‹ Histoire du mouvement révolutionnaire en RussieChapitre 30 sur 45 · I - 1 ma · texte numérisé non relu

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rencontraient partout des sympatlii ;s. Est-il besoin que l'autre partie du programme, la propagande terroriste, était beaucoup moins bien accueillie. La majorité de la bourgeoisie se contentait des demi-mesur< raies d'Alexandre II et pensait que le programme de la Narodnaia Volia pouvait être réalisé sans irir au

régicide et à la terreur. Cependant L'héritier du trône, Nicolas, étant venu à mourir, la société russe qui avait fondé beaucoup d'espérances sur ce prince, homme intelligent, de caractère doux, d'esprit large et libéral, craignait beaucoup que son frère Alexandre, qui devenait héritier, et qui était connu par ses idées étroit el r< tionnaires, à son avènement au trône ne ramenât La Ru en arrière, et n'arrêtât la marche lente des idées progressistes. C'est, en effet, ce qui arriva.

En 1879, les services de la police secrète furent dérablement perfectionnés, et bien due la Nen Volia eût son agent, Klétotchnikov au sein même de la Troisième section, le gouvernement était assez bien informé de ce qui se passait dans le parti, et, à la Lutte ti rroriste sans merci engagée par les révolutionnaires, il répondit par la terreur blanche, qui décimait les rangs de ses adversaires. V.n outre, Le manque d1 gent paralysait souvent les entreprises de la A Volia. Cependant, malgré tous ces obstacles, ni. il arrestations qui privaient le Comité executif d

membres les plus actifs, il continuait ,'i agir énergiquem et la lutte entre les terroristes et le gouvernemi poursuivit pendant deux ans avec une âpn té im] cable.

Après le Congrès de Voronèje, Le Comité tif

commença à élaborer un plan d' attentai I matiqi

contre Alexandre 11. Des mines furent po endroits de la voie ferrée pour faire sauter !<• train L'empereur, qui, de Crimée, rentrait .'i Pétei M

aucun de ces attentats ne réussit, pas plus que celui

HISTOIR] l'i MOI \ l M

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s'enfuir ; il fut arrêté deux ans plus tard, après le nu urtre du général de gendarmerie Strelnikov, à Od

L'attentat de Khaltourine produisit une impression formidable sur le gouvernement, et dès le n févri nommée la « Commission extraordinaire pré

par le général Loris-Melikov, munie de pouvoirs di toriaux. Mais avant de parler en détail de cette Comi sion, nous citerons la proclamation du Comité exécutif après l'explosion du Palais d'Hiver.

« Par ordre du Comité exécutif, le 5 février à 6 heu] du soir, un nouvel attentat centre la vie d'Aile Pendeur a été commis. Une explosion a eu lieu au Palais d'Hiver. La mine devait éclater en temps voulu, mais l'empereur s'étant rendu au dîner une demi-h< en retard, l'explosion s'est produite pendant qu'il d dait à la salle à manger. Ainsi, pour le malin nr de la patrie, l'Empereur est resté vivant. Avec une douleur, nous déplorons la perte des malheureux sold de la garde impériale, de ces gardiens involontaires malfaiteur couronné. Mais tant que l'a ne. rempart du despotisme impérial, tant qu'elle ne COmpi dra pas que, dans l'intéré rtrie, son devoù

est de se ranger du côté du peuple contre le tza r, chocs tragiques seront inévitables. Nous rappelons une fois à toute la Russie que nous avons commei une lutte armée, poussés à cela par le go\i\ lui-mêmequî exerce une oppression tyrannique

activitése -proposant le bien du peuple. 1 1

est devenu l'obstacle au libre développ( nationale ; lui-même place chaque hrinnête homm< l'alternative ou de renoncer à toute id< le

peuple ou d'engager une lutl â mort o sentants. Nous déclarons encore une fois à Alexan Ire 11 que nous poursuivrons cette lutl I qu'il ne ren< pas au pouvoir au profil lu peuple, tant qu'il ru pas la réorganisarion de la vie

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en russe, sous le titre « Les transforma: d'Empire », dont les principales propositioi • nt

à ceci : i° le pouvoir autocratique < t toutes les loiqui le définissent doivent rester intangibL main-

tenant ; 2° la compétence du Conseil d'Empire rester inchangée; 30 dans le Conseil d'Empire don être introduits des membres élus, deux } ai pr< où fonctionne la loi sur les zemstvos : .;" I - memb élus du Conseil d'Empire le seront pai des zemstvos de la province auxqu< pnl les

maréchaux de la noblesse.

Mais tous ces projets constitutionnels 1 I discul

plutôt mollement dans le calme des cabin< tts, 1 t la n'apprenait leur existence que par les bruits qui courai les journaux n'en pouvant rien dire.

L'explosion du Palais d'Hiver réveilla les S] bureaucratiques et la question : Que faire ? fut disci partout. En réponse à cette question, sur l'ordre de l'empereur, une Commission fut instituée pour rechercher par quelles mesures on pourrait arrêter le mouvem révolutionnaire toujours grandissant. Cette Commission, qui devait siéger dans le palais du grand-duc I onstantin Nicolaievitch, comprenait tous les ministres, les principaux dignitaires de la Cour, et le grand-du< Le prince Mestcherski, le fameux directeur du joui Grajdanine, qui était adjoint à cette Commission, a raconté dans ses Souvenirs (pie les discussions ne portai sur rien de nouveau, « On se trouvait, di1 il. devant ce fait que tout ce qu'il était possible de faire pour enr le mouvement révolutionnaire avait été fait On avait créé des gouverneurs généraux munis de pouvoirs] i illimités, les pouvoirs des gouv< meurs i été aussi considérablement élargis. I" politiques étaient jugés par des cours martiales; la po avait été renforcée, «pie pouvait ou fahn i

Et comme les ministres proposaient divei

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l'appelait au premier poste de l'Empire. Par L'ukase «lu 12 février, le comte Loris-Melikov eut à sa disposil toute la police de l'empire et toutes les administrât] en ce qui concernait la sécurité de l'État. En même temps, il était seul chargé des rapports à faire à L'en reur ; le poste de gouverneur général de St-Pétersbo était supprimé. Loris-Melikov fit entrer dans la « Commission executive supérieure»: Pobiédonostzev, Kakhanov, Kovalevsky, Chamchine, les généraux Tchérévnine et Batianov ; le Procureur du S1 Synode, Markov ; le directeur du Cabinet du Ministre de l'Instruction publique, Perfiliév, qui tous, à l'exception des réactionnaires Pobiédonostzev et Tchérévnine, passaient pour des libéraux. Les journaux se montraient satisfaits de la nomination de Loris-Melikov et de L'institution de la Commission, et après l'a Appel » de Loris-Melikov, à la société russe, le Goloss écrivait que si la Russie se trouve pourvue d'un dictateur, il semble qu'il s'agira pour elle de « la dictature du cœur et de la pensée. »

Katkov lui-même salua les premiers pas de Loris-Melikov; mais du reste il se reprit bien vite, et, avec M cherski, l'attaqua énergiquement parce qu'il voulait sérieusement mettre en évidence les maux dont souffrait La Russie, et tous les abus implantés dans le systèi mental. De son côtéleparti révolutionnaire était mécontent de Loris-Melikov ne voyant dans ses projets des tentatives très faibles pour améliorer les ron administratifs et aucun pas en avant pour introdi en Russie le régime parlementaire. En outre, l< olu-

tionnaires craignaient que les i Lori Meli]

donnant une certaine satisfaction à la bo n'endormissent les aspirations constitutionnelles société. Et , en effet, la grande boui omplè-

tement satisfaite de l'activité de Lori MeJ fameux appel à la société russe, qui parut le ! de sa nomination, i

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Dans les premiers jours d'avril, Loris-Melikov p à l'empereur un grand rapport sur l'état intéri la

Russie et les mesures à prendre. Il écrivait dan- son rap] que les mesures répressives et policières seules n pas, qu'il est nécessaire de prendre telles mesur< qui prouveront au peuple et aux classes instruites que le coeur du monarque est rempli des mêmes sentiments d'amour et d'affection qu'il y a vingt-cinq ans. « Il n'est pas difficile de prouver ce qui est, gracieux empereur, < < rivait Loris-Melikov, mais il n'y a plus de temps à | Maintenant comme après la guerre de Crimée, qui avait laissé la Russie dans une situation peut-être plus difficile encore que celle d'aujourd'hui, tous 1- irds, tous les

espoirs de la Russie sont tournés vers la personne de Votre Majesté. Acôté de mesures d'orne fen iné-

branlable contre les criminels, il faut des mesures qui coupent à leurs racines les fau doctrir. 5. Alors

la Russie rénovée saura vaincre l< s visions chaotiq que les faux prophètes des temps modernes représentent dans les lointains ténébreux, ou sinon Les mariait actuels seront remplacés par d'autres qui laisseront d rien4 eux le poison pour les générations fut

Les mesures proposées par Loris-Melikov étaient : l'unité d'action de toutes les administrations, L'abolition dis mesures extrêmes et le retour à l'ordre Légal, L'élargissement de la compétence d»

menl de la confiance de la société en\ de

L'Instruction publique. L'empereur donna son ap] robation à ces mesures dont le premi* ; résultai pratique fut la démission du ministre haï de toute la le comte Tolstoï. A l'Instruction publique il fut rempl par un homme inconnu jusqu'alors dans 1- - sphè bureaucratiques, Sabourov, Pobiedonosl place Procureur du St Synode.

Connue nous L'avons dit, la V< i inaia I ne mani-

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244 HISTOIR] 0\ MOI

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par l'empereur ; de personnes nomm< r ordre soi

rieur, prises parmi celles qui participent dans li iux

de la commission préparatoire ; de personnes élues par les provinces dans lesquelles existe L'institution des zemtsvos et par quelques villes importantes ; de i sonnes nommées par ordre spécial dans les provin< es ou ne fonctionnent pas les zemstvos. »

Sans doute on était loin du suffrage universel réclamé par tous les partis révolutionnaires et par un grand nombre de zemstvos. Mais tel quel, ce projet, qui marquait < < pendant un progrès, avait été approuvé et signé par Alexandre II, le 17 février 1S81, et dans la matinée du i"r mars, quand Loris-Melikov vint lire son rapport à l'empereur, celui-ci lui remit, pour être inséré dans l'Officiel, le communiqué du gouvernement sur la convocation de la ( ommission générale. Deux heures plus tard, comme il rendait au manège Mikhailovsky, Alexandri II était tué par une bombe.

En même temps qu'il élaborait un projet ins-

titution et recherchait la popularité parmi les < la libérales et la bourgeoisie, Loris-Melikov prenait contre les révolutionnaires des mesures d'une cruauté asiatique. » Ainsi, le 15 décembre 1880, il envoyait au ba de Kara l'ordre d'enfermer dans 1»

rasée et fers aux pieds, les nombreux condamnés politiques qui se trouvaient, comme dit la loi ru - la compagnie libre », c'est-à-dire ceux qui, après un certain nombre d'années de bagne, étaient relâchés et, sous la surveillance de la police, joui : d'une liberti dans la même province où ils avaient fait leui de bagne (1). Un assez grand nombre de coud politi-

(1) C'est Loris-Melikov qui ût de Kart», un dot endroiti Km plus

eïtroyables de la Sibérie, le principal li<%u de d< n des crimilMh

politiques. A l'époque où il lança son fameux ordre pour que MU de la

« compagnie libre » réintègrent le bagne, il j avait I

condamnés politique* dont Qenf, qui avaient teruu

HISTOIR] M'

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cette seconde issue est malgré tout préférable à la mière. »

Cet ordre de Loris-Melikov justifiai! La méfiance

qu'en dépit de ses réformes la Narodnaia Vol lait

envers lui. Il faut dire en effet que si Loris-Melikov allé jusqu'à proposer un simulacre de gouvernement représentatif dans cette « Commission générale , ce fut sous la pression de l'agitation Libérale très puissante aux années 79 et 80, issue elle-même du mouvemi qui s'était manifesté, en 1877 et iSyS, dans Les 1 libérales de la société russe.

A cette époque deux sociétés secrètes s'étaient formé La Ligue libérale et Y Union des zemstvos ; elles avaient leurs congrès, participaient comme organisations <j l'agitation libérale légale et faisaient paraître à l'étrai un journal constitutionnel : La parole libre. Le premier rédacteur en chef de ce journal était un certain Maltchinsky, qu'on accusa beaucoup plus tard d'avoir en rapport avec la Troisième section. Après lui Le teur en chef fut M. P. Dragomanov.

De leur côté, les classes conservatrices et réactionnai] formaient des sociétés secrètes pour La lutt* révolutionnaire. Parmi ers sociétés il faut tnenl La garde volontaire, dont faisaient partir Aksakov, : Lev, Ignatiev, Vorontzov-Dachkov et quelques auti Cette société était de tendance slavophile et, bien que luttant contre les révolutionnaires, elle demandait la convocation du Zemski Sobor. Enfin beaucoup ; tard, après la mort d'Alexandre [I, naquit La sacrée, société contre-révolutionnaire dont L'âm< é1 le grand due wiadimir assisté du fameux Pot m. don

Le programme politique de L'Union

portait avant tout la liberté politique, la I tion

(le tous Les peuples de la Russie, et La convocation de La

Douma d'Etat. Mais, en dehors des s<

dans le sein même des zemstvi -lama;

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stàtutkm, si bien que l élabora

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volutionnair \ usa i, tout en gardant mte, la Nû ia mobilisait

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RÉVOLUTIONNAIRE EN RUSSIE 24g

contre Sabourov étaient expliqi on suivanl

« Le ministère Sabourov, avec ses promesses de I et de libertés, repoussées aux calende contentement, peut être encore plus grand quel Tolstoï. Le système de Sabourov, qui recommanu jours de «patienter », d' « attendre », d' « être sag< qui favorise les jeunes vieillards arrivistes du type qu'on a baptisé, dans les milieux universitaire; bona]

tistes », a démoralisé les étudiants. Ces messieurs qui, auparavant, n'osaient élever la voix, maintenant profitent de «la patience», de « l'attente », éi en principe,

pour se remuer et s'opposer ouvertement à tout mouvement des étudiants. »

En opposition à ces « bonapartistes», fut créée • L'Union des étudiants » qui, en raison de l'impossibilité de figurer comme organisation légale, était forcée de tenir secrète la liste de ses membres.

Les «bonapartistes» avaient décidé d'ovationner Sabourov, à la cérémonie du S février ; l'Union centrale des étudiants (qui groupait la majorit au contraire de protester et d'exprimer son mécontentement de n'obtenir que des promesses. D'où le conflit entre les deux groupes d'étudiants, qui - i de

vacarme et de cris et se termina finalement par l'agression de Poddebski.

Cette politique, qui consistait à faire • ait- ndr les réformes, à a patienter . appartenait, il I naître, non à Sabourov seul mai «•ment

de Loris-Melikov et valait à la A. un

grand nombre de nouveaux adi

ouvriers <it parmi les étudiants.

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pour le gouvernement, qui avail quelques-uns des membres di Narodnaia Po/ûi, entre autres Goldenbei lov. En outre, la | dt ri

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