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RÉVOLUTIONNAI RK EN RUSSIE 257
Le verdict ne surprit personne ; cependant, dan ]. a milieux intellectuels et politiques, on n que le
nouvel empereur ne voudrait pas inaugurer son i par l'exécution de six personnes parmi Lesquelles d femmes, car jusqu'alors en Russie aucun.- femme n'avait été exécutée (i). Partageant cet espoir, le comte I Tolstoï écrivit à l'empereur Alexandre III une Lettre admirable, qu'on décida d'abord de faire remettre à l'empereur par Pobiédonostzev. Celui-ci ayant r< : de se charger de cette mission, elle fut offerte a l'Ai micien Bestoujev-Rumine, qui L'accepta. M tte
lettre resta sans effet.
Une autre tentative de fléchir Alexandre 111 lut faite par le philosophe Vladimir Soloviov, qui jouis cette époque d'une grande popularité parmi la jeun» universitaire et aussi dans toutes les classes triai: de la société russe. 11 ne partageait point Les i<l< terroristes, comme doctrine basée sur la violence, contraire, par conséquent, à la doctrine du Christ; niai même temps, par la même raison, il était vivement opposé à la peine de mort. C'est sur ce thème que fut annoncée, pour le 28 mars, la conférence de V. Soloviov,
dans la salle de la Société de Crédit.
(1) Sophie Peiovskaia eut La p BTD . -ur. Quant A 1
1 1 cl f manu, à la suite de l'agitation laite à 1 fut < m
muée en celle des travaux mm., s ,i peq Elle mourut un
tard, dans la maison d'arrêt e ainl Péte ib trg ne é oluti ou
l ,ubat( >\ i'i h , a ; .i. i n <• dam B >. d'Essia Helfmann : Durant cinq moù « de
l'exécution. 'es1 seulement au mo nenl de sa gr ce. En vue de I i i >u< b ent, on l'avail fait I maison d .ii et préventif où on lui donna ui des sentinelles. Beau oup de I mmea .avant ;
cette situation, ont perdu la i lis >n, rien qu tinuelle de sentinelles el fut le
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cependan , quelques jou porta .m refug ■ des enfanl i et bien que plusieurs personnes e fusent pi mère ne put supporter ce coup, I lie ourut p< u après •.
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d'enthousiasme, de joie, d'attendri em< ni jaillit d'un coup de milliers de poitrine et remplit tout l'es] —
«Tu es notre chef, conduis-nous ! > crie-t-on d côtés. Des centaines de mains li nt v
et, une minute après, on voit son vi qui
domine tous les visages jeunes et vieux qui L'entourent, et les mêmes mains portent pieusement leur I de l'estrade dans la salle. «La grâce! L'amni crie-t-on de tous côtés...
« Les portes de sortie sont largement ouveri Loviov
tâche en vain de se glisser dans le vestibule. La foule délirante ne veut pas se séparer de lui ; et on L< trois fois autour de la salle. »
A peine ces ovations prenaient-elles fin que ait
la question de la peine administrative qui attendait V. Soloviov. Le Ministre de l'Instruction publiq qui assistait à la conférence, lui rendre
sur l'heure chez Loris-Melikov et d< i lui.
Soloviov refusa, disant qu'il ne connaît ; mnelle-
ment Loris-Melikov. — a Mais ce n'est pas lire
privée, objecta leMinistre. Autrement fail tention, il vous faudra partir pour Kolymskoié. EhbiensoM peut s'occuper de philosophie à Kolym loviov. Cependant, grâce à Bestoujev-Rumine, l'affaire n'eut pas de suite ; il Eut seulement défendu à Soloviov, de faire, pendant un certain temps, des cor publiqu
Le 3 avril, Jéliabov, Sophie Perovskaia, Kiball Ryssakov et Mikhailov étaient exécuta sur la place Sémionovsky.
Le procès du r>r mars avait fait surgir n figures dé la révolution russe: Kibaltchitch, Jéliabov Perovskaia.
Kibaltchitch, bien que jeune encon . il n'avait q trente ans, était déjà un grand savant ui ren
quable. Sa conduite et lit celle d'un homme qui
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murs comme tableau, avant qu'on lui eût une du pa m Le ; d'une ma-
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nel de Sophie Perovskaia avait été ministre de L'Insti tion publique; son père, pendant Longtemps, avait gouverneur général de St-Pétersbourg ; enfin son oncle était le célèbre comte Vassili Alexéievitcb Perovslri,
conquérant de l'Asie centrait'. Comme toul de sa génération, Sophie Perovskaia avait eu le désir de s'instruire. Elle atteignait sa quinzième année quand le mouvement de l'émancipation des femmes battait son plein. Elle fréquenta les Cours supérieurs, s'enthousiasma pour les écrits de Tchernychevski, Dobrolubov et de Pissarev, dont m- nourrissait tout jeune génération. Son père, fonctionnaire intègre, monarchiste et despote, ne partageait pas le gOÛt de -a tille DOUX l'étude, et Sophie quitta la maison paternelle. Elle se lia d'amitié avec la malheureuse famille d irs Kornilov,
milieu d'où sortit le groupe des Tchaikovtzy, dont l'importance fut si grande dans le mouvement révolutionnaire. Sophie Perovskaia appartint quatre à ce groupe où elle s'acquit l'estime de tous tant par son énergie extraordinaire et sa belle intelligence que par sa sévérité stoique envers elle-même. Kravtchinski (Stepniak) qui la connaissait intimement a dit d'elle : «Son esprit clair et pénétrant possédait i <n de phi-
losophie, si rare chez Les femmes et qui se manifeste non seulement dans l'art de bien comprendre la question mais dans celui de l'analyser san> perdre de vue toutes les questions subsidiaires qui en déroulent. De la provi naient d'une part cette fermetéde conviction rare que ne pouvait ébranler aucun sophisme, et qui, vu la i fiévreuse de notre vie politique, donnait prét< *t< à I cuser d'un certain conservatisme ; d'autre paît, un
art extraordinaire dans la di CUSSion théoriqu et
tique. »
D'esprit réaliste, Sophie Perovskaia n'eu t jams
rien et n'attribuait p. on activité 1 1 à - 1 U<
camarades plus d'importance qu'elle en avait . aussi
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ensuite celles de Rogatchev, Kavalik, Vblnaralsky, M< ravsky échouèrent. Sophie Perovskai et c'est à grand peine qu'on put La conv Kharkov, où la police la recherchait.
A la fin de 1878, Perovskaia à St-Pétersboi
et se consacra avec ardeur à la Narodnaia Volia Elle prend une part très active dans près [ue attentats découverts et dans plusi cachés ; elle était la personne la plus utile dans tous travaux d'organisation parce qu'avec son esprit 1 pénétrant, elle savait prévoir, ap les petits détails desquels dépendent souvent le succès ou l'insuccès des plus grandes enti Stepniak.
Pour tout ce qui touchait la cause révolutionnai elle était exigeante jusqu'à la cruauté. Mais sévère 1 les autres, elle l'était davantage pour elle-même, dit encore Stepniak. Le sentiment du devoir était le trait le plus saillant de son caractère. Elle cultivait cette vertu austère en elle-même, comme pour étouffer par elle tout ce qui, dans sa nature, lui paraissait trop faible. 1 1 par une volonté de fer elle avait su faire d'elle une \ stoïcienne capable de supporter sans plier les coup pins rudes du sort. Jamais per onne n'entendait d'elle ni plaintes ni gémissements. Elle savait cachi elle : étouffant les souffrances morales, n souffrances physiques. Malade, se tenant à peine, l'enfer dans le cœur, car la veille a été arrêté l'homme qui était son premier, unique et grand amour (Jéliabov . elle prend en main La direction de l'attentat du V r mai
Sans une minute de faible---. Le conduit JU
Ayant appris L'exécution prochaine, inévitable, de lli me qui lui est cher, elle ne quitte pa \ le 1 instant ; elle court à tou les affaires comme auparavant, calme, cèurj
nul de ceux qui La virent durant Ci - jo
HISTOIR] Dl ICO! \ ! M
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maman chérie, que mon sort n'< iblc.
J'ai vécu selon mes convictions, ontre elles je iu-
le pouvais pas. C'est pourquoi j'attends toul ce qui m'arrive avec la conscience tranquille La seule < : qui m'oppresse c'est ta douleur, mon trésor; c'est la seule chose qui me fasse souffrir et je ae sai ce qu<
donnerais pour l'alléger. Je baise fortement tes main-. Je te supplie à genoux de ne pas être fâchée contre moi. Mon salut affectueux à tous. Une demande pour toi ma chère maman : achète-moi un col et ianch< I
sans boutons parce qu'on ne me permet pas de porter de boutons; le col étroit ; il me faut ré] arer un peu mon costume qui s'est beaucoup abîmé ici. Au revoir ma chérie. Je te demande de nouveau de ne pas souffrir , e de
moi, de ne pas te tourmenter. Mon sort n'esl pas si triste et ça ne vaut pas la peine de t 'affliger pour moi. 1 a Sonia, 22 mars 1881. »
Le procès du Ier mars a été dominé surtout par la grande figure de Jéliabov, dont le caractère remarquable et la puissante éloquence s'imposèrent au cours des débats. Dans son livre (1 ), Mr Zévaès appelle Jéliabov le Camille Desmoulins de la révolution russe. Par énergie farouche, son talent d'organisation, son mé] du danger, on pourrait le compai an autre grand
conventionnel : Danton.
André Jéliabov lut tout d'abord un populiste enthousiaste. Tout jeune encore il ..alla au peuple Dans son plaidoyer, il rappela cette période de lutionnaire « Si vous jetez \\\\ coup d'oeil sur les corn] rendus des procès politiques, dit-il à < juj . \ epu1 dans notre lutte, qous, les amis du peuple, n pas toujours eu recours aux explosifs ; sa jeunesse, toute en rè\ 1 >i < lie
ce n'est pas de notre faut.
Comment Jéliabov passa I il du populi
( 1 ) Lu l\\ VOluHon Russe .
HISTOIRI 1 i I
. l'a dit, dans s
. peut être donné pour l«- !
urquable du radicalisme européen, dans . ■ ! i ms -.1 biographie »•■ i ite I a !■ iteur politique a . ■ • ■ en 1 . un
ique de La société i rai, il faut dire que cet homme,
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RÉVOTUIIONNURE EN RUSSIE
parti révolutionnaire est donc forcé de prend; cette tâche de briser le despotisme l la
Russie les formes politiques avec Lesquelles la 1 des idées deviendra possible. Par [uent, no
but immédiat doit être d'arriver à quelque cl qui
donne une base solide à la liberté politique, qui . unir tous les éléments capables d'activité politique. Celui qui estime que le parti socialiste révolution!] n'a pas pour but les réformes politiques celui-ci - n t au vieux socialisme utopique qui est 0] Sous ce rapport, André Jéliabov était d'a< majorité des populistes élevés dans La tra Liti< :ou-
nisme. Mais, convaincu de la nécessité de La Lutte politique, Jéliabov et les populisti ïs étaient forcés de r guer au second plan le but socialiste.
Goldenberg, dans sa déposition, qui dévoil ite
l'activité de la Narodnaia Volia, caractérisait J< liabov comme un homme de génie. Un au A. V. Tyrkov, inculpé dans le complot du rr m sans pousser l'admiration si loin que Go de Jéliabov (i) : « Il personnifiait l'élément combatif! offensif du parti. Son nom, à un certain it, est
devenu synonyme d'esprit extrême, qui ne s'arrête devant rien. La particularité du moment et quelques trail sonnels ont pu peut-être effrayer L'imagination publique, mais l'opinion qu'on a pu se faire de Lui, i une certaine presse, n'esl pas juste, Le I 01 il tâchait toujours de grouper des hommes d'une moralité. La sphère d'action d iabov était
1rs hommes. 11 connaissait influ
et cela satisfaisait son amour-propre Loppé. Je pen e qu'il Lui aurait été >;i: i< ile de : dans Le cadre d'une discipline de ; S i
Lontairement, aspirait à subjugue] I ^> qui I
chaient et cherchait Le Largi po
(i) Byloié, n" 5 ; 19 >6.
HIS M< >m EMEN1
nait un nd< pu I dans Les
et li / agand< h l« s
rclcs univ< rsitaii : • lui qui composa la proclamatioi
in i Jéliabov se t« naît a\ ec l< b :al. leur camarade M son
ependant restait la cruauté «l'une tiblemenl
1 pai Jéliabov, au pi du
if sur tout L'auditoire une pi in • Dan? >n, il résumait d'une
n. du mouvenu lu-
• la décade des ann< i la cil de notre
qu'il y avait de li* dans n< iratioi
[u'il \ a dan lém< uts dont il faut tenir compte il • . .• invaincus qu'en raison
i le gouvernement il dans la
>nt mu( ■ ine pure, non
pai le peuple lui * lu i»<>