile. Mance s'en alla à Larochelle, à huit lieues de laquelle il lui arriva un accident qui la devait du moins disloquer tout de nouveau, si la main qui lui avait donné la santé n'eut eu le soin de la lui conserver, ce qui arriva de la sorte : Les chiens ayant fait peur à un cheval ombrageux sur lequel elle était, cet animal se lança si haut par dessus un fossé, et en même temps la jetta si loin et si rudement sur sa main autrefois estropiée, qu'on a attribué à une charitable protection du ciel qu’elle en a été quitte comme elle l’a été pour une légère écorchure, sans rien rompre ni démettre, ce qui n’empêcha pas qu’une certaine plume trop libre, prit la peine assez mal à propos, d'écrire contre ce qui s'était passé au sujet de ce bras à Paris, usant de ces faits nouveaux pour redre ridicule ce fait dans une lettre qu’il écrivit à un bon père Jésuits à Larochelle au sujet de Mlle. Mance ‘ Enfin le miracle est démiraclé, et la chûte de la demoiselle l’a mise en pareil état qu'autrefois.” Le Père à qui on écrivait se connaissant bien aux
ruptures et dislocations vint voir si cela était vrai, et croyant que
ce qu comm “ Mon chûte
doit à reste,
subsis
infirm se ren filles q sœur et mèr dire q1 les sie bonne homm ce vo:
apprék conser ces pe favoris Mais r etlac demet ses déf de ce« Religie lement!
leuren manqu qua. L prêtes
leurs 1 Meillos.
qui se
dicible eux, y iuel et neurés manie tait en ir sans attesté.
de Mr.
pns de compäévêque emière Mgr. de ntréal, ce traertaine rs de la 1e celui que le ait que au reste de l’hô- ’autres, nnée-là.
etemps à huit 1 moins la santé
ce qu’on lui écrivait était véritable, il parla à cette demoiselle comme si on eut voulu abuser le monde, mais alors elle lui dit : “Mon père vous avez été mal informé car tant s'en faut que ma chûte doive diminuer l'estime du miracle opéré sur moi ; elle la doit augmenter car je devrais m'être cassé et disloqué le bras, au reste, mon père, voyez si le miracle de Paris n’est pas véritable, il subsiste encore, regardez encore et en portez votre jugement.” Ce bon père s'appocha et ayant témoigné la vérité, il dit tout haut : “ Ah! j'écrirai à celui qui m'a fait la lettre qu’il faut respecter ceux que Dieu veut honorer, il en a voulu faire connaître son serviteur, il ne faut pas aller contre sa volonté, il faut lui rendre ce que Dieu veut que nous lui rendions.” Voilà ce qui se passa dans la ville de La Rochelle où Mlle. Mance trouva la bonne Sœur Marguerite Bourgeois, de laquelle nous avons parlé ci-devant ; elle l'avait accompagnée dans son voyage en France afin de l’assister dans son infirmité. Quand à son retour Mlle. Mance avait trouvé bon qu'elle se rendit la première à La Rochelle avec une compagnie de 32 filles qu’elle amena avec elle pour le Montréal, auquel cette bonne sœur a servi de mère pendant ce voyage, pendant toute la route, et même jusqu’à ce qu'elles aient été pourvues ; ce qui nous fait dire qu’elles ont é*‘$ heureuses de tomber en de si bonnes mains que les siennes. Au reste, il faut que je dise encore un mot de cette bonne fille bien qu'elle ne soit pas trop approuvée ; c'est qu’un homme riche et vertueux de la compagnie lui voulant donner en ce voyage du bien pour l’établir ici, elle ne voulut l’accepter, apprébendant que cela ne fit tort à cet esprit de pauvreté qu’elle couserve si religieusement ; Dieu, sans doute, lequel fait plus par ces personnes détachées que par les efforts des plus riches, favorisera de ses bénédictions cette amatrice de la pauvreté. Mais revenons aux religieuses de la Flèche auxquelles Mlle. Mance et la compagnie avaient écrit tout ce qui s'était passé et qui étaient demeuré d'accord que trois filles de cette maison ou de celles de ses dépendances iraient cette année-là au Montréal pour l'exécution de ce dessein. Le printemps étant venu, Mlle. Mance écrivit à ces Religieuses,leur donna le rendez-vous à Larochelle etenvoya pareillement une lettre à Mr. de la Doversière qui les devait mener à leur embarquement, donnait avis aux uns et aux autres qu’elle ne manquerait pas de s’y rendre par une autre voie qu’elle leur marqua. Les religieuses de la Flèche sur cet avis, afin de se rendre prêtes au temps qu'on leur marquait, firent venir au plus tôt de leurs maisons du Beaugé et du Ludde les sœurs Mace, de Bressolles, Meillost, qui étaient les trois victimes désignées pour le Canada qui se rendirent pour cet effet promptement et avec joie à leur