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RÉVOLUTIONNAIRE EN RUSSIE 8l
près de 100.000 hommes, les plus courageux, les plus capables, périrent sous les coups de l'adversaire ou dans les mines de la Sibérie. En môme temps, en Russie, l'insurrection polonaise faisait surgir une grande vague de nationalisme. Katkov, le fameux directeur des Moskovskia Viedomosti, y contribua pour beaucoup, et la sympathie pour le mouvement révolutionnaire, dans la société russe, s'en trouva refroidie, d'autant plus-que les réformes judiciaires et celles des Zemstvos, introduites en il donnaient satisfaction à une certaine partie de la bourgeoisie, de tendances libérales.
Nous avons dit qu'après la mort de Nicolas Ier, l'opposition s'était canalisée en deux courants, l'un compivnant une partie de la société et les milieux littéraires qui menaient la lutte pour la Constituante ; l'autre purement révolutionnaire, avec les sociétés secrètes et les moyens violents de lutte. Après l'insurrection polonaise, sous l'influence du développement du sentiment national, le premier de ces courants s'affaiblit sensiblement. Sans doute, de temps en temps, de lui émanent encore des tentatives de protestations, des adresses au gouvernement, niais il n'a plus cette force presque irrésistible qu'il avait à la fin des années 50 et au commencement des années 60. C beaucoup plus tard, surtout sous l'influence des zemsfr que le courant constitutionnel reprendra son mouvement et, s'élargissant de plus en plus, se rapj rochera peu à du courant révolutionnaire, qu'il rejoindra en 1005.
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L'on sait, fut le point de départ d'une réaction qui devint de jour en jour plus épouvantable.
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noblesse du gouvernement de Tver à l'empereur, trouvaient à peu près identiques dans d'autres adres présentées à Alexandre II. en 1863. A propos de la noblesse de Moscou, L'historien et biographe d'Alexandre 1 [,Tatistchev, rapporte que l'empereur ayant
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A cette époque deux partis s'étaient formés à la Cour, qui envisageaient différemment l'attitude à prendre dans les questions de politique intérieure. Tandis qu'un groupe préconisait une politique nettement nationaliste et l'opposition à toutes les exigences libérales, l'autre opinait pour un compromis, pour une politique de concessions conforme à i'ejspjit du temps et aux théories politiques de l'Europe occidental».-. Le principal représentant du premier groupe était le comte Mouraviov, le fameux i pendeiir i qui étouffa l'insurrection polonaise1. 11 était .-ouhnu surtout par deux dames d'honneur de la Cour : Anna Tutcheva et la comtesse Bloudov. L'autre parti, qui comptait un plus grand nombre d'adhérents avait en tête le prince Souvorov, alors gouverneur de lYtersbourg. le comte Chouvalov, les partisans du grand dv.c Constantin Nicolaievitch, le baron Livcn et quelques autn
Chacun de ces partis disposait d'un or-anc : U premier était soutenu par le journal de Katkov: Mesh domosli ; le second par le fameux GohÉS J.a Voix1, de
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Le roman de Tchernychevski répondait sous une forme concrète à la question de la littérature des années 60 sur le réalisme pratique et l'idéalisme politique. Ce roman, qui devint l'évangile de toute la jeunesse intellectuelle, fit naître un grand mouvement en faveur des petits phalanstères, des unions libres, des mariages fictifs. Il donna une poussée extraordinaire à la question féministe, à l'émancipation de la femme qui, plus que jamais, demande que l'enseignement supérieur lui soit ouvert. La publication de Que luire ? marque une date importante dans l'histoire du mouvement révolutionnaire russe, car c'est grâce à ce roman o.ue les cadres révolutionnaires comn cèrerit à se remplir de jeunes femmes et de jeunes fill< 5, Les femmes, en même temps qu'elles exigeaient - di égaux à ceux des hommes, réclamaient aussi leur | de devoirs et de sacrifices. A partir de cette époque, dans toi s les procès politiques, nous trouvons en petit nombre d'abord, puis de plus en plus nombreux, des noms de femmes.
Que (dire ? eut encore sur le mouveme ni révolutionnaire une autre conséquence importante. Le désir des femmes d'accéder aux écoles supérieures ne pouvait être satisfait en Russie où toutes ces écoles leur étaient fermé jeunes femmes russes commencèrent alors à en l'étranger, surtout en Suisse, où elles furent bien accueillies, et Zurich devint une sorte de La Mecque pour toute la jeunesse féminine russe. Les centaines de jeunes filles admises dans l< s écol< s de médecine ( I autre mitions
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d'aide mutuelle et d'études en commun, ceux des étudiants de Pétersbourg et surtout ceux de Moscou jouaient un rôle important. A Moscou les groupes les plus connus étaient celui dé Néfédov et celui d'ichoutine, désignés ainsi du nom de leurs fondateurs.
Dans le journal Rousskia Viedomosti (1) nous trouvons des renseignements très intéressants sur le « Cercle iàe Néfédov ». Avant de citer quelques pâsâBÎgéà <!«• < -t ai ! : dont l'auteur est un ancien membre de ce cerclé, nous rappellerons qu'antérieurement aux désordres universitaires de l86i,dont nousavons parlé, les étudiantsavaient ledroitde libre réunion dans les locaux mêmes de l'Université, pour discuter toutes les questions touchant l'enseignement ou la vie universitaire. Après 1861, les étudiants furent privés de ce droit de réunion : ce fut l'une des causes qui contribuèrent pour une bonne part à la formation de ces eterelés clandestins.
« Le but de ces cercles, écrit l'auteur de l'article des Rousskia Viedomosti, était le développement intellectuel par1 des lectures et des causeries. Chaque samedi on se réunissait chez l'un ou l'autre des membres du cercle, une vingtaine environ. On écoutait une étude sur le livre de la semaine précédente qui avait attiré l'attention. Knsuite Commençaient les discussions, accompagnées <Jé thé. Dans notre cercle on ne consommait jamais de boissons alcooliques, pas même de bière. On lirait surtout des livres sérieux : histoire, philosophie, sociologie. \'(1. auteurs préférés étaient Spencer, Darwin, Lewis. | S Mill, Auguste Comte, [&s étudiants qui -avaient le français étudiaient le cours de philosophie positive de Coint< nous exposaient se- idées en de longues confèrent cette époque les étudiants ne s'occupaient paS du tout de politique. On hsait les revues. La polémique entre S THMinik et Rousskoié Sloro nous passionnait. Lés l> lettres nous intéressaient très peu, sauf biiéei>tibtl p<"ir
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à construire des écoles et y enseigner ; les aut- 1 al-
laient des bibliothèques, éditaient des livr< ient
des manuels et des brochures pour le peuple ; d'au* rêvaient d'établir dans leurs terres des fermes mode où les paysans s'instruiraient et trouveraient de L'ai jeunes gens prenaient des emplois dans les chance 11 de village, expliquaient aux paysans Les nouvelles I les défendaient des pieuvres qui rôdaient autour d'eux à la campagne. On achetait des livres de mé Lecine, remèdes, on soignait les paysan-, on Leur liait
l'hygiène, on sauvait de la contagion Les enfants jeunes gens. Le torrent d'énergie des nu illei forces, accumulées par les siècles, s'élança avec telle rapidité qu'il ne remarqua pas combien d'ob il devait franchir, combien de victimes il Laissait 1 D route, comment une main méchante gâtait son travail, comment de plus en plus haut montait Le mur d'hostilité dressé par le gouvernement, formant barrière à La ; gression delà force sociale pour La refouler dans ancien cadre étroit ».
Le jeune groupe des étudiants de Moscou, convaincu de L'inutilité de toute- Les réformes gom talcs, résolut de se constituer en un noyai lution-
naire autour duquel s'organiserait un parti,
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