‹ Histoire du mouvement révolutionnaire en RussieChapitre 14 sur 45 · dont la plupart ne soupçonnaient · texte numérisé non relu

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dément. Parmi les Russes vivant à Zurich déjà se discutaient des plans plus ou moins définis du retour dam la patrie, afin d'y répandre les idées de l'Internationale. Ce décret eut pour résultat qu'au lieu de rentrer en Ru>-i» isolément et en des temps variables, presque tous les étudiants y revinrent à la fois. Rencontrés avec enthousiasme par leurs amis, aussitôt, avec toute l'ardeur propre à la jeunesse, ils s'empressèrent de répandre en Russie les idées du socialisme international ».

Enfin, l'Internationale trouva un agent puissant pour sa diffusion dans les milieux révolutionnaires russes, en la personne de Netchaiev.

Nous avons déjà rencontré le nom de Netchaiev en parlant des cercles des étudiants de Moscou. Nous avons vu qu'il avait été reçu dans le cercle de Néfedov. Le procès de 1866 ne le toucha pas. C'est seulement deux ans plus tard qu'on commence à parler de Netchaiev, à Pétersbourg, où il est auditeur libre à l'Université et, en même temps, instituteur dans une école municipale.

A cette époque (1868) éclatent de nouveau de graves désordres universitaires, qui ont leur répercussion dans presque toutes les grandes écoles de la Russie et dont l'importance pour le mouvement révolutionnaire dépasse celle des troubles de 1861. En effet, c'est en [868, dans 1rs réunions desétudiants, qu'est posée nettement la question de la nécessité et du devoir pour la jeunesse de se consa< entièrement à l'œuvre révolutionnaire.

Les désordres de 1868 étaient provoqués presque entièrement par la politique réactionnaire d'un des hommes d'Etat les plus néfastes qu'ait eus la Russie : le Ministre de l'Instruction publique, comte D.-A, Tolstoï. Il avail introduit dans les Universités a l'inspection qui n'était rien d'autre que la surveillance policière des étudiants dans leur vie privée. Il était interdit aux étudiants d'oi niserdes concerts, des spectacles, des conférences ou autres réunions publiques ; toutes les sommes recueillies au profit

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Ministre de L'Intérieur! le fameux Plehve, nui 6crivait :

Les Universités forment Le consent prin< [pal «>ù la révolution recrut membi troubles dans l supérieures et Les expulsions lement, 1^ suivent, sont comme une sorte Lasse fait»- par Les révolutionnaires dans U s ta jeun studieuse. »

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de Karakosov, et que 1 eux des années 1868 et suivantes fournirent Les Lu pro-

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et de la possibilité de la révolution, comme l'unique moyen d'arriver à un ordre de choses meilleur. » Pour lui, la révolution sociale était le but final, et la révolution politique l'unique moyen d'atteindre ce but.

Netchaiev qui était surtout un homme d'action avait tracé tout le plan d'organisation de cette révolution politique : « Jusqu'au mois de mai 1869, l'activité des meilleurs hommes doit être consacrée, à Pétersbourg, à Moscou ainsi que dans les autres villes universitaires, à préparer et lancer la protestation des étudiants des universités et de toutes les écoles supérieures pour que le droit de réunion leur soit reconnu. En même temps, il faut commencer la propagande dans les milieux du prolétariat, qu'il est nécessaire d'organiser. La propagande doit être transportée dans les villes, chefs-lieux et districts et concentrée surtout parmi les artisans, les séminaristes et les classes miséreuses de la province. »

D'après le projet de Netchaiev, l'activité organisatri en province, devait remplir tous les mois d'été, et un Congrès général de toutes les organisations avoir lieu en octobre. Quant à l'insurrection, il la fixait au printemps de 1870, « parce que cette année placera devant Le peuple beaucoup de questions sérieuses, très importantes pour lui, et aussi parce qu'au cas d'insuccès de l'insurrection dans les centres, la belle saison favorisera la guerre sur la Volga et le Dnieper et que les masses du peuple pourront trouver asile dans les forets. »

Ainsi, pendant que la jeunesse discute encore les id< généreuses de l'application de la science et du bravai! à l'amélioration du sort du peuple, et que Bakounine tâche de résoudre les questions de principes, Netchaiev, Le premier de tous les révolutionnaires russes, formule pratiquement la solution de ces questions et entre dans Les détails de l'organisation du mouvement révolutionnaire lui-même.

On peut dire que Netchaiev est l'une des grandes figui

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