‹ Histoire du mouvement révolutionnaire en RussieChapitre 12 sur 45 · RU L .JU'U · texte numérisé non relu

RU L .JU'U

était 1 :ju-

RÉVOLUTIONNAIRE EN RUSSIi: 91

Tation de palais. Karakosov était le premier homme du ipeuple qui tirait sur l'empereur.

Aux courtisans venus féliciter Alexandre II d'avoir échappé à la mort, le tzar dit entre autres, parlant de Karakosov : « Le plus triste c'est qu'il est Russe )>. Il faut Temarquer, on effet, que tous les attentats sur la personne de l'empereur, qu'il s'agisse d'Alexandre II ou d'Alexandre III, furent commis par des Russes. Les révolutionnaires évitaient que des hommes d'autres nationalités : Polonais, Juifs etc., prissent une part directe dans ces atteritats auxquels ils voulaient donner un caractère exclusivement russe. Dans le procès des meurtriers d'Alexandre II, en 1881, nous trouvons cependant un nom juif : H< Helfman, mais le rôle de cette accusée était très secondaire ; c'était chez elle qu'avait été discuté le plan de l'attentat.

Le coup de feii de Karakosov fut le signal du retour à la réaction la plus violente, et, pour ses fins, le gouvernement excita les plus bas instincts de la populace, ou tout au moins leur laissa libre cours. Dans l'article dfefc Rousskiva Viedomosti, que nous avons déjà cité, l'auteur trace un tableau de Moscou quelque temps après l'attentat du 4 avril. « Celui qui a vécu à cette époque à Moscou 5fe rappelle sans doute l'état d'esprit qui saisit les habitante et l'administration. Sur la Place Rouge s'alignaient centaines de tonneaux d'eau-de-vie donnés au peuple par les marchands. Partout jouaient défe orchestres. X.-(i. Rubinstein (1), après un concert à la salle de la Noble— e, | courait les rues principales de Moscou en dirigeant un orchestre qui jouait l'hymne national. et que suivait une foule immense. Dans les nus se passaient des seène^ d'une \ lence grossière. Les intellectuels étaient souvent frap; même les femmes. On arrêtait non seulement eeu\ StÈt qui planait quelque soupçon mais encore ceux chez qui

(1) Frère du célèbre piauiste, et Lui-même artiste remarquable. Il fut

le fondateur du conservatoire de Moscou.

my< h. \ ski. I a

• :t un . sur l'< ni;

Enfin l'auteur de L'attentai 5arato> ; insu]

; ■ ■' i] out molesl

Polonai

l'un :

instruire le procès de Karakosov, Mouraviov ne pas gêné de dire, devant plusieurs témoins, qu'il ti rait « le moyen de délier la langue des accusés». A le bruit courut à Pétcrsbourg et dans toute la Russie que les complices de Karakosov avaient été soumis à la torture. Les données positives manquent pour affirmer qu'il en ait été ainsi, mais qu'on ait employé des moyens extra légaux pour obtenir des dépositions désirables, cela ressort indiscutablement du témoignage du prince Kropotkine qui, dans ses Souvenirs des révolutionnaires, raconte le récit qu'il entendit en Sibérie d'un gendarme attacti la garde de Karakosov, dans la forteresse. « C'était homme rusé, racontait le gendarme. Quand il a été mis dans la forteresse nous avons reçu l'ordre de ne pas le laisser dormir. Nous étions deux pour le surveiller, et, à tour de rôle, toutes les deux heures nous prenions la garde. Il était assis sur le tabouret, et nous le gardio Dès qu'il commençait à somnoler on le secouait par les épaules pour l'éveiller. Que voulez- vous ; on nous l'a \ ordonné. Mais voyez comme il était rusé : il était ai les jambes croisées, qu'il balançait, pour montrer qu'il ne dormait pas ; eh bien, il sommeillait et continuait de balancer la jambe. Mais eniin nous avons remarqua ruse et l'avons signalée à nos remplaçants. Alors on a décidé de le secouer chaque cinq minutes, qu'il I ou non la jambe. » — « Est-ce que ci la a duré Longtemps ?» — « Longtemps. Plus d'une semaine. »

Avec de pareils moyens on pouvait évid< mment i n'importe quel complot.

es pouvoirs octroyés à Mouraviov, comme pré de la Commission d'enquête, étaient exl rêmement é i ;. le mettaient à même d'agir sur tous Les rouag< s de l'administration et de la vie publique du pays. Herl ne s'y trompait pas quand il écrivait dan i) :

« Le coup du 4 avril grandit d'h< n heure ;

(i) N° 220, iS(>6.

m- 1 >iki iu MOI

I t imi) liirll-

nt 1 1. 1 1.-* n publia une U

- la<pu 11<- il \v I oiipnait KJh

:.t où le m&ne La tioiv 11

ii\u\iu.»n,- àl \ rai;

• ■ ;. étaii al - un |k tout*

piatn p< î-.MiDc-im. ut ti.ivli

tribunal sp6 iaJ cl 1 1 Sénat, pi pal te prî

Mini-îi- - K •. la pi \w ilr hum t }'.!i |

i pten)] 66.

I «niij.li. -.-s eut lieu plus t.ii<l : U-

^4 • in. pai le nombre des inculpés, le

: i grand pfoç$s politique en Russie. 11 « ettej

QUI la pivnik-re fuj-, on appliqua <lan>

litiques 1- ments pr^Sk ril le n«»u-

• i- « . promulgua < n 'lin-

: : i < 1 u par un q -pii avait

îr Mm « H* n '

tait ivmi a « h.:

■ v, [( liMutnif. lut «•.•n.laiiin<

incul] .vaux ■ des

\, in mois, i affaire

il 1 lui pi

[u'oa Lui donnait

•mui.1i

ni la .»

RÉVOLUTIONNAIRE EN RUSSIE Qfi

Page 1